{"id":3742,"date":"2015-11-09T01:20:22","date_gmt":"2015-11-09T01:20:22","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2015\/11\/09\/carnet-de-promenade-2\/"},"modified":"2015-11-09T01:20:22","modified_gmt":"2015-11-09T01:20:22","slug":"carnet-de-promenade-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2015\/11\/09\/carnet-de-promenade-2\/","title":{"rendered":"Carnet de promenade"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3742?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3742?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<div style=\"text-indent: 1cm\">\n<p>Deux reprises, <i>L\u2019Ange bleu<\/i> de Josef von Stern\u00adberg et <i>Un jour au cirque<\/i> des Marx Bro\u00adthers sont, avec No\u00ebl-No\u00ebl dans <i>La sen\u00adti\u00adnelle endor\u00admie<\/i>, les \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments cin\u00e9\u00adma\u00adto\u00adgra\u00adphiques de la semaine \u00e9coul\u00e9e.<\/p>\n<p>No\u00ebl-No\u00ebl fait des films tendres et hon\u00adn\u00eates. Ce n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9dai\u00adgner, car il n\u2019y a pas \u00e0 m\u00e9pri\u00adser, me semble-t-il, un ouvrage sous le seul pr\u00e9\u00adtexte qu\u2019il peut \u00eatre vu de tout le monde. No\u00ebl-No\u00ebl vieillit bien&nbsp;; en d\u00e9pit des ans, on recon\u00adna\u00eet tou\u00adjours chez lui le gen\u00adtil chan\u00adson\u00adnier des d\u00e9buts, celui qui fai\u00adsait, entre les toni\u00adtruants Jack Cazol et Xavier Pri\u00advas, figure de Prince char\u00admant de la chan\u00adson, au caba\u00adret des Noc\u00adtam\u00adbules, rue Cham\u00adpol\u00adlion. De <i>L\u2019Ange bleu<\/i> et de Mar\u00adl\u00e8ne Die\u00adtrich, je n\u2019a\u00adper\u00ad\u00e7ois pas ce qu\u2019il y aurait \u00e0 dire, quand tant d\u2019\u00e9\u00adtudes exhaus\u00adtives ont paru sur le&nbsp;sujet.<\/p>\n<p>Quant aux Marx Bro\u00adthers\u2026 Sur eux aus\u00adsi toute une lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture a fleu\u00adri, dont l\u2019in\u00adt\u00e9\u00adr\u00eat semble \u00e0 peu pr\u00e8s nul depuis qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s il y a deux ou trois ans le <i>Grou\u00adcho and me<\/i> de Grou\u00adcho Marx (\u00e9d. Arthaud) et sur\u00adtout le <i>Har\u00adpo Marx<\/i>, de Har\u00adpo (\u00e9d. Charles Man\u00addel). Ce sont, par la dr\u00f4\u00adle\u00adrie des anec\u00addotes, la pr\u00e9\u00adci\u00adsion des por\u00adtraits, la fa\u00e7on de conce\u00advoir l\u2019exis\u00adtence, les trou\u00advailles de toutes sortes, en somme le talent, des ouvrages bien sup\u00e9\u00adrieurs \u00e0 ceux que la famille Marx a ins\u00adpi\u00adr\u00e9s aux bio\u00adgraphes et essayistes pro\u00adfes\u00adsion\u00adnels. Chez les Marx, c\u2019est Grou\u00adcho qui \u00e9tait consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme l\u2019\u00e9\u00adcri\u00advain du groupe&nbsp;; pour\u00adtant, il y a chez Har\u00adpo un repor\u00adter de classe, un obser\u00adva\u00adteur d\u2019une grande finesse. Aucun des deux n\u2019a eu la pr\u00e9\u00adten\u00adtion d\u2019\u00e9\u00adcrire sur l\u2019art comique.<\/p>\n<blockquote><p>Je suis pru\u00addent par nature et n\u2019ai ni l\u2019en\u00advie, ni les capa\u00adci\u00adt\u00e9s d\u2019a\u00adna\u00adly\u00adser les rai\u00adsons pour les\u00adquelles un homme peut faire rire les autres, a d\u00e9cla\u00adr\u00e9 Grou\u00adcho. J\u2019ai lu de nom\u00adbreux ouvrages r\u00e9di\u00adg\u00e9s par des sp\u00e9\u00adcia\u00adlistes recon\u00adnus qui expliquent les fon\u00adde\u00adments de l\u2019hu\u00admour et qui essayent de d\u00e9crire ce qui est dr\u00f4le et ce qui ne l\u2019est pas. Pour moi, je serais sur\u00adpris d\u2019en\u00adtendre un com\u00e9\u00addien dire en conscience ce qui le dif\u00adf\u00e9\u00adren\u00adcie de son voisin.<\/p><\/blockquote>\n<p>Si Grou\u00adcho ne tenait pas \u00e0 savoir pour\u00adquoi il fai\u00adsait rire, je ne veux pas savoir pour\u00adquoi je ris car, le sachant, je crain\u00addrais de ne plus rire. Mais je n\u2019\u00e9\u00adgare. Me voi\u00adci pr\u00e8s de don\u00adner dans les tra\u00advers rai\u00adson\u00adneurs que je r\u00e9prouve. Tant il est vrai qu\u2019il n\u2019y a pas plus s\u00e9rieux que le rire. En bref, si vous avez besoin d\u2019une joyeuse d\u00e9tente, rap\u00adpe\u00adlez-vous qu\u2019on pro\u00adjette (\u00e0 la Pagode) un vieux film tren\u00adte\u00adnaire, absurde et&nbsp;fou.<\/p>\n<p><b><sc>\u00ab&nbsp;Meneurs du jeu&nbsp;\u00bb ayez piti\u00e9 de&nbsp;nous&nbsp;!<\/sc><\/b><\/p>\n<p>La radio est de plus en plus bavarde. Entendre sor\u00adtir du poste r\u00e9cep\u00adteur (d\u00e9j\u00e0 peu esti\u00admable esth\u00e9\u00adti\u00adque\u00adment, dans la plu\u00adpart des cas) la voix sucr\u00e9e d\u2019un \u00ab&nbsp;pr\u00e9\u00adsen\u00adta\u00adteur&nbsp;\u00bb qui, s\u2019ef\u00adfor\u00ad\u00e7ant au badi\u00adnage, parle, parle, parle pour ne rien dire, si ce n\u2019est l\u00e2cher quelque plai\u00adsan\u00adte\u00adrie par lui jug\u00e9e spi\u00adri\u00adtuelle et ponc\u00adtu\u00e9e d\u2019un rire satis\u00adfait, ce sup\u00adplice, que rien ne jus\u00adti\u00adfie est infli\u00adg\u00e9 chaque jour aux audi\u00adteurs fran\u00ad\u00e7ais, par\u00adti\u00adcu\u00adli\u00e8\u00adre\u00adment le matin et par <i>France-Inter<\/i>. On vous en prie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Arr\u00eatez&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Sans doute fut-ce une bonne id\u00e9e\u200a\u2014\u200aelle ne date pas d\u2019hier\u200a\u2014\u200aque de rem\u00adpla\u00adcer le spea\u00adker annon\u00ad\u00e7ant s\u00e8che\u00adment les disques par le per\u00adson\u00adnage du \u00ab&nbsp;meneur de jeu&nbsp;\u00bb qui a liber\u00adt\u00e9 de com\u00admen\u00adter. Il faut beau\u00adcoup de qua\u00adli\u00adt\u00e9s pour briller dans l\u2019emploi. Aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 l\u2019ins\u00adti\u00adtu\u00adtion est n\u00e9e, il y avait d\u00e9j\u00e0 des meneurs de jeu c\u00e9l\u00e8bres il y a trente ans, et nous pou\u00advons en France en \u00e9cou\u00adter d\u2019ex\u00adcel\u00adlents, tels Mau\u00adrice Biraud qui a de la bonne humeur, de la gen\u00adtillesse, du tact et deux ou trois de ses com\u00adp\u00e8res qui, comme lui, se gardent d\u2019\u00ab&nbsp;en faire trop&nbsp;\u00bb&nbsp;; outre que lorsque Fran\u00adcis Blanche ou Hen\u00adri Sal\u00adva\u00addor se m\u00ealent de mener le jeu, on ne s\u2019en\u00adnuie&nbsp;pas.<\/p>\n<p>Pour quelques r\u00e9us\u00adsites, que de nau\u00adfrages&nbsp;! L\u2019in\u00adtel\u00adli\u00adgence n\u2019a rien \u00e0 voir avec la tour\u00adnure d\u2019es\u00adprit ici n\u00e9ces\u00adsaire et ce sont, je n\u2019en doute pas, des hommes culti\u00adv\u00e9s, sym\u00adpa\u00adthiques, \u00e0 l\u2019aise dans le monde, qui nous valent les mornes et stu\u00adpides parades \u00e0 nous offertes aux heures mati\u00adnales (\u00e0 d\u2019autres, aus\u00adsi) par cette cha\u00eene que l\u2019O.R.T.F. a l\u2019am\u00adbi\u00adtion de sp\u00e9\u00adcia\u00adli\u00adser dans la fantaisie.<\/p>\n<p>Com\u00adment expli\u00adquer que puissent se pour\u00adsuivre des exer\u00adcices aus\u00adsi \u00e9prou\u00advants pour le public&nbsp;? On m\u2019as\u00adsure de divers c\u00f4t\u00e9s qu\u2019au\u00adcun des nom\u00adbreux direc\u00adteurs de l\u2019Of\u00adfice ne sau\u00adrait \u00eatre tenu pour res\u00adpon\u00adsable, cha\u00adcun d\u2019eux \u00e9tant trop occu\u00adp\u00e9 admi\u00adnis\u00adtra\u00adti\u00adve\u00adment pour avoir le temps d\u2019\u00e9\u00adcou\u00adter les \u00e9mis\u00adsions. Ils ont trop \u00e0 faire. On ne va pas les d\u00e9ran\u00adger pour \u00e7a. Et comme on ne va pas non plus, tout de m\u00eame appe\u00adler les pom\u00adpiers ou police-secours, ni M.&nbsp;Wla\u00addi\u00admir d\u2019Or\u00admes\u00adson qui ne doit pas se lever de bon matin, on n\u2019en fera pas une his\u00adtoire&nbsp;: on lais\u00adse\u00adra rou\u00adcou\u00adler les beaux par\u00adleurs pour aller, tour\u00adnant les bou\u00adtons, cher\u00adcher de la musique sur les ondes de la B.B.C.<\/p>\n<p><b><sc>Le sou\u00adve\u00adnir de Claude Terrien<\/sc><\/b><\/p>\n<p>Le dan\u00adger du bavar\u00addage auquel suc\u00adcombent la plu\u00adpart des \u00ab&nbsp;meneurs de jeu&nbsp;\u00bb menace aus\u00adsi dans les dif\u00adf\u00e9\u00adrents postes de radio, m\u00eame p\u00e9ri\u00adph\u00e9\u00adriques, cer\u00adtains col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adteurs des jour\u00adnaux par\u00adl\u00e9s qui ont de plus en plus ten\u00addance \u00e0 figno\u00adler des chro\u00adniques et \u00e0 s\u2019\u00e9couter.<\/p>\n<p>Par\u00admi d\u2019autres m\u00e9rites, ce qui fai\u00adsait le prix des inter\u00adven\u00adtions de Claude Ter\u00adrien au micro d\u2019<i>Europe 1<\/i>, c\u2019\u00e9\u00adtait que pour lui un mot \u00e9tait un mot et il ne man\u00adquait jamais de le mettre exac\u00adte\u00adment \u00e0 sa place. Cinq minutes lui suf\u00adfi\u00adsaient pour expo\u00adser et com\u00admen\u00adter les nou\u00advelles du jour. Encore trou\u00advait-il le moyen de par\u00adler d\u2019un livre ou d\u2019une expo\u00adsi\u00adtion, de conter une anec\u00addote. Un jour\u00adna\u00adliste\u200a\u2014\u200aet un homme, me dit-on\u200a\u2014\u200ade cette \u00e9toffe ne se ren\u00adcontrent pas si sou\u00advent qu\u2019on n\u2019ait \u00e0 c\u0153ur de les saluer. Je n\u2019ai pas connu Claude Ter\u00adrien niais nous devons \u00eatre nom\u00adbreux, ceux \u00e0 qui manque sou\u00addain une voix amie, lorsque sonne 8 h&nbsp;30.<\/p>\n<p>Non moins que le bavar\u00addage, la mode fait des ravages \u00e0 la radio, sin\u00adgu\u00adli\u00e8\u00adre\u00adment chez cer\u00adtains com\u00admen\u00adta\u00adteurs. Serait-il deve\u00adnu de bon ton de prendre un d\u00e9bit sac\u00adca\u00add\u00e9, de s\u2019ac\u00adcor\u00adder dans les phrases des pauses \u00e0 contre-sens, de scin\u00adder m\u00eame les mots en deux, comme si l\u2019on souf\u00adfrait d\u2019une dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9 mala\u00addive d\u2019\u00e9\u00adlo\u00adcu\u00adtion&nbsp;? Les h\u00e9si\u00adta\u00adtions de lan\u00adgage n\u2019ont rien \u00e0 voir avec le natu\u00adrel et la sim\u00adpli\u00adci\u00adt\u00e9&nbsp;! Ce qui rel\u00e8ve du pro\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 devient vite insupportable.<\/p>\n<p><b><sc>D\u2019un spea\u00adker de radio \u00e0 une spea\u00adkrine de t\u00e9l\u00e9vision<\/sc><\/b><\/p>\n<p>\u00c9vi\u00addem\u00adment, on pour\u00adrait m\u2019op\u00adpo\u00adser l\u2019exemple de Jean Roy, le spea\u00adker qui fit, avant-guerre, la for\u00adtune de <i>Radio-Tou\u00adlouse<\/i>. Lui, il lisait \u00e0 haute voix sans essayer de com\u00adprendre, sur un rythme syn\u00adco\u00adp\u00e9, s\u2019ar\u00adr\u00ea\u00adtant n\u2019im\u00adporte o\u00f9 pour reprendre souffle (il \u00e9tait asth\u00adma\u00adtique) sans sou\u00adci aucun, mais vrai\u00adment aucun, du sens de tous ces papiers qu\u2019on le char\u00adgeait de \u00ab&nbsp;pas\u00adser au&nbsp;micro&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Un bul\u00adle\u00adtin m\u00e9t\u00e9o\u00adro\u00adlo\u00adgique men\u00adtion\u00adnait&nbsp;: \u00ab&nbsp;II est tom\u00adb\u00e9 quelques gouttes d\u2019eau ce matin&nbsp;\u00bb&nbsp;; le r\u00e9dac\u00adteur, pres\u00ads\u00e9, avait \u00e9crit \u00ab&nbsp;quelques&nbsp;\u00bb en abr\u00e9\u00adg\u00e9&nbsp;: qq.<\/p>\n<p><i>\u2014 II est tom\u00adb\u00e9 quatre-vingt-dix-neuf gouttes d\u2019eau ce matin, annon\u00ad\u00e7ait Jean&nbsp;Roy.<\/i><\/p>\n<p>Lui encore qui, devant la phrase latine&nbsp;: <i>Asperge me domine<\/i> n\u2019h\u00e9\u00adsi\u00adta pas \u00e0 d\u00e9cla\u00adrer&nbsp;: <i>l\u2019as\u00adperge me domine<\/i>.<\/p>\n<p>Mais en cou\u00adpant les phrases en d\u00e9pit du sens com\u00admun, comme s\u2019ils ne les com\u00adpre\u00adnaient pas, ce qui n\u2019est pas le cas, nos com\u00admen\u00adta\u00adteurs ne peuvent pr\u00e9\u00adtendre au suc\u00adc\u00e8s triom\u00adphal de Jean Roy (quand il \u00e9tait malade, on exi\u00adgeait qu\u2019il par\u00adl\u00e2t de sa chambre&nbsp;; sinon son public, conster\u00adn\u00e9, e\u00fbt \u00e9teint les postes). Ils ne versent pas, eux, dans l\u2019\u00e9\u00adtour\u00adde\u00adrie ou le lap\u00adsus, alors que la popu\u00adla\u00adri\u00adt\u00e9 de Roy venait de sa can\u00addeur, de ses b\u00e9vues. On n\u2019at\u00adten\u00addait pas de lui le moindre ren\u00adsei\u00adgne\u00adment s\u00e9rieux, mais une erreur monu\u00admen\u00adtale \u00e0 col\u00adpor\u00adter&nbsp;: le contraire de ce qu\u2019on sou\u00adhaite entendre, quand on se met \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adcoute d\u2019un bul\u00adle\u00adtin d\u2019information.<\/p>\n<p>Et \u00e0 la T\u00e9l\u00e9&nbsp;?\u2026 Mais ce sera pour une autre fois. D\u2019ailleurs cha\u00adcun conna\u00eet les impor\u00adtants \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments qui ont, dans ce domaine, mar\u00adqu\u00e9 la semaine \u00e9coul\u00e9e&nbsp;:<br>\n<br>\u2014 La r\u00e9con\u00adci\u00adlia\u00adtion de Claude Dar\u00adget et de L\u00e9on Zitrone.<br>\n<br>\u2014 Et sur\u00adtout le pro\u00adbl\u00e8me angois\u00adsant pos\u00e9 par la gros\u00adsesse de M<sup>me<\/sup>&nbsp;Anne-Marie Peys\u00adson&nbsp;: \u00e9tant don\u00adn\u00e9 son \u00e9tat, visible, doit-on, ou ne doit-on pas, lais\u00adser para\u00eetre cette jeune femme sur l\u2019\u00e9\u00adcran&nbsp;? On en dis\u00adcute avec v\u00e9h\u00e9\u00admence. Il y a les \u00ab&nbsp;pour&nbsp;\u00bb, il y a les \u00ab&nbsp;contre&nbsp;\u00bb. Je ne livre\u00adrai pas mon sen\u00adti\u00adment que, du reste, per\u00adsonne ne m\u2019a demand\u00e9.<\/p>\n<p><b><sc>Le po\u00e8te et le cin\u00e9aste<\/sc><\/b><\/p>\n<p>Nous ne savons jamais jus\u00adqu\u2019o\u00f9 risque de nous entra\u00ee\u00adner la mise en ordre des papiers, livres, bro\u00adchures, etc., qui s\u2019a\u00admon\u00adcellent autour de nous au bout d\u2019un cer\u00adtain nombre d\u2019an\u00adn\u00e9es, si peu que l\u2019on ait du go\u00fbt pour la chose impri\u00adm\u00e9e. En op\u00e9\u00adrant chez moi les ran\u00adge\u00adments n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9s par l\u2019ar\u00adri\u00adv\u00e9e de nou\u00adveaux docu\u00adments, je tombe sur les trois num\u00e9\u00adros consti\u00adtuant la col\u00adlec\u00adtion com\u00adpl\u00e8te de <i>M\u00e9ri\u00addiens<\/i>, \u00ab&nbsp;Cahiers men\u00adsuels de Lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture et d\u2019Art&nbsp;\u00bb, dont fit les frais et que diri\u00adgea Ren\u00e9 Char, \u00e0 I\u2019lsle-sur-Sorgue, avant de s\u2019en\u00adga\u00adger dans le mou\u00adve\u00adment surr\u00e9aliste.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9\u00adtait en 1929. Nous \u00e9tions jeunes. Au som\u00admaire, je m\u2019\u00e9\u00adtonne (j\u2019a\u00advais oubli\u00e9\u2026 mais \u00e7a ne me d\u00e9pla\u00eet pas) de trou\u00adver mon nom, pr\u00e8s de ceux de Georges Dupe\u00advron, Mau\u00adrice Fom\u00adbeure, Jean-Daniel Mau\u00adblanc, Louis Emi\u00e9, Daniel-Rops, Louis Par\u00adrot, Phi\u00adlippe Sou\u00adpault, Andr\u00e9 Cayatte, Fran\u00adcesc Domin\u00adgo, etc. Des a\u00een\u00e9s comme Sal\u00admon, Dufy, Picas\u00adso accor\u00addaient \u00e0 ces Cahiers, presque luxueu\u00adse\u00adment \u00e9di\u00adt\u00e9s, une col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adtion de pres\u00adtige. La vie a s\u00e9pa\u00adr\u00e9, par\u00adfois vio\u00adlem\u00adment oppo\u00ads\u00e9, ceux que jadis avait r\u00e9unis <i>M\u00e9ri\u00addiens<\/i>. D\u00e9j\u00e0 Ren\u00e9 Char pre\u00adnait ses dis\u00adtances, dans la d\u00e9cla\u00adra\u00adtion que voi\u00adci, inti\u00adtu\u00adl\u00e9e <i>Posi\u00adtion<\/i>, ouvrant le troi\u00adsi\u00e8me et ultime num\u00e9ro&nbsp;:<\/p>\n<p><quote>Pour\u00adsuivre ma col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adtion \u00e0 <i>M\u00e9ri\u00addiens<\/i> et \u00e0 tout autre jour\u00adnal ou revue\u200a\u2014\u200aj\u2019ex\u00adcepte la <i>R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion Sur\u00adr\u00e9a\u00adliste<\/i>\u200a\u2014\u200aserait tra\u00adhir ma pen\u00ads\u00e9e, ma volon\u00adt\u00e9 d\u2019ac\u00adtion, donc approu\u00adver les mani\u00adfes\u00adta\u00adtions d\u2019une soci\u00e9\u00adt\u00e9 que je vais dor\u00e9\u00adna\u00advant com\u00adbattre de toutes mes forces.<\/quote><\/p>\n<p>Autour de moi faibles et fri\u00adpons font la cha\u00eene. En voi\u00adl\u00e0&nbsp;assez.<\/p>\n<p>La satis\u00adfac\u00adtion facile de soi, l\u2019i\u00adso\u00adle\u00adment, l\u2019i\u00adgno\u00adrance, l\u2019i\u00adner\u00adtie impu\u00adtable \u00e0 une ado\u00adles\u00adcence long\u00adtemps en p\u00e9ril, ont \u00e9t\u00e9 les fac\u00adteurs d\u2019une neu\u00adtra\u00adli\u00adt\u00e9 \u00e0 laquelle je ne puis pen\u00adser sans rougir.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e9sor\u00admais avec les hommes qui ont nom Paul Eluard, Andr\u00e9 Bre\u00adton, Louis Ara\u00adgon, que se tra\u00addui\u00adront mes efforts.<\/p>\n<p>Mes yeux ont allu\u00adm\u00e9 toutes les for\u00eats pour les regar\u00adder&nbsp;vivre.<\/p>\n<p>Gens sans aveu, vos jambes ne me portent plus.<\/p>\n<p><b><sc>\u00c0 la recherche de Fran\u00adcesc Domingo<\/sc><\/b><\/p>\n<p>De 1929 \u00e0 aujourd\u2019\u00adhui, de Ren\u00e9 Char main\u00adte\u00adnant recon\u00adnu pour un des po\u00e8tes essen\u00adtiels de son \u00e9poque, \u00e0 Andr\u00e9 Cayatte, qui l\u00e2cha la plume pour la cam\u00e9\u00adra, que de des\u00adtins divers&nbsp;! Ce n\u2019est pour\u00adtant pas de l\u00e0, exac\u00adte\u00adment, qu\u2019est par\u00adti mon vaga\u00adbon\u00addage d\u2019es\u00adprit, mais, plus pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment, d\u2019un texte d\u2019An\u00addr\u00e9 Cayatte consa\u00adcr\u00e9 au peintre cata\u00adlan Fran\u00adcesc Domin\u00adgo, dont les Cahiers publiaient de nom\u00adbreux des\u00adsins. Dans cet essai\u200a\u2014\u200a(en exergue, cette r\u00e9flexion de Phi\u00adlippe Lamour&nbsp;: <i>qu\u2019on donne \u00e0 l\u2019\u00e9\u00advi\u00addence tous les noms qu\u2019on vou\u00addra<\/i>)\u200a\u2014\u200aAndr\u00e9 Cayatte \u00e9cri\u00advait d\u2019abord&nbsp;:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab&nbsp;La pein\u00adture de Domin\u00adgo, c\u2019est les yeux fer\u00adm\u00e9s que je la vois le mieux, \u00e0 la cadence de mon c\u0153ur que j\u2019en per\u00ad\u00e7ois le rythme.&nbsp;\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Et sa conclu\u00adsion&nbsp;\u00e9tait&nbsp;:<\/p>\n<p><quote>Le g\u00e9nie est un hasard qui&nbsp;dure.<br>\n<br>Fran\u00adcesc Domin\u00adgo a du&nbsp;g\u00e9nie.<\/quote><\/p>\n<p>Cette cri\u00adtique enthou\u00adsiaste n\u2019a\u00advait certes rien \u00e0 voir avec l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 que Cayatte, comme cha\u00adcun d\u2019entre nous, por\u00adtait \u00e0 Domin\u00adgo. Domin\u00adgo, pour tous ceux qui avaient p\u00e9n\u00e9\u00adtr\u00e9 dans son ate\u00adlier, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, de toute \u00e9vi\u00addence, un des grands de sa g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtion. On n\u2019a\u00advait plus \u00e0 attendre qu\u2019il r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e2t des pro\u00admesses. Il avait d\u00e9j\u00e0 der\u00adri\u00e8re lui une \u0153uvre impor\u00adtante. Un de ses tableaux repr\u00e9\u00adsen\u00adtant un homme assis sur un esca\u00adbeau dans le coin d\u2019une cel\u00adlule n\u2019a ces\u00ads\u00e9 de me han\u00adter. Riche, je me serais rui\u00adn\u00e9, je me rui\u00adne\u00adrais pour l\u2019a\u00advoir. Dans quelles mains est-il aujourd\u2019\u00adhui&nbsp;? Sur\u00adtout, qu\u2019est deve\u00adnu Fran\u00adcesc Domingo&nbsp;?<\/p>\n<p>Il allait et venait entre Paris et Bar\u00adce\u00adlone\u200a\u2014\u200aje nous revois \u00e0 Paris \u00e0 la ter\u00adrasse du caf\u00e9 Mahieu bou\u00adle\u00advard Saint-Michel et sur les ram\u00adblas enso\u00adleill\u00e9es de Bar\u00adce\u00adlone\u200a\u2014\u200alorsque la guerre civile espa\u00adgnole le pr\u00e9\u00adci\u00adpi\u00adta dans l\u2019ac\u00adtion. Ce doux ce r\u00eaveur mena le com\u00adbat jus\u00adqu\u2019au bout. Apr\u00e8s la d\u00e9faite, fut-ce de se trou\u00adver en France non plus du fait de sa volon\u00adt\u00e9 mais par obli\u00adga\u00adtion de r\u00e9fu\u00adgi\u00e9\u2026 fut-ce quelque bles\u00adsure secr\u00e8te et inavou\u00e9e\u2026 il annon\u00ad\u00e7a bien\u00adt\u00f4t \u00e0 ses amis sa d\u00e9ci\u00adsion de par\u00adtir pour l\u2019A\u00adm\u00e9\u00adrique du Sud et il disparut.<\/p>\n<p>On m\u2019a\u00advait dit qu\u2019il vivait au Br\u00e9\u00adsil, \u00e0 Sao Pau\u00adlo, mais je ne l\u2019y ai pas retrou\u00adv\u00e9 (il s\u2019a\u00adgis\u00adsait d\u2019un autre Domin\u00adgo, peintre aus\u00adsi). \u00c0 ceux qui auraient pu savoir, j\u2019ai deman\u00add\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est deve\u00adnu Fran\u00adcesc Domin\u00adgo&nbsp;?&nbsp;\u00bb On ne sait pas. Il ne se sou\u00adciait aucu\u00adne\u00adment de noto\u00adri\u00e9\u00adt\u00e9 ou de gloire. Ce qu\u2019il aimait, c\u2019\u00e9\u00adtait de peindre et de ne pas \u00eatre d\u00e9ran\u00adg\u00e9 dans sa passion.<\/p>\n<p>Je l\u2019i\u00adma\u00adgine\u200a\u2014\u200aquelque part, ano\u00adnyme\u200a\u2014\u200aavec des pin\u00adceaux et des couleurs.<\/p>\n<p>Seul.<\/p>\n<p>[\/\u200bFernand Pouey\/]<\/p>\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux reprises, L\u2019Ange bleu de Josef von Stern\u00adberg et Un jour au cirque des Marx Bro\u00adthers sont, avec No\u00ebl-No\u00ebl dans La sen\u00adti\u00adnelle endor\u00admie, les \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments cin\u00e9\u00adma\u00adto\u00adgra\u00adphiques de la semaine \u00e9cou\u00adl\u00e9e. No\u00ebl-No\u00ebl fait des films tendres et hon\u00adn\u00eates. 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