{"id":3981,"date":"1937-10-18T00:00:15","date_gmt":"1937-10-18T00:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2019\/06\/14\/memoires-dun-libertaire-chapitre-viii\/"},"modified":"2025-07-20T01:36:16","modified_gmt":"2025-07-20T01:36:16","slug":"memoires-dun-libertaire-chapitre-viii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1937\/10\/18\/memoires-dun-libertaire-chapitre-viii\/","title":{"rendered":"M\u00e9moires d\u2019un libertaire \u2013 Chapitre VIII"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><h6 style=\"text-align: center;\">VIII<br>\nLe 31 octobre.\u200a\u2014\u200aGrisailles.<\/h6>\n<div align=\"justify\">\n<div style=\"text-indent: 1cm;\">\n<p>\u00c0 l\u2019enthousiasme confiant du 4 sep\u00adtembre avait, au bout d\u2019un mois et demi, suc\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 dans la popu\u00adla\u00adtion pari\u00adsienne une impres\u00adsion d\u2019agacement qui allait s\u2019irritant insen\u00adsi\u00adble\u00adment. On s\u2019\u00e9tait atten\u00addu \u00e0 ce que le gou\u00adver\u00adne\u00adment, s\u2019inspirant de l\u2019exemple de la Conven\u00adtion et du Comi\u00adt\u00e9 de Salut public, adop\u00adt\u00e2t les mesures les plus r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires et jet\u00e2t sur les Alle\u00admands des masses \u00e9lec\u00adtri\u00ads\u00e9es. Les troupes assi\u00e9\u00adgeantes \u00e9taient trois fois moins nom\u00adbreuses que celles assi\u00e9\u00adg\u00e9es (non com\u00adpris la garde natio\u00adnale s\u00e9den\u00adtaire), il leur e\u00fbt \u00e9t\u00e9 bien dif\u00adfi\u00adcile, en d\u00e9pit de leur orga\u00adni\u00adsa\u00adtion et de leur valeur mili\u00adtaire, de r\u00e9sis\u00adter \u00e0 plu\u00adsieurs sor\u00adties simul\u00adta\u00adn\u00e9es. Sur un point, tout au moins, le faible rideau d\u2019investissement e\u00fbt pu \u00eatre cre\u00adv\u00e9 et Paris d\u00e9blo\u00adqu\u00e9, ravi\u00adtaill\u00e9, reli\u00e9 \u00e0 la province.Mais les gou\u00adver\u00adnants de l\u2019H\u00f4tel de ville \u2013 des avo\u00adcats et un g\u00e9n\u00e9\u00adral de sacris\u00adtie \u2013 avaient hor\u00adreur de tout ce qui \u00e9tait effer\u00adves\u00adcence et pas\u00adsion popu\u00adlaire, bien plus que haine de l\u2019envahisseur. La \u00ab&nbsp;Sociale&nbsp;\u00bb appa\u00adrais\u00adsait \u00e0 ces bour\u00adgeois, d\u2019\u00e9tiquette mais non d\u2019\u00e2me d\u00e9mo\u00adcra\u00adtique, plus effrayante et ha\u00efs\u00adsable que la vic\u00adtoire de l\u2019Allemagne monar\u00adchique. Et sans \u00eatre ven\u00addus au sens v\u00e9nal du mot, ils n\u2019eurent bien\u00adt\u00f4t qu\u2019une id\u00e9e der\u00adri\u00e8re la t\u00eate&nbsp;: trai\u00adter avec l\u2019ennemi apr\u00e8s un simu\u00adlacre de d\u00e9fense des\u00adti\u00adn\u00e9 \u00e0 satis\u00adfaire l\u2019opinion publique.<\/p>\n<p>Et pour\u00adtant, au len\u00adde\u00admain d\u2019une entre\u00advue de Jules Favre, inves\u00adti du por\u00adte\u00adfeuille des affaires \u00e9tran\u00adg\u00e8res, avec Bis\u00admarck, l\u2019inexorable chan\u00adce\u00adlier de fer, le gou\u00adver\u00adne\u00adment du 4 sep\u00adtembre avait, dans une fi\u00e8re pro\u00adcla\u00adma\u00adtion, for\u00admu\u00adl\u00e9 cet enga\u00adge\u00adment solen\u00adnel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pas un pouce de notre ter\u00adri\u00adtoire&nbsp;! Pas une pierre de nos forteresse&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Des corps de par\u00adti\u00adsans s\u2019\u00e9taient for\u00adm\u00e9s. L\u2019un d\u2019eux, <i>les Francs-tireurs de la Presse<\/i>, dans une recon\u00adnais\u00adsance har\u00addie, le 28 octobre, enle\u00adva le vil\u00adlage du Bour\u00adget aux Alle\u00admands qui l\u2019occupaient. Deux jours plus tard, l\u2019autorit\u00e9 mili\u00adtaire ayant n\u00e9gli\u00adg\u00e9 de for\u00adti\u00adfier la posi\u00adtion, elle fut reprise par l\u2019ennemi qui fit quatre ou cinq cent pri\u00adson\u00adniers apr\u00e8s un com\u00adbat san\u00adglant. On d\u00e9cla\u00adra alors que celle-ci n\u2019avait aucune importance.<\/p>\n<p>Sur ces entre\u00adfaites, le gou\u00adver\u00adne\u00adment apprit la capi\u00adtu\u00adla\u00adtion de Metz, livr\u00e9 par Bazaine avec 173.000 hommes. Il gar\u00adda pour lui la ter\u00adrible nou\u00advelle, mais Roche\u00adfort la confia secr\u00e8\u00adte\u00adment \u00e0 Flou\u00adrens et celui-ci, esti\u00admant qu\u2019elle ne devait point demeu\u00adrer cach\u00e9e, s\u2019empressa de la com\u00admu\u00adni\u00adquer \u00e0 F\u00e9lix Pyat. Le len\u00adde\u00admain, <i>Le Com\u00adbat<\/i> publia ces lignes que je cite de m\u00e9moire<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--expands-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"00000000445136e2000000002cde511b_3981\"><a href=\"javascript:void(0)\" role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-1\">1<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-1\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">La col\u00adlec\u00adtion du jour\u00adnal Le Com\u00adbat, publi\u00e9 pen\u00addant le si\u00e8ge de Paris, ne se trouve pas \u00e0 la Biblio\u00adth\u00e8que natio\u00adnale. \u2013 Note du site \u00ab&nbsp;La Presse Anar\u00adchiste&nbsp;\u00bb&nbsp;: cette col\u00adlec\u00adtion semble main\u00adte\u00adnant acces\u00adsible\u2026 Avis aux curieux.<\/span>:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Fait s\u00fbr et cer\u00adtain que le gou\u00adver\u00adne\u00adment d\u00e9tient comme un secret d\u2019\u00c9tat&nbsp;: le mar\u00e9\u00adchal Bazaine a envoy\u00e9 un aide de camp au quar\u00adtier g\u00e9n\u00e9\u00adral prus\u00adsien pour trai\u00adter de la red\u00addi\u00adtion de&nbsp;Metz.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Le gou\u00adver\u00adne\u00adment affo\u00adl\u00e9 nia, lais\u00adsant croire \u00e0 une man\u0153uvre alle\u00admande. D\u2019aveugles \u00ab&nbsp;patriotes&nbsp;\u00bb cou\u00adrurent bri\u00adser les presses du jour\u00adnal r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire et cher\u00adcher son direc\u00adteur dans des inten\u00adtions peu b\u00e9nignes, mais F\u00e9lix Pyat se gar\u00addait pru\u00addem\u00adment&nbsp;; ils ne le trou\u00adv\u00e8rent point.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, les gens de l\u2019H\u00f4tel de Ville \u00e9taient contraints de pro\u00adcla\u00admer la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 qu\u2019ils avaient ten\u00adt\u00e9 de cacher&nbsp;!<\/p>\n<p>Cet aveu for\u00admi\u00addable, suc\u00adc\u00e9\u00addant brus\u00adque\u00adment \u00e0 une d\u00e9n\u00e9\u00adga\u00adtion for\u00admelle, la perte du Bour\u00adget et aus\u00adsi la nou\u00advelle de l\u2019arriv\u00e9e de Thiers pour men\u00addier \u00e0 Bis\u00admarck un armis\u00adtice pro\u00advo\u00adqu\u00e8rent l\u2019explosion du 31 octobre.<\/p>\n<p>Pour les d\u00e9tails de cette jour\u00adn\u00e9e his\u00adto\u00adrique, dans laquelle mon jeune \u00e2ge m\u2019emp\u00eacha de jouer le moindre r\u00f4le, je ren\u00advoie le lec\u00adteur aux diverses his\u00adtoires de la guerre de 1870\u200a\u2013\u200a1871 et prin\u00adci\u00adpa\u00adle\u00adment \u00e0 l\u2019<i>His\u00adtoire de la Com\u00admune<\/i>, de Lis\u00adsa\u00adga\u00adray. Je rela\u00adte\u00adrai seule\u00adment l\u2019impression pro\u00adduite dans notre quar\u00adtier, qui n\u2019en res\u00adsen\u00adtit que les contre\u00adcoups moraux, se trou\u00advant s\u00e9pa\u00adr\u00e9 par les deux bras de la Seine de l\u2019H\u00f4tel de Ville o\u00f9 se d\u00e9rou\u00adla toute l\u2019action.<\/p>\n<p>D\u2019abord le bruit cir\u00adcu\u00adlant, vague au pre\u00admier moment, ensuite plus affir\u00adma\u00adtif&nbsp;: le gou\u00adver\u00adne\u00adment tra\u00adhis\u00adsait. En temps de guerre ou de crise vio\u00adlente, l\u2019accusation de tra\u00adhi\u00adson est celle qui se pro\u00adpage le plus faci\u00adle\u00adment dans les foules. Le gou\u00adver\u00adne\u00adment dit de \u00ab&nbsp;la D\u00e9fense Natio\u00adnale&nbsp;\u00bb s\u2019\u00e9tait-il li\u00e9 par un pacte igno\u00admi\u00adnieux \u00e0 l\u2019ennemi tout en fei\u00adgnant de le com\u00adbattre&nbsp;? On ne peut le dire, mais il n\u2019en est pas moins cer\u00adtain que ses d\u00e9faillances et son refus de c\u00e9der la place \u00e0 des \u00e9l\u00e9\u00adments plus \u00e9ner\u00adgiques \u00e9qui\u00adva\u00adlaient \u00e0 une v\u00e9ri\u00adtable trahison.<\/p>\n<p>Puis cette autre nou\u00advelle&nbsp;: la Com\u00admune est pro\u00adcla\u00adm\u00e9e&nbsp;! On ne disait pas encore les noms de ceux qui rem\u00adpla\u00ad\u00e7aient les ti\u00e8des intro\u00adni\u00ads\u00e9s du 4 sep\u00adtembre, mais ces noms on croyait les devi\u00adner&nbsp;: Blan\u00adqui, Deles\u00adcluze, Pyat, des direc\u00adteurs des trois jour\u00adnaux qui n\u2019avaient ces\u00ads\u00e9 d\u2019ouvrir l\u2019\u0153il sur les hommes de l\u2019H\u00f4tel de Ville. D\u2019aucuns ajou\u00adtaient Dorian \u2013 res\u00adt\u00e9 sym\u00adpa\u00adthique au milieu de ses col\u00adl\u00e8gues en d\u00e9fa\u00adveur \u2013 Vic\u00adtor Hugo, Flourens.<\/p>\n<p>Ce der\u00adnier, \u00e2me de pala\u00addin et cer\u00adveau de savant, avait jou\u00e9 un r\u00f4le d\u2019entra\u00eeneur dans l\u2019envahissement de la mai\u00adson com\u00admune. Son nom \u00e9pou\u00advan\u00adtait les petits bour\u00adgeois de l\u2019esp\u00e8ce du bou\u00adti\u00adquier Per\u00adrin. Par contre, ils eussent accep\u00adt\u00e9 Vic\u00adtor Hugo, mais le grand po\u00e8te demeu\u00adra en dehors des \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments du 31 octobre. F\u00e9lix Pyat, venu en obser\u00adva\u00adteur, n\u2019y joua pas grand r\u00f4le. Brillant cise\u00adleur de phrases, r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire roman\u00adtique, int\u00e8gre sans \u00eatre un ap\u00f4tre, il n\u2019\u00e9tait point atti\u00adr\u00e9 par la gri\u00adse\u00adrie de la bataille. Cela n\u2019emp\u00eacha pas son arres\u00adta\u00adtion peu apr\u00e8s, en m\u00eame temps que celle de Mil\u00adli\u00e8re, Tibal\u00addi, Razoua, Ver\u00admo\u00adrel, Lefran\u00ad\u00e7ais et quelques autres.<\/p>\n<p>Blan\u00adqui et Deles\u00adcluze, tous deux jaco\u00adbins et qui ne sym\u00adpa\u00adthi\u00adsaient gu\u00e8re, se trou\u00adv\u00e8rent, ce jour-l\u00e0, au poste de com\u00adbat, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville. Le pre\u00admier signant des d\u00e9crets au milieu de la confu\u00adsion qui r\u00e9gnait chez les vain\u00adqueurs&nbsp;; le second s\u2019effor\u00e7ant de sau\u00adver quelques \u00e9paves du grand mou\u00adve\u00adment nau\u00adfra\u00adg\u00e9 lorsque Jules Fer\u00adry, s\u2019\u00e9tant \u00e9chap\u00adp\u00e9 d\u2019entre ses col\u00adl\u00e8gues pri\u00adson\u00adniers, fut reve\u00adnu avec un bataillon de garde natio\u00adnale \u2013 le r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire 106<sup>e<\/sup> \u2013 \u00ab&nbsp;r\u00e9ta\u00adblir l\u2019ordre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Car telle fut la nou\u00advelle qui nous par\u00advint \u00e0 la fin de la jour\u00adn\u00e9e&nbsp;: l\u2019ordre \u00e9tait r\u00e9ta\u00adbli. Du coup tous les hon\u00adn\u00eates bou\u00adti\u00adquiers res\u00adpi\u00adr\u00e8rent et M.&nbsp;Per\u00adrin, qui se f\u00fbt r\u00e9si\u00adgn\u00e9 avec dou\u00adleur \u00e0 la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 d\u2019acclamer Flou\u00adrens et Blan\u00adqui, put se d\u00e9gon\u00adfler tout son saoul en fl\u00e9\u00adtris\u00adsant les r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re qui, peu amou\u00adreux des galons, n\u2019avait vou\u00adlu \u00eatre que simple garde, atten\u00addait avi\u00adde\u00adment que se confir\u00adm\u00e2t la nou\u00advelle de la vic\u00adtoire de la Com\u00admune. Trom\u00adp\u00e9 par les pre\u00admiers bruits, il avait cru cette vic\u00adtoire d\u00e9fi\u00adni\u00adtive et s\u2019en r\u00e9jouis\u00adsait, Deles\u00adcluze et Blan\u00adqui lui sem\u00adblant, bien plus que le pieux Tro\u00adchu, les hommes de la situa\u00adtion. Quelques gardes de sa com\u00adpa\u00adgnie par\u00adta\u00adgeaient son \u00e9tat d\u2019\u00e2me, mais le capi\u00adtaine, un nom\u00adm\u00e9 Pas\u00adse\u00adbon, ancien \u00ab&nbsp;mar\u00adchand d\u2019hommes&nbsp;\u00bb (nom sous lequel, au temps du ser\u00advice mili\u00adtaire non obli\u00adga\u00adtoire, on d\u00e9si\u00adgnait les recru\u00adteurs de rem\u00adpla\u00ad\u00e7ants) \u00e9tait natu\u00adrel\u00adle\u00adment pour le pou\u00advoir \u00ab&nbsp;r\u00e9gulier&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Quand se r\u00e9pan\u00addit la nou\u00advelle que le mou\u00adve\u00adment avait avor\u00adt\u00e9, bien des phy\u00adsio\u00adno\u00admies chan\u00adg\u00e8rent, les unes s\u2019\u00e9claircissant, les autres se rem\u00adbru\u00adnis\u00adsant. Quelle \u00e9tude pour un peintre dou\u00adbl\u00e9 d\u2019un psychologue&nbsp;!<\/p>\n<p>Le gou\u00adver\u00adne\u00adment, sau\u00adv\u00e9 plu\u00adt\u00f4t que fran\u00adche\u00adment vain\u00adqueur<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--expands-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"00000000445136e2000000002cde511b_3981\"><a href=\"javascript:void(0)\" role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-2\">2<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-2\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Fer\u00adry ren\u00adtrant \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville avec un bataillon r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire, mais ses col\u00adl\u00e8gues demeu\u00adrant \u00e0 ce moment pri\u00adson\u00adniers des r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires, cette chaude jour\u00adn\u00e9e avait fini par une tran\u00adsac\u00adtion.<\/span>, s\u2019\u00e9tait enga\u00adg\u00e9 \u00e0 n\u2019exercer aucunes repr\u00e9\u00adsailles et \u00e0 don\u00adner la parole au peuple. Il se tira d\u2019affaire avec l\u2019escobarderie d\u2019un pl\u00e9\u00adbis\u00adcite&nbsp;: la popu\u00adla\u00adtion enten\u00addait-elle le confir\u00admer en bloc dans les fonc\u00adtions qu\u2019il s\u2019\u00e9tait octroy\u00e9es lui-m\u00eame&nbsp;?<\/p>\n<p>Appr\u00e9\u00adhen\u00addant un saut dans l\u2019inconnu, trois cent vingt et un mille Pari\u00adsiens, contre cin\u00adquante-trois mille, vot\u00e8rent le main\u00adtien au pou\u00advoir de l\u2019incapable cote\u00adrie du 4 sep\u00adtembre. Roche\u00adfort, dont la situa\u00adtion \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville \u00e9tait inte\u00adnable, don\u00adna sa d\u00e9mission.<\/p>\n<p>Dans l\u2019arm\u00e9e, il y eut deux cent trente-six mille <i>oui<\/i> contre neuf mille <i>non<\/i>.<\/p>\n<p>Le gou\u00adver\u00adne\u00adment, ayant re\u00e7u ce blanc-seing, ne se g\u00eana pas. Il fit arr\u00ea\u00adter F\u00e9lix Pyat, Mil\u00adli\u00e8re, Lefran\u00ad\u00e7ais, Tibal\u00addi, V\u00e9si\u00adnier, Ver\u00admo\u00adrel, Mot\u00adtu, Razoua, Ran\u00advier, Jaclard et autres r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains socia\u00adlistes. Pas un bona\u00adpar\u00adtiste n\u2019avait \u00e9t\u00e9 m\u00eame inqui\u00e9\u00adt\u00e9 depuis le 4 sep\u00adtembre. Rou\u00adher, l\u2019ancien ministre auto\u00adcra\u00adtique de l\u2019Empire, avait pu quit\u00adter en paix Paris pour aller conspi\u00adrer \u00e0 Londres contre la R\u00e9pu\u00adblique fran\u00e7aise&nbsp;!<\/p>\n<p>Le mois de sep\u00adtembre avait \u00e9t\u00e9 tout d\u2019enthousiasme fr\u00e9\u00admis\u00adsant&nbsp;; octobre avait vu les pre\u00admi\u00e8res d\u00e9s\u00adillu\u00adsions et l\u2019\u00e9nervement gran\u00addir jusqu\u2019\u00e0 cre\u00adver en orage&nbsp;; l\u2019hiver com\u00admen\u00ad\u00e7ait pr\u00e9\u00adma\u00adtu\u00adr\u00e9\u00adment. Le gaz allait man\u00adquer&nbsp;; la nuit emplis\u00adsait les rues comme les \u00e2mes&nbsp;; le com\u00adbus\u00adtible se fai\u00adsait rare. Et pour\u00adtant aucun d\u00e9cou\u00adra\u00adge\u00adment dans la masse pro\u00adfonde. La m\u00eame r\u00e9so\u00adlu\u00adtion sto\u00efque de vaincre ou mou\u00adrir r\u00e9gnait chez tous&nbsp;: hommes, femmes, enfants.<\/p>\n<p>Et, chose remar\u00adquable, dans Paris, qui n\u2019avait pas de police ni presque de lumi\u00e8re, pas de crimes, pas d\u2019attentats \u00e0 la vie ou \u00e0 la bourse des habitants.<\/p>\n<p>Quelques nou\u00advelles de la pro\u00advince arri\u00advaient par pigeons voya\u00adgeurs. Les mes\u00adsages, pho\u00adto\u00adgra\u00adphi\u00e9s en carac\u00adt\u00e8res micro\u00adsco\u00adpiques sur une mince pel\u00adli\u00adcule, \u00e9taient ins\u00e9\u00adr\u00e9s dans un l\u00e9ger tube atta\u00adch\u00e9 sous l\u2019aile du vola\u00adtile. On apprit ain\u00adsi qu\u2019une arm\u00e9e fran\u00ad\u00e7aise s\u2019\u00e9tait for\u00adm\u00e9e sur la Loire et, com\u00adman\u00add\u00e9e par d\u2019Aurelles de Pala\u00addines, avait, apr\u00e8s une vic\u00adtoire \u00e0 Coul\u00admiers, r\u00e9oc\u00adcu\u00adp\u00e9 Orl\u00e9ans (9 novembre). Ce fut une \u00e9clair\u00adcie&nbsp;: on put esp\u00e9\u00adrer qu\u2019une marche de cette arm\u00e9e sur Paris, com\u00adbi\u00adn\u00e9e avec la sor\u00adtie en masse que tous r\u00e9cla\u00admaient, vien\u00addrait, pre\u00adnant les assi\u00e9\u00adgeants entre deux feux, d\u00e9blo\u00adquer la capi\u00adtale. La vic\u00adtoire finale \u00e9tait plus que possible.<\/p>\n<p>Mais, pour cela, il e\u00fbt fal\u00adlu d\u2019autres hommes que les fan\u00adtoches de l\u2019H\u00f4tel de Ville. On cher\u00adchait Hoche ou Kl\u00e9\u00adber&nbsp;: on n\u2019avait que Trochu.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant, d\u2019incurables confiants lui fai\u00adsaient encore cr\u00e9\u00addit. Je les vois encore r\u00e9p\u00e9\u00adtant d\u2019un air enten\u00addu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Patience&nbsp;! Il ne faut rien brus\u00adquer. Tro\u00adchu a son plan.&nbsp;\u00bb Plan qui devait abou\u00adtir \u00e0 la capi\u00adtu\u00adla\u00adtion du 28 janvier.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin, devant l\u2019in\u00e9branlable r\u00e9so\u00adlu\u00adtion des Pari\u00adsiens de tenir jusqu\u2019au bout, le gou\u00adver\u00adne\u00adment pro\u00advi\u00adsoire dut, apr\u00e8s avoir per\u00addu un temps pr\u00e9\u00adcieux, se r\u00e9soudre \u00e0 un simu\u00adlacre de sor\u00adtie. Le g\u00e9n\u00e9\u00adral Ducrot fut char\u00adg\u00e9 de la diri\u00adger. Le 28 novembre, il pas\u00adsa la Marne devant Vil\u00adliers apr\u00e8s avoir annon\u00adc\u00e9 dans une gran\u00addi\u00adlo\u00adquente pro\u00adcla\u00adma\u00adtion qu\u2019il ne ren\u00adtre\u00adrait dans Paris que \u00ab&nbsp;mort ou vic\u00adto\u00adrieux&nbsp;\u00bb. Le pre\u00admier \u00e9lan de ses troupes les avait men\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 Cham\u00adpi\u00adgny. L\u2019incapable stra\u00adt\u00e8ge n\u2019en pro\u00adfi\u00adta point et, apr\u00e8s trois jours de com\u00adbats inco\u00adh\u00e9\u00adrents, il repas\u00adsa la Marne vain\u00adcu et bien vivant.<\/p>\n<p>Ce fut dans un de ces com\u00adbats, livr\u00e9 \u00e0 Vil\u00adliers, que tom\u00adba, mor\u00adtel\u00adle\u00adment bles\u00ads\u00e9, le com\u00adman\u00addant de francs-tireurs Fran\u00adchet\u00adti, riche ita\u00adlien, jeune encore, qui s\u2019\u00e9tait don\u00adn\u00e9 corps et \u00e2me \u00e0 la d\u00e9fense de&nbsp;Paris.<\/p>\n<p>D\u00e9cembre s\u2019annon\u00e7a, lugubre, sans que fl\u00e9\u00adchit la r\u00e9so\u00adlu\u00adtion des habi\u00adtants. Pour\u00adtant la faim les mor\u00addait aux entrailles, en d\u00e9pit de la cr\u00e9a\u00adtion de four\u00adneaux \u00e9co\u00adno\u00admiques. Depuis long\u00adtemps, on s\u2019ing\u00e9niait \u00e0 r\u00e9soudre le pro\u00adbl\u00e8me de man\u00adger avec rien&nbsp;; on \u00e9la\u00adbo\u00adrait les com\u00adbi\u00adnai\u00adsons culi\u00adnaires les plus invrai\u00adsem\u00adblables quel\u00adque\u00adfois en les d\u00e9co\u00adrant de noms pom\u00adpeux. Le riz \u00e0 la mou\u00adtarde, bap\u00adti\u00ads\u00e9 \u00ab&nbsp;riz \u00e0 la pro\u00adven\u00ad\u00e7ale&nbsp;\u00bb et le cho\u00adco\u00adlat \u00e0 la f\u00e9cule de pomme de terre, rem\u00adpla\u00ad\u00e7ant la cr\u00e8me, qui sem\u00adblait le sou\u00adve\u00adnir d\u2019un autre \u00e2ge, \u00e9taient des d\u00e9li\u00adca\u00adtesses tr\u00e8s appr\u00e9\u00adci\u00e9es. Le cho\u00adco\u00adlat ne co\u00fb\u00adtait pas plus de 9 sous la tablette, bon mar\u00adch\u00e9 extra\u00ador\u00addi\u00adnaire au milieu du ren\u00adch\u00e9\u00adris\u00adse\u00adment g\u00e9n\u00e9\u00adral&nbsp;; le riz n\u2019\u00e9tait pas introu\u00advable. Mais les l\u00e9gumes, mais la viande, mais le&nbsp;pain&nbsp;!<\/p>\n<p>Sur la place de la Tri\u00adni\u00adt\u00e9, un \u00e9ta\u00adblis\u00adse\u00adment por\u00adtait l\u2019enseigne \u00ab&nbsp;Bou\u00adche\u00adrie cynique&nbsp;\u00bb. Le chien s\u2019y ven\u00addait 1&nbsp;fr.&nbsp;50 la livre&nbsp;; le chat, plus appr\u00e9\u00adci\u00e9, 14 francs pi\u00e8ce&nbsp;; un demi-chat sans la t\u00eate, 6 francs&nbsp;; un rat, 1 franc. Ce der\u00adnier article trou\u00advait moins d\u2019acheteurs.<\/p>\n<p>Des bou\u00adche\u00adries simi\u00adlaires s\u2019intitulaient \u00ab&nbsp;canines&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;f\u00e9lines&nbsp;\u00bb. Une autre, qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019hippophagique, annon\u00ad\u00e7ait la vente de \u00ab&nbsp;sau\u00adcis\u00adson chevaleresque&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>La chasse aux ani\u00admaux domes\u00adtiques \u00e9tait ouverte. Notre concierge avait la r\u00e9pu\u00adta\u00adtion de s\u2019y adon\u00adner. Avant la fin du si\u00e8ge, il d\u00e9m\u00e9\u00adna\u00adgea subrep\u00adti\u00adce\u00adment et, ce jour-l\u00e0, dis\u00adpa\u00adru notre chien. Pauvre Mis\u00adti, qui dut finir dans une cas\u00adse\u00adrole&nbsp;! C\u2019\u00e9tait un bel \u00e9pa\u00adgneul, plein de gr\u00e2ce et d\u2019intelligence, qu\u2019une m\u00e8re de pro\u00advince avait don\u00adn\u00e9 \u00e0 son fils, \u00e9tu\u00addiant \u00e0 Paris. Mais le jeune homme jetait sa gourme \u00e0 Bul\u00adlier et dans les joyeux c\u00e9nacles, oubliant chez lui, o\u00f9 il ne ren\u00adtrait pas tous les jours, le pauvre ani\u00admal triste et affa\u00adm\u00e9. \u00c0 la fin, Mis\u00adti, qui bien que qua\u00addru\u00adp\u00e8de n\u2019\u00e9tait pas une b\u00eate, prit un par\u00adti h\u00e9ro\u00efque&nbsp;: il d\u00e9ser\u00adta. Un beau jour, nous v\u00eemes entrer chez nous, par une porte res\u00adt\u00e9e acci\u00adden\u00adtel\u00adle\u00adment entr\u2019ouverte, ce d\u00e9sh\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 qui, dans son regard humain, nous deman\u00addait l\u2019abri et la sub\u00adsis\u00adtance. Nous com\u00adpr\u00eemes ce lan\u00adgage muet, plus \u00e9lo\u00adquent qu\u2019un dis\u00adcours aca\u00add\u00e9\u00admique et, de ce moment, le nou\u00adveau venu fut notre&nbsp;h\u00f4te.<\/p>\n<p>Nous igno\u00adrions tout de lui&nbsp;: son nom, sa nais\u00adsance et ses ant\u00e9\u00adc\u00e9\u00addents. Un jour qu\u2019il accom\u00adpa\u00adgnait ma m\u00e8re dans la rue, son ma\u00eetre pas\u00adsant par hasard l\u2019aper\u00e7ut, l\u2019appela et se fit conna\u00eetre. Expli\u00adca\u00adtions cour\u00adtoises&nbsp;: Mis\u00adti, ren\u00addu \u00e0 son pos\u00adses\u00adseur l\u00e9gi\u00adtime, \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel il ne sem\u00adblait pas nour\u00adrir de ran\u00adcune, le sui\u00advit sans dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9s. Mais d\u00e9ci\u00add\u00e9\u00adment la vie de b\u00e2ton de chaise de l\u2019\u00e9tudiant, qui le sou\u00admet\u00adtait \u00e0 des je\u00fbnes pro\u00adlon\u00adg\u00e9s, n\u2019\u00e9tait-elle pas de son go\u00fbt, car, au bout de quelques jours, il nous revint et cette fois d\u00e9finitivement.<\/p>\n<p>J\u2019en fus enchan\u00adt\u00e9&nbsp;: Mis\u00adti nous affec\u00adtion\u00adnait sin\u00adc\u00e8\u00adre\u00adment. Aux heurs o\u00f9 se ter\u00admi\u00adnait la classe \u00e0 l\u2019institution Boyer, sa robe blanche, tach\u00e9e, appa\u00adrais\u00adsait sou\u00addai\u00adne\u00adment, \u00e0 la grande joie de mes cama\u00adrades. \u00ab&nbsp;<i>Ecce canis&nbsp;!<\/i> s\u2019exclamait un lati\u00adniste. On vient te cher\u00adcher&nbsp;\u00bb. Car je n\u2019\u00e9tais tou\u00adjours pas auto\u00adri\u00ads\u00e9 \u00e0 che\u00admi\u00adner seul dans la rue. La rue, gouffre o\u00f9 se perdent les inno\u00adcents et o\u00f9 se font \u00e9cra\u00adser les pi\u00e9tons&nbsp;!<\/p>\n<p>Un seul d\u00e9faut \u2013 \u00e9tait-ce bien un d\u00e9faut&nbsp;? \u2013 g\u00e2tait les belles qua\u00adli\u00adt\u00e9s de Mis\u00adti. Il \u00e9tait cou\u00adreur, pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adrant l\u2019appel de la rue avec ses p\u00e9rils \u00e0 la r\u00e9clu\u00adsion pro\u00adlon\u00adg\u00e9e dans un appar\u00adte\u00adment. Cela lui occa\u00adsion\u00adna des d\u00e9sa\u00adgr\u00e9\u00adments et, plus d\u2019une fois, nous d\u00fbmes aller le r\u00e9cla\u00admer \u00e0 la four\u00adri\u00e8re, o\u00f9 nous arri\u00adv\u00e2mes \u00e0 temps pour lui \u00e9vi\u00adter l\u2019extinction finale.<\/p>\n<p>Et, apr\u00e8s tant de p\u00e9ri\u00adp\u00e9\u00adties \u00e9mou\u00advants, finir pro\u00adsa\u00ef\u00adque\u00adment dans la panse d\u2019un concierge d\u00e9pour\u00advu d\u2019entrailles mais non d\u2019estomac&nbsp;!<\/p>\n<p>Avait-il eu le pres\u00adsen\u00adti\u00adment de son sort&nbsp;? Depuis plu\u00adsieurs jours, il ne sor\u00adtait plus gu\u00e8re et, comme attris\u00adt\u00e9 des mal\u00adheurs de la France, il se blot\u00adtis\u00adsait sous le grand lit de mes parents, taci\u00adturne, lui jadis si fol\u00e2tre.<\/p>\n<p>Je demande par\u00addon au lec\u00adteur de l\u2019avoir entre\u00adte\u00adnu d\u2019un per\u00adson\u00adnage \u00e0 quatre pattes aus\u00adsi lon\u00adgue\u00adment que d\u2019un bip\u00e8de de marque. Mis\u00adti n\u2019\u00e9tait ni un d\u00e9pu\u00adt\u00e9 ni un ministre, mais il valait beau\u00adcoup&nbsp;mieux.<\/p>\n<p>D\u2019autres ani\u00admaux \u00e9ga\u00adle\u00adment sup\u00e9\u00adrieurs \u00e0 la race humaine \u2013 tout au moins au point de vue moral \u2013 la plu\u00adpart des che\u00advaux de fiacre, les sagaces \u00e9l\u00e9\u00adphants du Jar\u00addin des Plantes, leurs voi\u00adsins les ours bruns, noirs ou blancs et les autres gueules inutiles, insul\u00adt\u00e9es du nom de b\u00eates f\u00e9roces, bien qu\u2019elles n\u2019aient jamais inven\u00adt\u00e9 la moindre machine \u00e0 tuer avaient \u00e9t\u00e9 abat\u00adtues. Mais il ne suf\u00adfi\u00adsaient pas de ces quelques mil\u00adliers de kilo\u00adgrammes de viande pour cal\u00admer les tiraille\u00adments de deux mil\u00adlions d\u2019estomacs&nbsp;!<\/p>\n<p>La d\u00e9ri\u00adsoire ration de 100 grammes de che\u00adval par per\u00adsonne (peau, nerfs et os com\u00adpris) devait s\u2019acheter deux heures de queue sous la neige et, lorsque com\u00admen\u00ad\u00e7a le bom\u00adbar\u00adde\u00adment de Paris, sous les bombes. Mes parents et moi c\u00e9l\u00e9\u00adbr\u00e2mes le r\u00e9veillon en mor\u00addant un pied de che\u00adval res\u00adt\u00e9 inen\u00adta\u00admable apr\u00e8s deux heures de cuis\u00adson. Cuis\u00adson pour laquelle il nous avait fal\u00adlu sacri\u00adfier une par\u00adtie de notre mobi\u00adlier. Car le com\u00adbus\u00adtible \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s introu\u00advable. De temps \u00e0 autre mon p\u00e8re disait \u00e0 ma m\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu devrais aller rue Dau\u00adben\u00adton&nbsp;\u00bb. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 que vivait ma grand\u2019m\u00e8re, dans une pen\u00adsion bour\u00adgeoise de cette vieille voie m\u00e9lan\u00adco\u00adlique et d\u00e9serte, dont les mai\u00adsons basses, il y a d\u00e9j\u00e0 plus de cin\u00adquante ans, \u00e9vo\u00adquaient un si\u00e8cle mort. Par la porte de la pen\u00adsion, ouverte tous les jours, on aper\u00adce\u00advait un grand jar\u00addin s\u2019\u00e9tendant entre les pavillons.<\/p>\n<p>Mon a\u00efeule, main\u00adte\u00adnant sep\u00adtua\u00adg\u00e9\u00adnaire, y vivait tran\u00adquille\u00adment ses der\u00adniers jours, au milieu de vieilles dames comme elle, pour la plu\u00adpart veuves de fonc\u00adtion\u00adnaires ou d\u2019officiers retrai\u00adt\u00e9s. M<sup>me<\/sup>&nbsp;Como\u00adl\u00e9\u00adra, res\u00adt\u00e9e veuve elle-m\u00eame avec une fille de mon \u00e2ge, diri\u00adgeait l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p>Dans cet \u00eelot du vieux Paris confi\u00adn\u00e9 entre la rue Monge, nou\u00advel\u00adle\u00adment per\u00adc\u00e9e, large, emplie d\u2019un \u00e9veil de la vie moderne et la grille du Jar\u00addin des Plantes, ma m\u00e8re se ren\u00addait deux ou trois fois par semaine. Elle y alla tous les jours pen\u00addant le der\u00adnier mois du si\u00e8ge, lorsque s\u00e9vit le bom\u00adbar\u00adde\u00adment, com\u00admen\u00adc\u00e9 par les Prus\u00adsiens peu apr\u00e8s le jour de l\u2019an.<\/p>\n<p>Les vieilles pen\u00adsion\u00adnaires de la rue Dau\u00adben\u00adton ne souf\u00adfrirent pas exces\u00adsi\u00adve\u00adment du si\u00e8ge. S\u00e9den\u00adtaires et engour\u00addies par l\u2019\u00e2ge, elles n\u2019avaient pas les exi\u00adgences sto\u00adma\u00adcales des adultes adon\u00adn\u00e9s \u00e0 une vie active. Sans doute aus\u00adsi, M<sup>me<\/sup>&nbsp;Como\u00adl\u00e9\u00adra avait-elle fait \u00e0 l\u2019avance d\u2019importantes pro\u00advi\u00adsions. \u00c0 l\u2019exception du lait, des l\u00e9gumes frais, des \u0153ufs, du pois\u00adson, de la viande et du pain blanc, elles eurent \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qu\u2019il leur fal\u00adlait. Nous \u00e9tions plus mal par\u00adta\u00adg\u00e9s qu\u2019elles.<\/p>\n<p>\u00c0 peine ma m\u00e8re avait-elle pris le che\u00admin de la rue Dau\u00adben\u00adton, mon p\u00e8re, s\u2019armant d\u2019une hache, com\u00admen\u00ad\u00e7ait \u00e0 mas\u00adsa\u00adcrer chaises, fau\u00adteuils et tables. Nous avions un fort beau mobi\u00adlier o\u00f9 des scin\u00adtillantes incrus\u00adta\u00adtions mon\u00adtraient des oiseaux mul\u00adti\u00adco\u00adlores et d\u2019\u00e9blouissants papillons tout pourpre et azur volant au-des\u00adsus de fleurs invrai\u00adsem\u00adblables. C\u2019\u00e9tait pour ma jeune ima\u00adgi\u00adna\u00adtion comme une vision de pays tro\u00adpi\u00adcaux o\u00f9 le soleil se refl\u00e8te dans la nature ani\u00adm\u00e9e. J\u2019appr\u00e9hendais de voir toute cette splen\u00addeur nacre, laque et palis\u00adsandre, s\u2019\u00e9mietter sous les coups de la hache destructrice.<\/p>\n<p>Mais non. La rage pater\u00adnelle sut se conte\u00adnir dans de justes limites. Et, lorsque ma m\u00e8re ren\u00adtrait, apr\u00e8s sa pre\u00admi\u00e8re stu\u00adpeur de voir tables et si\u00e8ges trans\u00adfor\u00adm\u00e9s en amas de com\u00adbus\u00adtible, elle se r\u00e9si\u00adgnait en soupirant&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Tu as bien fait. Il ne faut pas que Charles ait&nbsp;froid.<\/p>\n<p>Elle s\u2019oubliait elle-m\u00eame, me cou\u00advant de sa sol\u00adli\u00adci\u00adtude. Com\u00adbien de fois ne r\u00e9p\u00e9\u00adtait-elle point&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Il est si faible, si d\u00e9licat&nbsp;!<\/p>\n<p>Ce qui n\u2019\u00e9tait pas sans me&nbsp;vexer.<\/p>\n<p>Le pain du si\u00e8ge de Paris est demeu\u00adr\u00e9 l\u00e9gen\u00addaire&nbsp;: il com\u00adpre\u00adnait toutes sortes de mati\u00e8res, excep\u00adt\u00e9 de la farine. Les gra\u00adnules pier\u00adreux et la paille hach\u00e9e entraient par contre, avec le son, pour une part impor\u00adtante dans sa com\u00adpo\u00adsi\u00adtion. D\u2019un ton brun tirant sur le noir, et d\u2019une sen\u00adteur d\u00e9sa\u00adgr\u00e9able, il \u00e9vo\u00adquait, par anti\u00adth\u00e8se, le sou\u00adve\u00adnir dou\u00adlou\u00adreux des pains vien\u00adnois, des crois\u00adsants et des brioches de jadis. Long\u00adtemps apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments de l\u2019Ann\u00e9e Ter\u00adrible on ven\u00addait encore, sous un cou\u00advercle de verre, des \u00e9chan\u00adtillons de ce&nbsp;pain.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle plus tard \u2013 revanche de l\u2019inexorable N\u00e9m\u00e9\u00adsis \u2013 l\u2019Allemagne devait, \u00e0 son tour, conna\u00eetre le mau\u00advais pain de guerre.<\/p>\n<p>Mais celui d\u2019outre-Rhin, bien que raill\u00e9 avec une finesse d\u2019hippopotame sous le nom de pain \u00ab&nbsp;K. K.&nbsp;\u00bb<sup class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--expands-on-desktop \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"00000000445136e2000000002cde511b_3981\"><a href=\"javascript:void(0)\" role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-3\">3<\/a><\/sup><span id=\"mfn-content-00000000445136e2000000002cde511b_3981-3\" role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Krieg Kom\u00admis Brot (pain de muni\u00adtion de guerre).<\/span>, ne pou\u00advait sou\u00adte\u00adnir la com\u00adpa\u00adrai\u00adson dans l\u2019horrible avec le pain du si\u00e8ge de Paris. La f\u00e9cule de pomme de terre, dans le pain alle\u00admand, rem\u00adpla\u00ad\u00e7ait avan\u00adta\u00adgeu\u00adse\u00adment le son, la paille et la pierre.<\/p>\n<p>Un grand r\u00e9gal, mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment trop rare, c\u2019\u00e9taient les bettes blanches, s\u0153urs, ou tout au moins cou\u00adsines, des bet\u00adte\u00adraves rouges \u2013 car le monde v\u00e9g\u00e9\u00adtal lui-m\u00eame pr\u00e9\u00adsente des dif\u00adf\u00e9\u00adrences de cou\u00adleur dans les familles. Ces ch\u00e9\u00adno\u00adpo\u00add\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019alors r\u00e9ser\u00adv\u00e9es \u00e0 l\u2019alimentation des bes\u00adtiaux, demeu\u00adrant igno\u00adr\u00e9es ou d\u00e9dai\u00adgn\u00e9es des humains \u2013 tout au moins des cita\u00addins. Main\u00adte\u00adnant, elles \u00e9taient jus\u00adte\u00adment appr\u00e9\u00adci\u00e9es, et les intr\u00e9\u00adpides qui se glis\u00adsaient entre les lignes fran\u00ad\u00e7aises et alle\u00admandes pour aller marau\u00adder dans les champs aban\u00addon\u00adn\u00e9s \u00e9taient salu\u00e9s comme des sau\u00adveurs lorsqu\u2019ils rap\u00adpor\u00adtaient, les ven\u00addant \u00e0 bon prix, quelques-unes de ces racines deve\u00adnues une d\u00e9li\u00adca\u00adtesse de gourmets.<\/p>\n<p>Lorsque le 160<sup>e<\/sup> bataillon \u00e9tait de garde aux rem\u00adparts, nous allions, ma m\u00e8re et moi, appor\u00adter \u00e0 mon p\u00e8re une gamelle emplie de ces bettes cuites \u00e0 l\u2019eau, puis fri\u00adcas\u00ads\u00e9es \u00e0 la graisse de che\u00adval. Les autres femmes et enfants de gardes natio\u00adnaux en fai\u00adsaient autant et des repas fami\u00adliaux s\u2019\u00e9tablissaient en plein air, sous la bise gla\u00adc\u00e9e, aupr\u00e8s des canons en batterie.<\/p>\n<p>Et, pour\u00adtant, si les vivres fai\u00adsaient d\u00e9faut, ils n\u2019\u00e9taient point inexis\u00adtants. D\u00e9j\u00e0, vers le 6 novembre, alors que cir\u00adcu\u00adlaient des bruits d\u2019armistice, cr\u00e9\u00e9s par la pr\u00e9\u00adsence de Thiers, on avait vu des l\u00e9gumes, des choux sur\u00adtout, repa\u00adra\u00eetre \u00e0 la devan\u00adture des mar\u00adchands de quatre-sai\u00adsons. Le beurre, mon\u00adt\u00e9 \u00e0 20 francs la livre (il devait par la suite, atteindre 50 francs), \u00e9tait redes\u00adcen\u00addu \u00e0 des prix abordables.<\/p>\n<p>Plus tard, lorsque la capi\u00adtu\u00adla\u00adtion de 28 jan\u00advier mit fin au si\u00e8ge, on devait voir, sou\u00addai\u00adne\u00adment sur\u00adgis des sous-sols, des amon\u00adcel\u00adle\u00adments de pommes de terre s\u2019\u00e9taler dans les locaux des mar\u00adchands en&nbsp;gros.<\/p>\n<p>Ces f\u00e9roces sp\u00e9\u00adcu\u00adla\u00adteurs qui, avant le ravi\u00adtaille\u00adment, se h\u00e2taient de sor\u00adtir leurs den\u00adr\u00e9es cach\u00e9es, avaient pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adr\u00e9 les lais\u00adser pour\u00adrir dans l\u2019humidit\u00e9 des caves plu\u00adt\u00f4t que de les livrer \u00e0 des prix nor\u00admaux. Ils avaient atten\u00addu, tou\u00adjours sans le trou\u00adver arri\u00adv\u00e9, le moment o\u00f9 les Pari\u00adsiens, suc\u00adcom\u00adbant \u00e0 la fin, eussent pay\u00e9 ces tuber\u00adcules au poids de l\u2019or.<\/p>\n<p>Je me rap\u00adpelle ces pommes de terre g\u00e2t\u00e9es, qui for\u00admaient des mon\u00adtagnes de pour\u00adri\u00adture dans la rue des Halles. C\u2019\u00e9tait une infec\u00adtion et, pour \u00e9vi\u00adter l\u2019empuantissement, on dut les vider par tom\u00adbe\u00adreaux dans la&nbsp;Seine.<\/p>\n<p>Le gou\u00adver\u00adne\u00adment, ne d\u00e9ployant de s\u00e9v\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 que contre les r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains&nbsp;; avait lais\u00ads\u00e9 les acca\u00adpa\u00adreurs se livrer bien tran\u00adquille\u00adment \u00e0 leurs man\u0153uvres, v\u00e9ri\u00adtable com\u00adplot contre la vie des assi\u00e9\u00adg\u00e9s. Il ne pour\u00adsui\u00advit m\u00eame pas ces mis\u00e9\u00adrables, que le peuple, quatre-vingts ans aupa\u00adra\u00advant, e\u00fbt accro\u00adch\u00e9s sans c\u00e9r\u00e9\u00admo\u00adnie \u00e0 la lanterne&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<ul class=\"modern-footnotes-list modern-footnotes-list--show-only-for-print\"><li><span>1<\/span><div>La col\u00adlec\u00adtion du jour\u00adnal Le Com\u00adbat, publi\u00e9 pen\u00addant le si\u00e8ge de Paris, ne se trouve pas \u00e0 la Biblio\u00adth\u00e8que natio\u00adnale. \u2013 Note du site \u00ab&nbsp;La Presse Anar\u00adchiste&nbsp;\u00bb&nbsp;: cette col\u00adlec\u00adtion semble main\u00adte\u00adnant acces\u00adsible\u2026 Avis aux curieux.<\/div><\/li><li><span>2<\/span><div>Fer\u00adry ren\u00adtrant \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville avec un bataillon r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire, mais ses col\u00adl\u00e8gues demeu\u00adrant \u00e0 ce moment pri\u00adson\u00adniers des r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires, cette chaude jour\u00adn\u00e9e avait fini par une transaction.<\/div><\/li><li><span>3<\/span><div>Krieg Kom\u00admis Brot (pain de muni\u00adtion de guerre).<\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VIII Le 31 octobre.\u200a\u2014\u200aGri\u00adsailles. \u00c0 l\u2019enthousiasme confiant du 4 sep\u00adtembre avait, au bout d\u2019un mois et demi, suc\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 dans la popu\u00adla\u00adtion pari\u00adsienne une impres\u00adsion d\u2019agacement qui allait s\u2019irritant insen\u00adsi\u00adble\u00adment. On s\u2019\u00e9tait atten\u00addu \u00e0 ce que le gou\u00adver\u00adne\u00adment, s\u2019inspirant de l\u2019exemple de la Conven\u00adtion et du Comi\u00adt\u00e9 de Salut public, adop\u00adt\u00e2t les mesures les plus r\u00e9volutionnaires&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":98,"featured_media":5379,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"wp-custom-template-page-d-article","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[469],"tags":[893],"ppma_author":[764],"class_list":["post-3981","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-memoires-dun-libertaire-par-charles-malato-le-peuple-1937-1938","tag-memoires"],"authors":[{"term_id":764,"user_id":98,"is_guest":0,"slug":"charles-malato","display_name":"Charles Malato","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/dec37ae452dae98c83574ffb83b51be776819688ad66aad5025fe8a60d533467?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"","last_name":"Malato","first_name":"Charles","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/98"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3981"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9006,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3981\/revisions\/9006"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5379"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3981"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3981"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}