{"id":3771,"date":"2015-11-24T20:54:50","date_gmt":"2015-11-24T20:54:50","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2015\/11\/24\/dans-la-rue\/"},"modified":"2015-11-24T20:54:50","modified_gmt":"2015-11-24T20:54:50","slug":"dans-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2015\/11\/24\/dans-la-rue\/","title":{"rendered":"Dans la&nbsp;rue"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3771?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3771?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<div style=\"text-indent: 1cm\">\n\n<poesie>Jadis les cou\u00adchants d\u2019or et de pourpre inspiraient<br>\nAux po\u00e8tes mon\u00adt\u00e9s aux som\u00admets de leurs&nbsp;tours<br>\nLes mys\u00adtiques chan\u00adsons de fer\u00adveur et d\u2019Amour<br>\nDes hommes sup\u00adpliant les Dieux qu\u2019ils adoraient.\n<p>Jadis l\u2019on enten\u00addait la pri\u00e8re des cloches,<br>\n\u00c0 la mort du soleil, mon\u00adter vers le ciel&nbsp;noir&nbsp;;<br>\nLes foules accou\u00adraient, sui\u00advant les hautes torches<br>\nQue les pr\u00eatres por\u00adtaient vers les Grands reposoirs.<\/p>\n<p>Illu\u00admi\u00adna\u00adtions des nefs de Cath\u00e9drales,<br>\nIvresse du plain-chant pour les c\u0153urs douloureux,<br>\n\u00c9clo\u00adsion de Mai des autels en fleurs, feux<br>\nDes cierges, nuages d\u2019encens, fra\u00ee\u00adcheurs des dalles\u2026<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le Para\u00addis id\u00e9al des Manants,<br>\nLe puits de joie o\u00f9 tout le monde venait boire<br>\nL\u2019eau de Par\u00addon conso\u00adla\u00adtrice des d\u00e9boires.<br>\nAu men\u00adsonge dor\u00e9 des vitraux \u00e9clatants.<\/p>\n<p>Mais le vent a souf\u00adfl\u00e9 au large des pens\u00e9es,<br>\nDis\u00adper\u00adsant l\u2019encens bleu o\u00f9 dor\u00admaient les Dieux d\u2019Or,<br>\nBri\u00adsant l\u2019illusion des fabu\u00adleux d\u00e9cors<br>\nO\u00f9 devaient s\u2019enchanter les \u00e2mes tr\u00e9pass\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019horizon hou\u00adleux des villes, les haut&nbsp;fours<br>\nDressent immen\u00ads\u00e9\u00adment leurs gigan\u00adtesques ombres.<br>\nD\u2019o\u00f9 jaillissent sans fin les grands nuages sombres<br>\nQui cachent le ciel bleu aux enfants du faubourg.<\/p>\n<p>Loin du jaillis\u00adse\u00adment des sources de fra\u00eecheur,<br>\nLoin des champs lumi\u00adneux de la Nature libre<br>\nO\u00f9 le soleil de Mai fait \u00e9clore les fleurs.<br>\nAu fond des sou\u00adter\u00adrains o\u00f9 tournent les Machines,<\/p>\n<p>De beaux corps o\u00f9 fr\u00e9\u00admit encor la joie de&nbsp;vivre.<br>\nFilles aux seins vibrants, hommes aux reins puissants.<br>\nEn tas dans l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9pais et tr\u00e9pidant.<br>\nAu labeur inces\u00adsant et dur courbent l\u2019\u00e9chin\u00e9.<\/p>\n<p>Ce soir, ils s\u2019en iront, \u00e9rein\u00adt\u00e9s, t\u00eates basses,<br>\nLes bras bal\u00adlants, les yeux fix\u00e9s sur le trottoir.<br>\nDor\u00admir dans leurs tau\u00addis, entre les grands murs&nbsp;noirs<br>\nO\u00f9, chaque nuit, ils vont tom\u00adber comme des masses.<\/p>\n<p>Allons&nbsp;! ils vont pas\u00adser.\u200a\u2014\u200aDes\u00adcen\u00addons, mes&nbsp;amis,<br>\nNe nous attar\u00addons pas aux splen\u00addeurs du couchant&nbsp;;<br>\nDes\u00adcen\u00addons dans la rue, sur le pav\u00e9,&nbsp;parmi<br>\nCette foule haras\u00ads\u00e9e\u2026 Ah&nbsp;! nous avons des chants<\/p>\n<p>Qui sau\u00adraient r\u00e9veiller les morts au fond des tombes,<br>\nDes rythmes doux comme des mains de&nbsp;s\u0153ur,<br>\nNous connais\u00adsons des mots qui font vibrer les&nbsp;c\u0153urs<br>\nEt rani\u00admer, d\u2019un coup, les cou\u00adrages qui tombent.<\/p>\n<p>Nous avons recueilli la fra\u00ee\u00adcheur des printemps.<br>\nNos voix ont pris le bruit des eaux claires qui coulent.<br>\nLe par\u00adfum des for\u00eats que caressent les&nbsp;vents.<br>\nLe mou\u00adve\u00adment des mers que sou\u00adl\u00e8vent les houles.<\/p>\n<p>Allons&nbsp;! Ils vont pas\u00adser\u2026 Le d\u00e9fi\u00adl\u00e9 commence<br>\nDes reins bri\u00ads\u00e9s, des fronts bl\u00ea\u00admis, des membres lourds&nbsp;;<br>\nLes usines de Fer vont cra\u00adcher la souffrance<br>\nDes Machines de chair, au pav\u00e9 du faubourg.<\/p>\n<p>Aux \u00e9clats des bra\u00adsiers des infer\u00adnales forges.<br>\nLes corps ont ruis\u00adse\u00adl\u00e9, aux labeurs incessants.<br>\nLes hommes ont us\u00e9 la force de leur&nbsp;sang&nbsp;;<br>\nLes Monstres de l\u2019Acier et du Feu se d\u00e9gorgent.<\/p>\n<p>Allons&nbsp;! Ils vont pas\u00adser\u2026 Fr\u00e8res, n\u2019ayons pas&nbsp;peur<br>\nDe leurs masques ter\u00adreux o\u00f9 saillent les m\u00e2choires<br>\nDe leurs fronts dure\u00adment creu\u00ads\u00e9s de rides noires&nbsp;!<br>\nIls sont sculp\u00adt\u00e9s aux coups de haches des douleurs.<\/p>\n<p>Allons&nbsp;! appro\u00adchons-nous. Trou\u00advons des chan\u00adsons claires,<br>\nDes paroles d\u2019amour simples comme les chants<br>\nQui fai\u00adsaient s\u2019\u00e9clairer jadis leurs yeux d\u2019enfants,<br>\nAlors qu\u2019ils s\u2019endormaient sur le sein de leurs&nbsp;m\u00e8res.<\/p>\n<p>Allons&nbsp;! soyons patients&nbsp;; il faut trou\u00adver leur&nbsp;c\u0153ur,<br>\nNe nous rebu\u00adtons pas \u00e0 leurs gestes farouches&nbsp;;<br>\nSou\u00adve\u00adnons-nous un peu des infir\u00admiers qui touchent<br>\nLes plaies, mal\u00adgr\u00e9 les hur\u00adle\u00adments de la douleur.<\/p>\n<p>Pre\u00adnons-les par les bras, par\u00adlons de choses et d\u2019autres,<br>\nDans leur lan\u00adgage dur et na\u00eff \u00e0 la&nbsp;fois,<br>\nSim\u00adple\u00adment, en copains, sans allures d\u2019ap\u00f4tres&nbsp;;<br>\nPar\u00adlons-leur, comme le fit Socrate autrefois.<\/p>\n<p>Par\u00adlons-leur du m\u00e9tier, des t\u00e2ches quotidiennes,<br>\nDes longs labeurs du jour, des mis\u00e8res du&nbsp;soir&nbsp;;<br>\nSui\u00advons le rythme de leurs \u00e2mes faubouriennes.<br>\n\u00c9tranges fleurs, aux tons rugueux, du grand trottoir.<\/p>\n<p>\u00c9cou\u00adtons leurs jurons de dou\u00adleurs et de&nbsp;haine,<br>\nCris sublimes jaillis du fond des c\u0153urs maudits&nbsp;;<br>\nIls n\u2019ont pas la splen\u00addeur des \u00e9lo\u00adquences vaines,<br>\nMais la fureur des mers o\u00f9 l\u2019ouragan bondit.<\/p>\n<p>Soyons-leur les clai\u00adrons vibrants de la r\u00e9volte,<br>\nFai\u00adsant battre les c\u0153urs illu\u00admi\u00adn\u00e9s de&nbsp;sang&nbsp;;<br>\nNos chants sont les Appels qui feront la r\u00e9colte<br>\nDes assoif\u00adf\u00e9s de len\u00adde\u00admains \u00e9blouissants.<\/p>\n<p>\u00c0 nous, tous les dam\u00adn\u00e9s errants des Capitales,<br>\nDes cour\u00adb\u00e9s qui sem\u00adblez \u00e9cra\u00ads\u00e9s sous le&nbsp;poids<br>\nDes cieux bas tra\u00adver\u00ads\u00e9s de lourds nuages sales,<br>\nAccou\u00adrez \u00e0 l\u2019appel magique de nos&nbsp;voix&nbsp;!<br>\n\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026<\/p>\n<p>Et l\u2019on ver\u00adra, sou\u00addain, se dres\u00adser les \u00e9chines.<br>\nBriller les yeux et se lever les fronts&nbsp;;<br>\nLes affa\u00adm\u00e9s de lumi\u00e8re sentiront<br>\nFr\u00e9\u00admir la joie de vivre ardente en leur poitrine.<\/p>\n<p>Oh&nbsp;! sublime moment. Illumination<br>\nDes esprits trans\u00adpor\u00adt\u00e9s se d\u00e9cou\u00advrant la&nbsp;vie<br>\n\u00c9ter\u00adnelle, aux innom\u00adbrables pulsations<br>\nDont vibre inces\u00adsam\u00adment la nature infinie.<\/p>\n<p>Visions de soleil s\u2019\u00e9panchant \u00e0 grands flots<br>\nSur les jar\u00addins en fleurs, \u00e9clo\u00adsions soudaines<br>\nDe gerbes de clar\u00adt\u00e9s au bruit d\u2019or des fontaines.<br>\nEnivre\u00adment du ciel, de la terre et de l\u2019eau&nbsp;!<\/p>\n<p>Visions de nos corps crois\u00adsant en harmonie<br>\nAvec tous ces fris\u00adsons de soleil et de&nbsp;vie.<br>\nAvec tout ce qui pousse et retrou\u00advant l\u2019\u00e9lan<br>\nQui fait mon\u00adter la s\u00e8ve et cou\u00adler les torrents.<\/p>\n<p>Visions d\u2019Id\u00e9al, visions chim\u00e9riques,<br>\nFilles de nos cer\u00adveaux enfi\u00e9\u00advr\u00e9s de beaut\u00e9.<br>\nIns\u00adpi\u00adrez-nous, ce soir, de trou\u00adblantes musiques<br>\nPour p\u00e9n\u00e9\u00adtrer les c\u0153urs Nous allons vous chanter&nbsp;!<\/p>\n<p>Aux tr\u00e9\u00adpi\u00addants sur\u00adsauts des ave\u00adnues flambantes<br>\nO\u00f9 les monstres de feu roulent leurs masses d\u2019or,<br>\nAux grouille\u00adments des Bars o\u00f9 la mis\u00e8re chante<br>\nLe tour\u00adment de dor\u00admir dans les bras de la&nbsp;mort,<\/p>\n<p>Po\u00e8tes d\u2019aujourd\u2019hui, cla\u00admons la joie de&nbsp;Vivre&nbsp;;<br>\n\u00c0 tous les coins de rue, \u00e0 tous les carrefours.<br>\nLes yeux pleins de clar\u00adt\u00e9s, la voix pleine d\u2019Amour,<br>\nChan\u00adtons les Visions dont nos \u00e2mes s\u2019enivrent.<\/p><\/poesie>\n<p>[\/\u200bAndr\u00e9 <sc>Colo\u00admer<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jadis les cou\u00adchants d\u2019or et de pourpre ins\u00adpi\u00adraient Aux po\u00e8tes mon\u00adt\u00e9s aux som\u00admets de leurs&nbsp;tours Les mys\u00adtiques chan\u00adsons de fer\u00adveur et d\u2019Amour Des hommes sup\u00adpliant les Dieux qu\u2019ils ado\u00adraient. 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