{"id":4108,"date":"2020-07-13T06:23:04","date_gmt":"2020-07-13T06:23:04","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/13\/pensees-depicure\/"},"modified":"2020-07-13T06:23:04","modified_gmt":"2020-07-13T06:23:04","slug":"pensees-depicure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/13\/pensees-depicure\/","title":{"rendered":"Pens\u00e9es d\u2019\u00c9picure"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4108?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4108?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>[|<b>I<\/b>|]<\/p>\n<p>Le sage ne s\u2019attache pas d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9\u00adment \u00e0 la vie, elle ne lui est pas non plus \u00e0 charge, et il ne pense pas que c\u2019est un mal que de ces\u00adser de vivre. Et de m\u00eame qu\u2019on ne recherche pas la plu\u00adpart du temps la nour\u00adri\u00adture la plus abon\u00addante, mais la plus agr\u00e9able, pareille\u00adment on ne d\u00e9sire pas vivre le plus long\u00adtemps pos\u00adsible, mais le plus heu\u00adreu\u00adse\u00adment possible.<\/p>\n<p>[|<b>II<\/b>|]<\/p>\n<p>Celui qui conseille aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir la vie est un sot, non seule\u00adment parce que la vie est agr\u00e9able m\u00eame au vieillard, mais parce que le sou\u00adci de bien vivre et de bien mou\u00adrir est une seule et m\u00eame chose. C\u2019est pire encore quand on sou\u00adtient qu\u2019il vau\u00addrait mieux ne pas na\u00eetre, ou, une fois n\u00e9, fran\u00adchir le plus vite pos\u00adsible les portes de l\u2019Had\u00e8s [[Les enfers.]]. Car si celui qui sou\u00adtient une telle opi\u00adnion est vrai\u00adment convain\u00adcu de sa v\u00e9ri\u00adt\u00e9, com\u00adment se fait-il qu\u2019il ne quitte pas la vie&nbsp;? Chose qu\u2019il pour\u00adrait tou\u00adjours r\u00e9a\u00adli\u00adser, si sa r\u00e9so\u00adlu\u00adtion est ferme. Mais si cet homme plai\u00adsante, il montre de la fri\u00advo\u00adli\u00adt\u00e9 dans une mati\u00e8re qui n\u2019en com\u00adporte&nbsp;point.<\/p>\n<p>[|<b>III<\/b>|]<\/p>\n<p>L\u2019avenir n\u2019est ni enti\u00e8\u00adre\u00adment en notre pou\u00advoir ni tout \u00e0 fait hors de nos prises, de sorte que nous ne devons ni comp\u00adter enti\u00e8\u00adre\u00adment sur lui, comme s\u2019il devait s\u00fbre\u00adment arri\u00adver, ni aban\u00addon\u00adner toute esp\u00e9\u00adrance, comme s\u2019il \u00e9tait cer\u00adtain qu\u2019il ne se r\u00e9a\u00adli\u00adse\u00adrait jamais.<\/p>\n<p>[|<b>IV<\/b>|]<\/p>\n<p>Par\u00admi nos d\u00e9si\u00adrs, les uns sont natu\u00adrels, les autres vains. Par\u00admi les d\u00e9si\u00adrs natu\u00adrels les uns sont n\u00e9ces\u00adsaires, les autres natu\u00adrels seule\u00adment. Par\u00admi les d\u00e9si\u00adrs n\u00e9ces\u00adsaires, les uns sont n\u00e9ces\u00adsaires pour notre f\u00e9li\u00adci\u00adt\u00e9, les autres pour la tran\u00adquilli\u00adt\u00e9 de notre corps, les autres enfin pour la conser\u00adva\u00adtion de la vie&nbsp;m\u00eame.<\/p>\n<p>[|<b>V<\/b>|]<\/p>\n<p>Une vraie th\u00e9o\u00adrie des plai\u00adsirs doit rap\u00adpor\u00adter tout choix et toute aver\u00adsion \u00e0 la san\u00adt\u00e9 du corps et \u00e0 l\u2019ataraxie [[Calme com\u00adplet de l\u2019\u00e2me.]] de l\u2019\u00e2me, c\u2019est l\u00e0 le v\u00e9ri\u00adtable but de la vie heu\u00adreuse. Nous agis\u00adsons tou\u00adjours en vue d\u2019\u00e9viter la dou\u00adleur et l\u2019effroi. Lorsqu\u2019une fois ce but est atteint, le trouble de l\u2019\u00e2me s\u2019\u00e9vanouit, l\u2019\u00eatre vivant n\u2019ayant plus autre chose \u00e0 cher\u00adcher pour atteindre le bien par\u00adfait de l\u2019\u00e2me et du corps. Nous n\u2019\u00e9prouvons, en effet, le besoin du plai\u00adsir que quand son absence nous fait souf\u00adfrir et quand nous n\u2019\u00e9prouvons plus de dou\u00adleur, nous ne d\u00e9si\u00adrons plus le plai\u00adsir. C\u2019est pour\u00adquoi nous disons que le plai\u00adsir est le com\u00admen\u00adce\u00adment et la fin de la vie heu\u00adreuse. Le plai\u00adsir est en effet, recon\u00adnu par nous comme le bien supr\u00eame et natu\u00adrel, c\u2019est lui qui d\u00e9ter\u00admine toute pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adrence et toute aver\u00adsion et c\u2019est \u00e0 lui que nous abou\u00adtis\u00adsons, puisque les affec\u00adtions nous servent de r\u00e8gle pour dis\u00adcer\u00adner tout ce qui est un&nbsp;bien.<\/p>\n<p>Par cela m\u00eame que le plai\u00adsir est un bien inn\u00e9 et le pre\u00admier de tous, nous ne recher\u00adchons pas tout plai\u00adsir. Il y a des cas o\u00f9 nous pas\u00adsons par-des\u00adsus beau\u00adcoup de plai\u00adsirs, sur\u00adtout lorsqu\u2019il en r\u00e9sulte des peines qui les sur\u00adpassent&nbsp;; il y a, d\u2019autre part, des dou\u00adleurs que nous esti\u00admons valoir mieux que les plai\u00adsirs, sur\u00adtout quand apr\u00e8s des souf\u00adfrances pro\u00adlon\u00adg\u00e9es, il r\u00e9sulte pour nous un plai\u00adsir qui les sur\u00adpasse. Tout plai\u00adsir donc qui est conforme \u00e0 la nature est un bien, et cepen\u00addant tout plai\u00adsir n\u2019est pas \u00e0 recher\u00adcher&nbsp;; pareille\u00adment toute dou\u00adleur est un mal, et pour\u00adtant toute dou\u00adleur ne doit pas tou\u00adjours \u00eatre \u00e9vit\u00e9e.<\/p>\n<p>[|<b>VI<\/b>|]<\/p>\n<p>Chaque plai\u00adsir et chaque dou\u00adleur doivent \u00eatre appr\u00e9\u00adci\u00e9s d\u2019apr\u00e8s le degr\u00e9 d\u2019utilit\u00e9 ou de dom\u00admage qu\u2019ils nous pro\u00adcurent. Nous consi\u00add\u00e9\u00adrons \u00e0 cer\u00adtains moments le bien comme mal, et \u00e0 d\u2019autres le mal comme le&nbsp;bien.<\/p>\n<p>[|<b>VII<\/b>|]<\/p>\n<p>C\u2019est un grand bien, \u00e0 notre avis, que de se suf\u00adfire \u00e0 soi-m\u00eame, non qu\u2019il faille tou\u00adjours se conten\u00adter de peu, mais afin que si nous ne sommes pas dans l\u2019abondance, nous nous conten\u00adtions de peu, convain\u00adcus que nous sommes que ceux-l\u00e0 jouissent le plus vive\u00adment de l\u2019opulence \u2013 qui ont le moins besoin d\u2019elle.<\/p>\n<p>[|<b>VIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Tout ce qui est natu\u00adrel peut \u00eatre obte\u00adnu ais\u00e9\u00adment, ce ne sont que les choses super\u00adflues qu\u2019on peut se pro\u00adcu\u00adrer dif\u00adfi\u00adci\u00adle\u00adment. Les saveurs simples des mets nous pro\u00adcurent autant de plai\u00adsir qu\u2019une nour\u00adri\u00adture suc\u00adcu\u00adlente, quand toute souf\u00adfrance pro\u00adduite par le besoin a dis\u00adpa\u00adru. Du gros pain et de l\u2019eau nous pro\u00adcurent le plus grand plai\u00adsir quand nous \u00e9prou\u00advons un vif besoin de man\u00adger. C\u2019est donc l\u2019habitude d\u2019une nour\u00adri\u00adture simple, et non celle d\u2019une nour\u00adri\u00adture luxueuse, qui nous pro\u00adcure une excel\u00adlente san\u00adt\u00e9 et qui fait que l\u2019homme rem\u00adplit dili\u00adgem\u00adment les obli\u00adga\u00adtions n\u00e9ces\u00adsaires de la vie. Elle nous dis\u00adpose \u00e0 mieux go\u00fb\u00adter des mets suc\u00adcu\u00adlents quand nous en dis\u00adpo\u00adsons \u00e0 cer\u00adtains inter\u00advalles, et nous met en \u00e9tat de ne pas craindre la mau\u00advaise for\u00adtune. Quand donc nous disons que le plai\u00adsir est notre unique fin, nous n\u2019avons pas en vue les plai\u00adsirs des gens dis\u00adso\u00adlus, ni ceux que nous pro\u00adcurent les sens, comme l\u2019affirment cer\u00adtains igno\u00adrants et adver\u00adsaires de notre doc\u00adtrine, ou ceux qui l\u2019interpr\u00e8tent mal. Le plai\u00adsir dont nous par\u00adlons est celui qui \u00f4te la souf\u00adfrance au corps, et pro\u00adcure \u00e0 l\u2019\u00e2me une tran\u00adquilli\u00adt\u00e9 parfaite.<\/p>\n<p>[|<b>IX<\/b>|]<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas le fait d\u2019avoir pas\u00ads\u00e9 des jour\u00adn\u00e9es enti\u00e8res dans des fes\u00adtins et des com\u00adpa\u00adgnies de buveurs, ce n\u2019est pas la jouis\u00adsance des jeunes gar\u00ad\u00e7ons et des femmes, ni une table char\u00adg\u00e9e de pois\u00adsons et d\u2019autres mets qui peut nous pro\u00adcu\u00adrer la vie heu\u00adreuse&nbsp;; c\u2019est plu\u00adt\u00f4t un enten\u00adde\u00adment pru\u00addent, capable de dis\u00adtin\u00adguer ce qu\u2019il faut choi\u00adsir et ce qu\u2019il faut \u00e9vi\u00adter, et repous\u00adsant les opi\u00adnions qui engendrent la plu\u00adpart du temps les troubles de l\u2019\u00e2me. Le prin\u00adcipe de tout cela et par cons\u00e9\u00adquent le plus grand des biens, c\u2019est la pru\u00addence. Et c\u2019est pour\u00adquoi il faut mettre la pru\u00addence au-des\u00adsus de la phi\u00adlo\u00adso\u00adphie m\u00eame. Elle est la source de toutes les vertus.<\/p>\n<p>[|<b>X<\/b>|]<\/p>\n<p>Y a\u2011t-il quelqu\u2019un qu\u2019on puisse mettre au-des\u00adsus du sage&nbsp;? Il a sur les dieux des opi\u00adnions pieuses, il est sans crainte devant la mort, il a scru\u00adt\u00e9 par la rai\u00adson la fin de la nature, il sait qu\u2019elle est la supr\u00eame ver\u00adtu et qu\u2019elle est facile \u00e0 atteindre, et que le mal extr\u00eame est limi\u00adt\u00e9 quant \u00e0 la dur\u00e9e et quant \u00e0 l\u2019intensit\u00e9. La fata\u00adli\u00adt\u00e9, que cer\u00adtains consi\u00add\u00e8rent comme ma\u00ee\u00adtresse des choses, n\u2019a pas de prise sur lui. Par\u00admi les \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments les uns sont pro\u00adduits par la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 et les autres par la for\u00adtune, d\u2019autres enfin ont pour cause notre propre pou\u00advoir. Mais la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 est d\u00e9pour\u00advue de toute res\u00adpon\u00adsa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9, la for\u00adtune est quelque chose d\u2019instable, et ce n\u2019est que notre pou\u00advoir qui est sous\u00adtrait \u00e0 toute influence \u00e9tran\u00adg\u00e8re et qui est sus\u00adcep\u00adtible de bl\u00e2me et de r\u00e9compense.<\/p>\n<p>[|<b>XI<\/b>|]<\/p>\n<p>Le sage n\u2019admet pas, comme la plu\u00adpart le font, que la for\u00adtune soit une divi\u00adni\u00adt\u00e9, car une divi\u00adni\u00adt\u00e9 n\u2019agit pas d\u2019une fa\u00e7on d\u00e9sor\u00addon\u00adn\u00e9e&nbsp;; il ne la consi\u00add\u00e8re pas non plus comme une cause incons\u00adtante&nbsp;; il ne croit pas non plus qu\u2019elle dis\u00adtri\u00adbue aux hommes le bien et le mal, et les moyens n\u00e9ces\u00adsaires \u00e0 la vie heu\u00adreuse&nbsp;; il admet seule\u00adment qu\u2019elle leur four\u00adnit les occa\u00adsions des grands biens comme des grands maux. Il estime qu\u2019il vaut mieux \u00e9chouer apr\u00e8s avoir m\u00fbre\u00adment r\u00e9fl\u00e9\u00adchi que r\u00e9us\u00adsir sans r\u00e9flexion. Mais la chose la plus sou\u00adhai\u00adtable dans nos actions, c\u2019est d\u2019\u00eatre favo\u00adri\u00ads\u00e9 par la for\u00adtune, apr\u00e8s avoir sai\u00adne\u00adment&nbsp;jug\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>XII<\/b>|]<\/p>\n<p>Ce qui est bien\u00adheu\u00adreux et immor\u00adtel ne s\u2019embarrasse d\u2019aucune affaire et n\u2019en pro\u00adcure pas aux autres, de sorte qu\u2019il ne se laisse \u00e9mou\u00advoir ni par la col\u00e8re ni par les pr\u00e9\u00adsents&nbsp;; tout cela se ren\u00adcontre dans la faiblesse.<\/p>\n<p>[|<b>XIII<\/b>|]<\/p>\n<p>La mort n\u2019est rien par rap\u00adport \u00e0 nous, car ce qui est dis\u00adsous est pri\u00adv\u00e9 de sen\u00adsa\u00adtion, et ce qui est pri\u00adv\u00e9 de sen\u00adsa\u00adtion n\u2019est rien par rap\u00adport \u00e0&nbsp;nous.<\/p>\n<p>[|<b>XIV<\/b>|]<\/p>\n<p>On ne peut pas vivre heu\u00adreux si l\u2019on n\u2019est pas sage, hon\u00adn\u00eate et juste, et il n\u2019est pas pos\u00adsible d\u2019\u00eatre sage, hon\u00adn\u00eate et juste, sans \u00eatre heu\u00adreux. Celui qui manque de r\u00e9a\u00adli\u00adser une de ces condi\u00adtions, comme par exemple de vivre avec sagesse, m\u00eame s\u2019il est hon\u00adn\u00eate et juste, ne vivra pas heureux.&nbsp;<\/p>\n<p>[|<b>XV<\/b>|]<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9gard des \u00eatres qui ne peuvent faire de contrats dans le\tbut de ne pas se l\u00e9ser mutuel\u00adle\u00adment et de ne pas \u00eatre l\u00e9s\u00e9s, il n\u2019y a rien qui puisse \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme juste ou injuste. De m\u00eame pour les peuples qui n\u2019ont pas pu ou n\u2019ont pas vou\u00adlu faire ces contrats.<\/p>\n<p>[|<b>XVI<\/b>|]<\/p>\n<p>La jus\u00adtice n\u2019est point quelque chose qui ait une valeur en soi&nbsp;; elle n\u2019existe que dans les contrats mutuels, et s\u2019\u00e9tablit par\u00adtout o\u00f9 il y a enga\u00adge\u00adment r\u00e9ci\u00adproque de ne pas l\u00e9ser et de ne pas \u00eatre&nbsp;l\u00e9s\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>XVII<\/b>|]<\/p>\n<p>Le terme de la gran\u00addeur des plai\u00adsirs est la sup\u00adpres\u00adsion de tout ce qui cause la souffrance.<\/p>\n<p>[|<b>XVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Il n\u2019y a rien de redou\u00adtable dans la vie pour celui qui est r\u00e9el\u00adle\u00adment convain\u00adcu qu\u2019il n\u2019y a rien de redou\u00adtable dans la pri\u00adva\u00adtion de la&nbsp;vie.<\/p>\n<p>[|<b>XIX<\/b>|]<\/p>\n<p>Le plai\u00adsir dans la chair ne peut s\u2019accro\u00eetre, une fois que la dou\u00adleur cau\u00ads\u00e9e par le besoin aura dis\u00adpa\u00adru&nbsp;; il peut seule\u00adment se modifier.<\/p>\n<p>[|<b>XX<\/b>|]<\/p>\n<p>La for\u00adtune a peu de pou\u00advoir sur le sage&nbsp;; sa rai\u00adson a r\u00e9gl\u00e9 les choses les plus grandes et les plus impor\u00adtantes, et pen\u00addant toute la dur\u00e9e de la vie, elle les r\u00e8gle et les r\u00e9glera.<\/p>\n<p>[|<b>XXI<\/b>|]<\/p>\n<p>Nous en usons avec le bien, par moments comme avec un mal, et par\u00adfois nous nous ser\u00advons du mal comme d\u2019un bien. En g\u00e9n\u00e9\u00adral le juste est le m\u00eame pour tous, car il y a quelque chose d\u2019utile de vivre dans la soci\u00e9\u00adt\u00e9&nbsp;; mais, en par\u00adti\u00adcu\u00adlier, de la dif\u00adf\u00e9\u00adrence des lieux et de toutes autres causes, il r\u00e9sulte que la m\u00eame chose n\u2019est pas juste pour&nbsp;tous.<\/p>\n<p>[|<b>XXII<\/b>|]<\/p>\n<p>Les moyens stric\u00adte\u00adment n\u00e9ces\u00adsaires qui nous sont accor\u00add\u00e9s pour la conser\u00adva\u00adtion de notre nature consti\u00adtuent une grande richesse&nbsp;; mais la richesse qui ne conna\u00eet pas de bornes est une grande pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>XXIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Toute ami\u00adti\u00e9 est d\u00e9si\u00adrable pour elle-m\u00eame&nbsp;; elle a pour\u00adtant l\u2019int\u00e9r\u00eat comme point de d\u00e9part.<\/p>\n<p>[|<b>XXIV<\/b>|]<\/p>\n<p>Il faut rire et tout \u00e0 la fois phi\u00adlo\u00adso\u00adpher, gou\u00adver\u00adner sa mai\u00adson, user de tous les autres biens acquis, et ne pas se las\u00adser de r\u00e9p\u00e9\u00adter les maximes dic\u00adt\u00e9es par la vraie philosophie.<\/p>\n<p>[|<b>XXV<\/b>|]<\/p>\n<p>Le soleil fait le tour du monde et sa grande voix nous convie tous \u00e0 nous r\u00e9veiller pour la vie bienheureuse.<\/p>\n<p>[|<b>XXVI<\/b>|]<\/p>\n<p>Un esprit noble se consacre enti\u00e8\u00adre\u00adment \u00e0 la sagesse et \u00e0 l\u2019amiti\u00e9, deux biens, dont l\u2019un est mor\u00adtel, l\u2019autre immortel.<\/p>\n<p>[|<b>XXVII<\/b>|]<\/p>\n<p>Chez la plu\u00adpart des hommes, le calme est engour\u00addis\u00adse\u00adment, l\u2019\u00e9motion fureur.<\/p>\n<p>[|<b>XXVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Toute dou\u00adleur est n\u00e9gli\u00adgeable&nbsp;; si elle est intense elle est de courte dur\u00e9e, et si elle se pro\u00adlonge, elle s\u2019affaiblit.<\/p>\n<p>[|<b>XXIX<\/b>|]<\/p>\n<p>Toutes nos pen\u00ads\u00e9es viennent des&nbsp;sens.<\/p>\n<p>[|<b>XXX<\/b>|]<\/p>\n<p>De tous les biens que pro\u00adcure la sagesse pour la f\u00e9li\u00adci\u00adt\u00e9 de toute la vie, celui de l\u2019amiti\u00e9 est de beau\u00adcoup le plus&nbsp;grand.<\/p>\n<p>[|<b>XXXI<\/b>|]<\/p>\n<p>Seul le sage gar\u00adde\u00adra envers ses amis pr\u00e9\u00adsents ou absents une \u00e9gale bienveillance.<\/p>\n<p>[|<b>XXXII<\/b>|]<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas le jeune homme qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre envi\u00e9, mais le vieillard qui a v\u00e9cu une belle vie. Car celui qui n\u2019a pas encore atteint le som\u00admet de la vie est entra\u00ee\u00adn\u00e9 par le Des\u00adtin dans le tor\u00adrent des d\u00e9si\u00adrs contra\u00addic\u00adtoires&nbsp;; tan\u00addis que le vieillard abor\u00addant le port y voit les biens qu\u2019il avait aupa\u00adra\u00advant \u00e0 peine os\u00e9 esp\u00e9\u00adrer dans un abri&nbsp;s\u00fbr.<\/p>\n<p>[|<b>XXXIII<\/b>|]<\/p>\n<p>C\u2019est un mal que de vivre dans la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9, mais il n\u2019y a aucune n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 de vivre dans la n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>XXXIV<\/b>|]<\/p>\n<p>Ce qui, par\u00admi les choses esti\u00adm\u00e9es justes, est recon\u00adnu utile aux besoins de la soci\u00e9\u00adt\u00e9, \u00e0 la nature du juste, soit d\u2019ailleurs qu\u2019il se trouve \u00eatre le m\u00eame pour tous, ou qu\u2019il ne soit pas le m\u00eame. Et si quelque chose est \u00e9ta\u00adbli par la loi, mais qu\u2019il n\u2019en r\u00e9sulte point d\u2019avantage pour la soci\u00e9\u00adt\u00e9, cette chose n\u2019a plus la nature du&nbsp;juste.<\/p>\n<p>[|<b>XXXV<\/b>|]<\/p>\n<p>Nous ne nous d\u00e9ci\u00addons \u00e0 ch\u00e2\u00adtier les mau\u00advaises soci\u00e9\u00adt\u00e9s et les hommes per\u00advers, qu\u2019apr\u00e8s qu\u2019ils ont cau\u00ads\u00e9 beau\u00adcoup de ruines pen\u00addant longtemps.<\/p>\n<p>[|<b>XXXVI<\/b>|]<\/p>\n<p>Per\u00adsonne ne doit \u00eatre envi\u00e9. Car les bons ne m\u00e9ritent pas l\u2019envie, et les mis\u00e9\u00adrables, plus ils pros\u00adp\u00e8rent et plus ils se corrompent.&nbsp;<\/p>\n<p>[|<b>XXXVII<\/b>|]<\/p>\n<p>Quand l\u2019objet bien-aim\u00e9 est loin, quand les rela\u00adtions intimes et le com\u00admerce cessent, l\u2019amour s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n<p>[|<b>XXXVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Celui qui a plu\u00adsieurs rai\u00adsons bien fon\u00add\u00e9es pour quit\u00adter la vie, m\u00e9rite la piti\u00e9 de&nbsp;tous.<\/p>\n<p>[|<b>XXXIX<\/b>|]<\/p>\n<p>Les lois sont \u00e9ta\u00adblies pour les sages, non afin qu\u2019ils ne com\u00admettent pas d\u2019injustices, mais afin qu\u2019ils n\u2019en subissent pas.<\/p>\n<p>[|<b>XL<\/b>|]<\/p>\n<p>Notre vie ne doit pas \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e d\u2019apr\u00e8s les opi\u00adnions par\u00adti\u00adcu\u00adli\u00e8res et les vaines doc\u00adtrines, mais il faut nous effor\u00adcer de vivre sans trouble.<\/p>\n<p>[|<b>XLI<\/b>|]<\/p>\n<p>Quand on est jeune, il faut se mettre \u00e0 phi\u00adlo\u00adso\u00adpher, et quand on est vieux il ne faut pas se las\u00adser de phi\u00adlo\u00adso\u00adpher. Car il n\u2019est jamais trop t\u00f4t ou trop tard pour tra\u00advailler \u00e0 la san\u00adt\u00e9 de l\u2019\u00e2me. Celui qui dit que l\u2019heure de phi\u00adlo\u00adso\u00adpher n\u2019est pas encore arri\u00adv\u00e9e pour lui ou est d\u00e9j\u00e0 pas\u00ads\u00e9e, res\u00adsemble \u00e0 un homme qui dirait que l\u2019heure d\u2019\u00eatre heu\u00adreux n\u2019est pas encore venue pour lui ou qu\u2019elle n\u2019est plus. Il appar\u00adtient donc au jeune homme aus\u00adsi bien qu\u2019au vieillard de phi\u00adlo\u00adso\u00adpher, l\u2019un pour rajeu\u00adnir en culti\u00advant le bien et en se rap\u00adpe\u00adlant la gr\u00e2ce r\u00e9pan\u00addue sur ses jours pas\u00ads\u00e9s et l\u2019autre pour res\u00adter, quoique jeune, sans crainte en face de l\u2019avenir. Il faut par cons\u00e9\u00adquent m\u00e9di\u00adter sur les causes qui engendrent le bon\u00adheur, car si nous pos\u00ads\u00e9\u00addons celui-ci nous pos\u00ads\u00e9\u00addons tout, et s\u2019il nous manque nous fai\u00adsons tout notre pos\u00adsible pour l\u2019obtenir.<\/p>\n<p>[|<b>XLII<\/b>|]<\/p>\n<p>Il faut se gra\u00adver dans l\u2019esprit que la mort n\u2019est rien par rap\u00adport \u00e0 nous, car tout bien et tout mal r\u00e9side dans la sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. Or, la mort \u00e9tant la pri\u00adva\u00adtion com\u00adpl\u00e8te de la sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9, il en r\u00e9sulte la connais\u00adsance \u00e9vi\u00addente que la mort n\u2019est rien par rap\u00adport \u00e0 nous. Nous pou\u00advons ain\u00adsi jouir plei\u00adne\u00adment de notre vie mor\u00adtelle, \u00e9tant affran\u00adchis de l\u2019illusion d\u2019une dur\u00e9e infi\u00adnie et du d\u00e9sir de l\u2019immortalit\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>XLIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Celui-l\u00e0 est bien vain qui sou\u00adtient que la mort est \u00e0 craindre, non parce qu\u2019elle est affli\u00adgeante quand elle arrive, mais parce que sa pr\u00e9\u00advi\u00adsion est dou\u00adlou\u00adreuse. Car ce qui, actuel\u00adle\u00adment r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9, ne nous cause pas de mal, ne doit pas non plus nous ins\u00adpi\u00adrer de crainte pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p>[|<b>XLIV<\/b>|]<\/p>\n<p>Et c\u2019est pour\u00adquoi il ne faut pas consi\u00add\u00e9\u00adrer la mort comme le plus ter\u00adrible des mal\u00adheurs, car tant que nous exis\u00adtons la mort est absente, et quand la mort arrive nous ne sommes plus.<\/p>\n<p>[|<b>XLV<\/b>|]<\/p>\n<p>La mort n\u2019existe ni pour les vivants ni pour les morts, car elle n\u2019a rien de com\u00admun avec les pre\u00admiers, et quand elle arrive les der\u00adniers n\u2019existent plus. Mais la plu\u00adpart tan\u00adt\u00f4t fuient la mort comme le plus effrayant des maux, tan\u00adt\u00f4t la d\u00e9si\u00adrent comme terme de leurs souffrances.<\/p>\n<p>[|<b>XLVI<\/b>|]<\/p>\n<p>Rien ne vient du n\u00e9ant. Car si les choses n\u2019avaient pas besoin de germes pour se pro\u00adduire, tout pour\u00adrait na\u00eetre de tout. Et si tout ce qui dis\u00adpa\u00adra\u00eet \u00e0 nos yeux se r\u00e9sol\u00advait en non-\u00eatre, toutes les choses auraient d\u00e9j\u00e0 p\u00e9ri, \u00e9tant don\u00adn\u00e9 qu\u2019il n\u2019y aurait rien en quoi elles pour\u00adraient se dis\u00adsoudre. L\u2019univers a tou\u00adjours \u00e9t\u00e9 ce qu\u2019il est main\u00adte\u00adnant et il sera tel \u00e9ter\u00adnel\u00adle\u00adment. Il n\u2019y a rien en dehors de l\u2019univers en quoi il puisse se trans\u00adfor\u00admer, ni rien non plus qui agis\u00adsant sur lui puisse y pro\u00adduire un changement.<\/p>\n<p>[|<b>XLVII<\/b>|]<\/p>\n<p>L\u2019univers se com\u00adpose de corps et d\u2019espace vide. Ce sont les sen\u00adsa\u00adtions par-des\u00adsus tout qui rendent t\u00e9moi\u00adgnage de l\u2019existence des corps, et c\u2019est sur elles que le rai\u00adson\u00adne\u00adment s\u2019appuie n\u00e9ces\u00adsai\u00adre\u00adment pour faire des conjec\u00adtures sur les choses cach\u00e9es. Que si l\u2019espace \u2013 que nous appe\u00adlons aus\u00adsi le vide, l\u2019\u00e9tendue ou l\u2019essence intan\u00adgible \u2013 n\u2019existait pas, les corps n\u2019auraient ni si\u00e8ge o\u00f9 r\u00e9si\u00adder, ni inter\u00advalle o\u00f9 se mou\u00advoir, comme ils semblent r\u00e9el\u00adle\u00adment le faire. Hors de ces deux choses, nous ne pou\u00advons rien conna\u00eetre, ni d\u2019une fa\u00e7on imm\u00e9\u00addiate, ni par ana\u00adlo\u00adgie&nbsp;: il s\u2019agit de choses bien enten\u00addu que nous conce\u00advons comme sub\u00adstances, et non de celles que nous appe\u00adlons acci\u00addents ou qua\u00adli\u00adt\u00e9s non essentielles.<\/p>\n<p>[|<b>XLVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Par\u00admi les corps il faut dis\u00adtin\u00adguer ceux qui sont com\u00adpo\u00ads\u00e9s et ceux dont les com\u00adpo\u00ads\u00e9s sont faits. Ces der\u00adniers sont ins\u00e9\u00adcables et immuables, condi\u00adtion indis\u00adpen\u00adsable pour que toutes les choses ne se r\u00e9solvent pas en non-\u00eatre. Car il faut qu\u2019il y ait quelque chose de stable au milieu des choses qui se d\u00e9com\u00adposent, c\u2019est-\u00e0-dire une sub\u00adstance d\u2019une nature indes\u00adtruc\u00adtible, sur laquelle rien ne puisse avoir prise. Les atomes consti\u00adtuent ain\u00adsi les vrais prin\u00adcipes des choses.<\/p>\n<p>[|<b>XLIX<\/b>|]<\/p>\n<p>L\u2019univers est infi\u00adni. En effet, ce qui est fini a une limite. Mais la limite d\u2019une chose ne peut \u00eatre envi\u00adsa\u00adg\u00e9e que par rap\u00adport \u00e0 quelque chose d\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 elle&nbsp;; or, l\u2019univers, qui embrasse tout, ne peut \u00eatre envi\u00adsa\u00adg\u00e9 par rap\u00adport \u00e0 quelque chose d\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 lui&nbsp;; il n\u2019a donc point d\u2019extr\u00e9mit\u00e9, et par cons\u00e9\u00adquent point de limite, et n\u2019ayant point de limite, il faut qu\u2019il soit infi\u00adni et non pas bor\u00adn\u00e9. L\u2019univers est encore infi\u00adni par rap\u00adport au nombre des corps et l\u2019\u00e9tendue du vide. En effet, si le vide \u00e9tait infi\u00adni et le nombre des corps fini, ceux-ci ne pour\u00adraient se fixer nulle part, mais empor\u00adt\u00e9s \u00e0 tra\u00advers le vide infi\u00adni ils se dis\u00adper\u00adse\u00adraient, n\u2019ayant pas de sup\u00adport o\u00f9 s\u2019appuyer ni la pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 d\u2019\u00eatre agglo\u00adm\u00e9\u00adr\u00e9s par des chocs. Et si le vide \u00e9tait fini, et le nombre des corps infi\u00adni, ceux-ci n\u2019auraient pas assez de place pour y r\u00e9sider.<\/p>\n<p>[|<b>L<\/b>|]<\/p>\n<p>Par\u00admi les corps il faut dis\u00adtin\u00adguer les com\u00adpo\u00ads\u00e9s et les \u00e9l\u00e9\u00admen\u00adtaires. Ceux-ci sont ins\u00e9\u00adcables et immuables, condi\u00adtion n\u00e9ces\u00adsaire pour que toutes choses ne se r\u00e9solvent pas en non-\u00eatre. Ils res\u00adtent per\u00adma\u00adnents quand les choses se sont d\u00e9com\u00adpo\u00ads\u00e9es, \u00e9tant don\u00adn\u00e9 qu\u2019ils sont d\u2019une nature abso\u00adlu\u00adment com\u00adpacte et ne peuvent d\u2019aucune mani\u00e8re se dis\u00adsoudre. Les prin\u00adcipes des corps doivent de toute n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 \u00eatre des \u00e9l\u00e9\u00adments ins\u00e9cables.<\/p>\n<p>[|<b>LI<\/b>|]<\/p>\n<p>Les atomes, dont sont for\u00adm\u00e9s les corps com\u00adpo\u00ads\u00e9s et en les\u00adquels ils se r\u00e9solvent, sont abso\u00adlu\u00adment pleins et pos\u00ads\u00e8dent en outre une vari\u00e9\u00adt\u00e9 infi\u00adnie de formes&nbsp;; car il est impos\u00adsible qu\u2019une si pro\u00addi\u00adgieuse-vari\u00e9\u00adt\u00e9 pro\u00advienne d\u2019un nombre res\u00adtreint de formes tou\u00adjours les m\u00eames. Chaque forme peut \u00eatre repr\u00e9\u00adsen\u00adt\u00e9e par un nombre infi\u00adni d\u2019atomes&nbsp;; mais par rap\u00adport \u00e0 leurs dif\u00adf\u00e9\u00adrences, les atomes ne sont pas abso\u00adlu\u00adment infi\u00adnis, mais seule\u00adment ind\u00e9finis.<\/p>\n<p>[|<b>LII<\/b>|]<\/p>\n<p>Les atomes sont dans un mou\u00adve\u00adment per\u00adp\u00e9\u00adtuel. Les uns laissent sub\u00adsis\u00adter entre eux de grandes dis\u00adtances, d\u2019autres, en d\u00e9viant de leur tra\u00adjec\u00adtoire, s\u2019accrochent \u00e0 un corps com\u00adpo\u00ads\u00e9 ou sont entre\u00adla\u00adc\u00e9s par lui et conservent l\u2019impulsion re\u00e7ue.<\/p>\n<p>[|<b>LIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Les mondes existent en nombre infi\u00adni. Ils sont en par\u00adtie sem\u00adblables au monde que nous connais\u00adsons, en par\u00adtie ils en dif\u00adf\u00e8rent. Car les atomes \u00e9tant en nombre infi\u00adni, ils peuvent se mou\u00advoir dans les lieux les plus \u00e9loi\u00adgn\u00e9s, et leur nombre n\u2019\u00e9tant pas \u00e9pui\u00ads\u00e9 par la for\u00adma\u00adtion de ce monde, ni par la for\u00adma\u00adtion d\u2019un nombre fini de mondes, sem\u00adblables ou non au n\u00f4tre, il s\u2019ensuit que rien n\u2019emp\u00eache l\u2019existence d\u2019une infi\u00adni\u00adt\u00e9 de mondes.<\/p>\n<p>[|<b>LIV<\/b>|]<\/p>\n<p>De toutes les qua\u00adli\u00adt\u00e9s que pr\u00e9\u00adsentent les ph\u00e9\u00adno\u00adm\u00e8nes, les atomes n\u2019en pos\u00ads\u00e8dent que celles de la figure, du poids et de la gran\u00addeur, et celles qui appar\u00adtiennent n\u00e9ces\u00adsai\u00adre\u00adment \u00e0 la figure. Toute qua\u00adli\u00adt\u00e9 est sujette au chan\u00adge\u00adment, les atomes au contraire ne changent nul\u00adle\u00adment, car il faut qu\u2019il y ait \u00e0 la base des corps com\u00adpo\u00ads\u00e9s et dis\u00adso\u00adlubles quelque chose de solide et d\u2019indissoluble, capable de pro\u00adduire les chan\u00adge\u00adments par d\u00e9pla\u00adce\u00adment de par\u00adties, sans les r\u00e9duire au n\u00e9ant ou leu en fai\u00adsant sor\u00adtir. C\u2019est pour\u00adquoi il est n\u00e9ces\u00adsaire que les \u00e9l\u00e9\u00adments qui se d\u00e9placent soient indes\u00adtruc\u00adtibles et \u00e0 l\u2019abri du chan\u00adge\u00adment, et pos\u00ads\u00e8dent seule\u00adment comme pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9s carac\u00adt\u00e9\u00adris\u00adtiques masse et figure. Et il est abso\u00adlu\u00adment n\u00e9ces\u00adsaire de faire cette supposition.<\/p>\n<p>[|<b>LV<\/b>|]<\/p>\n<p>On ne peut pas sou\u00adte\u00adnir, si l\u2019on veut \u00eatre d\u2019accord avec le t\u00e9moi\u00adgnage des ph\u00e9\u00adno\u00adm\u00e8nes, que les atomes peuvent avoir toute sorte de gran\u00addeur, mais il faut admettre que leur gran\u00addeur est infime. En admet\u00adtant cela, il devient plus facile de rendre compte des sen\u00adti\u00adments et des sen\u00adsa\u00adtions. Il est tout \u00e0 fait inutile d\u2019admettre toutes sortes de gran\u00addeurs dans les atomes pour expli\u00adquer les chan\u00adge\u00adments qua\u00adli\u00adta\u00adtifs. Si le contraire \u00e9tait vrai, les atomes devraient deve\u00adnir visibles pour nous, ce qui n\u2019arrive jamais et qu\u2019on ne peut m\u00eame pas conce\u00advoir comme pos\u00adsible. Pour toutes ces rai\u00adsons, il n\u2019est pas per\u00admis de pen\u00adser qu\u2019il puisse y avoir dans un corps d\u00e9ter\u00admi\u00adn\u00e9 des cor\u00adpus\u00adcules en nombre infi\u00adni et d\u2019une gran\u00addeur quelconque.<\/p>\n<p>[|<b>LVI<\/b>|]<\/p>\n<p>L\u2019univers dans son \u00e9ten\u00addue infi\u00adnie ne pos\u00ads\u00e8de ni haut ni bas, si l\u2019on entend par l\u00e0 que le haut est au plus haut pos\u00adsible et que le bas est au plus bas pos\u00adsible. Nous savons cepen\u00addant que ce qui s\u2019\u00e9tend au-des\u00adsus de notre t\u00eate \u00e0 l\u2019infini ne peut jamais \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme situ\u00e9 en bas, et que ce qui se pro\u00adlonge \u00e0 l\u2019infini au-des\u00adsous de nos pieds ne peut jamais \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme situ\u00e9 en haut et en bas par rap\u00adport au m\u00eame objet&nbsp;: une telle chose ne peut pas se concevoir.<\/p>\n<p>[|<b>LVII<\/b>|]<\/p>\n<p>Les atomes, ne ren\u00adcon\u00adtrant aucune r\u00e9sis\u00adtance dans leurs mou\u00adve\u00adments \u00e0 tra\u00advers le vide, sont ani\u00adm\u00e9s de vitesses \u00e9gales. Les atomes lourds, en effet, ne se meuvent pas plus vite que les atomes qui sont petits et l\u00e9gers, \u00e9tant don\u00adn\u00e9 que ni les uns ni les autres ne ren\u00adcontrent aucun obs\u00adtacle. Et les petits atomes ne se mou\u00advront pas plus len\u00adte\u00adment que les grands, puisque le pas\u00adsage est \u00e9gal pour tous et qu\u2019ils ne ren\u00adcontrent aucun obstacle.<\/p>\n<p>[|<b>LVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>L\u2019\u00e2me est un corps sub\u00adtil r\u00e9pan\u00addu dans tout l\u2019agr\u00e9gat cor\u00adpo\u00adrel&nbsp;; elle res\u00adsemble beau\u00adcoup \u00e0 un souffle et pos\u00ads\u00e8de un cer\u00adtain degr\u00e9 de cha\u00adleur, car elle est sem\u00adblable d\u2019une part au souffle, d\u2019autre part \u00e0 la cha\u00adleur. Elle l\u2019emporte de beau\u00adcoup en sub\u00adti\u00adli\u00adt\u00e9 sur le souffle et la cha\u00adleur, et c\u2019est pour\u00adquoi elle est m\u00eal\u00e9e plus inti\u00adme\u00adment \u00e0 l\u2019agr\u00e9gat cor\u00adpo\u00adrel, qui est main\u00adte\u00adnu \u00e0 l\u2019\u00e9tat de vie par ses puis\u00adsances et ses pas\u00adsions, par ses mou\u00adve\u00adments rapides et ses pen\u00ads\u00e9es, et tout ce dont la pri\u00adva\u00adtion nous fait mou\u00adrir. Il faut encore rete\u00adnir que l\u2019\u00e2me contient en elle la cause prin\u00adci\u00adpale de la sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Quand le corps a ache\u00adv\u00e9 de se dis\u00adsoudre, l\u2019\u00e2me se dis\u00adperse enti\u00e8\u00adre\u00adment, elle ne pos\u00ads\u00e8de plus les m\u00eames facul\u00adt\u00e9s, n\u2019est plus capable de se mou\u00advoir, et ne pos\u00ads\u00e8de m\u00eame pas la sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. Il est impos\u00adsible de conce\u00advoir que l\u2019\u00e2me puisse r\u00e9si\u00adder ailleurs que dans la consti\u00adtu\u00adtion cor\u00adpo\u00adrelle et sans qu\u2019elle fasse usage des mou\u00adve\u00adments inh\u00e9\u00adrents \u00e0 cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>[|<b>LIX<\/b>|]<\/p>\n<p>En dehors du vide, il n\u2019existe rien d\u2019incorporel. Le vide ne peut ni agir ni p\u00e2tir, il pro\u00adcure seule\u00adment aux corps la pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de se mou\u00advoir \u00e0 tra\u00advers lui. Ceux par cons\u00e9\u00adquent qui sou\u00adtiennent que l\u2019\u00e2me est une sub\u00adstance incor\u00adpo\u00adrelle pro\u00adnoncent de vaines paroles. Car si elle \u00e9tait incor\u00adpo\u00adrelle elle ne pour\u00adrait ni agir ni p\u00e2tir, deux mani\u00adfes\u00adta\u00adtions que nous ren\u00adcon\u00adtrons cepen\u00addant tou\u00adjours dans l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>[|<b>LX<\/b>|]<\/p>\n<p>Les figures, les cou\u00adleurs, les gran\u00addeurs, les poids, et toutes les autres pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9s que nous attri\u00adbuons soit \u00e0 tous les corps soit aux corps visibles seule\u00adment, ne doivent pas \u00eatre regar\u00add\u00e9s comme \u00e9tant capables d\u2019exister par eux-m\u00eames, car cela est inconcevable.<\/p>\n<p>[|<b>LXI<\/b>|]<\/p>\n<p>Les mondes et tout corps fini, qui res\u00adsemble \u00e0 ce que nous voyons autour de nous, tirent leur ori\u00adgine de la sub\u00adstance infi\u00adnie. Ces mondes et ces corps se modi\u00adfient au milieu des tour\u00adbillons grands et petits. Ils se dis\u00adsolvent ensuite, les uns plus rapi\u00adde\u00adment, les autres plus len\u00adte\u00adment, leur des\u00adtruc\u00adtion \u00e9tant d\u00e9ter\u00admi\u00adn\u00e9e par des causes vari\u00e9es.<\/p>\n<p>[|<b>LXII<\/b>|]<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas n\u00e9ces\u00adsaire que les mondes aient une seule et unique figure. Il est plus vrai\u00adsem\u00adblable qu\u2019ils sont de formes dif\u00adf\u00e9\u00adrentes, les uns sph\u00e9\u00adriques, les autres ovales, et que d\u2019autres pos\u00ads\u00e8dent d\u2019autres formes encore. Il ne faut cepen\u00addant pas croire qu\u2019ils peuvent pos\u00ads\u00e9\u00adder toutes les formes imaginables.<\/p>\n<p>[|<b>LXIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Les ani\u00admaux, les plantes et tous les autres \u00eatres que nous obser\u00advons autour de nous, existent dans tous les mondes, car il est impos\u00adsible de four\u00adnir la preuve que tel monde est capable de conte\u00adnir les germes des ani\u00admaux, des plantes et des autres \u00eatres, tan\u00addis qu\u2019un autre monde en est tota\u00adle\u00adment d\u00e9pourvu.<\/p>\n<p>[|<b>LXIV<\/b>|]<\/p>\n<p>Notre nature, quand elle est en contact avec les choses, en apprend beau\u00adcoup et se modi\u00adfie sous la contrainte de la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9. La r\u00e9flexion par\u00adach\u00e8ve les dons de la nature et les com\u00adpl\u00e8te par des inven\u00adtions, plus vite dans cer\u00adtains cas, plus len\u00adte\u00adment dans d\u2019autres. Dans cer\u00adtaines p\u00e9riodes elle fait des pro\u00adgr\u00e8s plus grands, dans d\u2019autres de moins d\u2019importance.<\/p>\n<p>[|<b>LXV<\/b>|]<\/p>\n<p>Les noms des choses n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9ta\u00adblis au d\u00e9but par conven\u00adtion. C\u2019est la nature humaine elle-m\u00eame qui, dans chaque peuple, par suite des affec\u00adtions \u00e9prou\u00adv\u00e9es et des per\u00adcep\u00adtions re\u00e7ues a \u00e9t\u00e9 contrainte d\u2019\u00e9mettre des sons par\u00adti\u00adcu\u00adliers \u2014\u2026 qui dif\u00adf\u00e8rent consi\u00add\u00e9\u00adra\u00adble\u00adment de peuple \u00e0 peuple. Et c\u2019est ain\u00adsi que dans la suite chaque nation s\u2019est consti\u00adtu\u00e9e un lan\u00adgage propre, et com\u00admun \u00e0 tous ses membres, pour d\u00e9si\u00adgner les choses avec moins d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 et plus de bri\u00e8vet\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>LXVI<\/b>|]<\/p>\n<p>Il ne faut pas croire que les mou\u00adve\u00adments des m\u00e9t\u00e9ores, les sol\u00adstices, les \u00e9clipses, les levers et les cou\u00adchers des astres, et les autres choses du m\u00eame genre se pro\u00adduisent sous le gou\u00adver\u00adne\u00adment ou l\u2019ordre d\u2019un \u00eatre qui jouit de la sou\u00adve\u00adraine b\u00e9a\u00adti\u00adtude et de l\u2019immortalit\u00e9, car les occu\u00adpa\u00adtions, les sou\u00adcis, les col\u00e8res, les actes de bon\u00adt\u00e9 ne s\u2019accordent point avec la b\u00e9a\u00adti\u00adtude, mais sont plu\u00adt\u00f4t \u00e9troi\u00adte\u00adment atta\u00adch\u00e9s \u00e0 la fai\u00adblesse, \u00e0 la crainte et \u00e0 l\u2019imperfection.<\/p>\n<p>[|<b>LXVII<\/b>|]<\/p>\n<p>Il en est des ph\u00e9\u00adno\u00adm\u00e8nes c\u00e9lestes comme de tous les autres il faut les \u00e9tu\u00addier en eux-m\u00eames ou les rat\u00adta\u00adcher \u00e0 d\u2019autres ques\u00adtions, car leur connais\u00adsance ne peut viser qu\u2019un seul r\u00e9sul\u00adtat&nbsp;: l\u2019ataraxie et la ferme confiance.<\/p>\n<p>[|<b>LXVIII<\/b>|]<\/p>\n<p>Il ne faut pas \u00e9tu\u00addier la nature en se lais\u00adsant gui\u00adder par les vaines opi\u00adnions et les r\u00e8gles arbi\u00adtraires des hommes, mais en obser\u00advant ses ph\u00e9nom\u00e8nes.<\/p>\n<p>[|<b>LIX<\/b>|]<\/p>\n<p>Toutes choses sont engen\u00addr\u00e9es d\u2019une mani\u00e8re immuable. Il faut res\u00adter d\u2019accord avec les ph\u00e9\u00adno\u00adm\u00e8nes en les expli\u00adquant par plu\u00adsieurs hypo\u00adth\u00e8ses et en lais\u00adsant sub\u00adsis\u00adter tout ce qui n\u2019est que probable.<\/p>\n<p>[|<b>LX<\/b>|]<\/p>\n<p>Il faut conce\u00advoir Dieu comme un \u00eatre immor\u00adtel et bien\u00adheu\u00adreux, comme la notion com\u00admune de Dieu le sug\u00adg\u00e8re d\u00e9j\u00e0, et ne pas lui attri\u00adbuer ce qui est en d\u00e9sac\u00adcord avec l\u2019immortalit\u00e9 et la b\u00e9a\u00adti\u00adtude. Il faut sup\u00adpo\u00adser qu\u2019il pos\u00ads\u00e8de toutes les pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9s qui assurent son immor\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9 et sa b\u00e9atitude.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que les dieux existent et la connais\u00adsance que nous en avons est abso\u00adlu\u00adment cer\u00adtaine, mais ils ne sont pas tels que la plu\u00adpart se les ima\u00adginent. Car l\u2019impie n\u2019est pas celui qui sup\u00adprime les dieux de la foule, mais celui qui applique aux dieux les opi\u00adnions de la foule. Les opi\u00adnions de la foule, en effet, ne reposent pas sur les id\u00e9es inn\u00e9es, mais sur les pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s. De l\u00e0 il vient que les m\u00e9chants attri\u00adbuent aux dieux les mal\u00adheurs qui leur arrivent, et de m\u00eame les bons les bien\u00adfaits. La plu\u00adpart accueillent favo\u00adra\u00adble\u00adment ce qui res\u00adsemble \u00e0 leurs ver\u00adtus, et rejettent ce qui ne s\u2019y conforme pas\u2026<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[|I|] Le sage ne s\u2019attache pas d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9\u00adment \u00e0 la vie, elle ne lui est pas non plus \u00e0 charge, et il ne pense pas que c\u2019est un mal que de ces\u00adser de vivre. Et de m\u00eame qu\u2019on ne recherche pas la plu\u00adpart du temps la nour\u00adri\u00adture la plus abon\u00addante, mais la plus agr\u00e9able, pareille\u00adment&nbsp;on&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[507],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-4108","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-supplement-a-lunique-n115-118"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4108"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4108\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4108"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=4108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}