{"id":4136,"date":"2020-07-16T11:00:10","date_gmt":"2020-07-16T11:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/16\/ce-pauvre-indiena\/"},"modified":"2020-07-16T11:00:10","modified_gmt":"2020-07-16T11:00:10","slug":"ce-pauvre-indiena","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/16\/ce-pauvre-indiena\/","title":{"rendered":"Ce pauvre Indien\u00c2&nbsp;!"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4136?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4136?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>Dans un livre d\u00e9nom\u00adm\u00e9 <sc>tra\u00advel<\/sc> (voyage), un am\u00e9\u00adri\u00adcain, J. P. Mc Eloy, fait part des r\u00e9flexions qu\u2019a sus\u00adci\u00adt\u00e9es chez lui son s\u00e9jour dans l\u2019Am\u00e9rique Cen\u00adtrale. Autre\u00adfois, avant, le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re ato\u00admique. \u00e9crit-il, les endroits les plus recu\u00adl\u00e9s du monde \u00e9taient enva\u00adhis par des tou\u00adristes bruyants qui voya\u00adgeaient \u00ab&nbsp;pour s\u2019\u00e9vader&nbsp;\u00bb. Aujourd\u2019\u00adhui, les tou\u00adristes ont repris la route, mais ce n\u2019est pas seule\u00adment pour s\u2019\u00e9vader du monde, c\u2019est pour cher\u00adcher un lieu o\u00f9 ils seraient \u00e0 l\u2019abri lorsque la folie des hommes d\u00e9clen\u00adche\u00adra la catastrophe.<\/p>\n<p>Le lieu r\u00eav\u00e9 devrait \u00eatre salubre, pit\u00adto\u00adresque, et de tel\u00adle\u00adment peu d\u2019importance au point de vue \u00e9co\u00adno\u00admique et poli\u00adtique qu\u2019il ne vien\u00addrait \u00e0 per\u00adsonne l\u2019id\u00e9e de gas\u00adpiller une bombe ato\u00admique pour le rava\u00adger. Ses habi\u00adtants devraient \u00eatre des hommes endur\u00adcis dont la race a sur\u00adv\u00e9\u00adcu aux innom\u00adbrables fl\u00e9aux du pas\u00ads\u00e9 et se trou\u00adver dou\u00e9e d\u2019une phi\u00adlo\u00adso\u00adphie assez op\u00e9\u00adrante pour sur\u00admon\u00adter la ter\u00adreur d\u2019un futur impr\u00e9visible.<\/p>\n<p>J. P. Mac Eloy croit avoir d\u00e9cou\u00advert l\u2019endroit r\u00eav\u00e9 \u2013 tout au moins pour ce qui le concerne. C\u2019est un vil\u00adlage du nom de Chi\u00adchi\u00adcas\u00adte\u00adnan\u00adgo, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cart, sur les hauts pla\u00adteaux du Gua\u00adte\u00adma\u00adla, \u00e0 7&nbsp;000. pieds au-des\u00adsus du niveau de la mer. Des ravins l\u2019entourent de tous c\u00f4t\u00e9s, il est gar\u00add\u00e9 par un cercle de col\u00adlines rocailleuses.<\/p>\n<p>Les habi\u00adtants de ce vil\u00adlage sont des indiens Quiche, des sur\u00advi\u00advants de la grande race Maya.  Les conquis\u00adta\u00addors espa\u00adgnols n\u2019ont pu par\u00adve\u00adnir \u00e0 les exter\u00admi\u00adner, ni les bons p\u00e8res \u00e0 les paci\u00adfier. Les trem\u00adble\u00adments de terre n\u2019en ont pas eu rai\u00adson, pas davan\u00adtage les inon\u00adda\u00adtions, etc. Lorsque la lave des vol\u00adcans recou\u00advrait leurs vil\u00adlages, ils se d\u00e9ter\u00adraient par leurs propres moyens et s\u2019en allaient, pro\u00advo\u00adcants, semer leur bl\u00e9 au bord des cra\u00adt\u00e8res fumants \u2013 ils le font encore.<\/p>\n<p>Le voi\u00adsin de notre voya\u00adgeur, quand il revint pour s\u2019\u00e9tablir en ce lieu \u00e9car\u00adt\u00e9, \u00e9tait un cer\u00adtain indien Quiche-Maya qui man\u00adquait de coif\u00adfure et de chaus\u00adsures, mais vivait ce qui est consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 \u00e0 Chi\u00adchi\u00adcas\u00adte\u00adnan\u00adgo comme une exis\u00adtence confor\u00adtable avec un mini\u00admum de d\u00e9pense d\u2019\u00e9nergie. Les orchi\u00add\u00e9es sont son gagne-pain. Le matin il des\u00adcend dans le ravin le plus proche et cueille une branche d\u2019orchid\u00e9es. Puis il tourne autour de l\u2019auberge indienne et offre sa branche avec indif\u00adf\u00e9\u00adrence, mais avec digni\u00adt\u00e9. Lors\u00adqu\u2019un tou\u00adriste lui demande son prix, il sou\u00adrit et indique la pre\u00admi\u00e8re somme fan\u00adtas\u00adtique \u2013 pour l\u2019endroit \u2013 qui lui vient \u00e0 l\u2019esprit \u2013 par\u00adfois 50 cents. Mac Eloy com\u00admit une fois l\u2019erreur, ne connais\u00adsant pas les habi\u00adtudes du pays, de lui accor\u00adder le prix r\u00e9cla\u00adm\u00e9 (n\u2019importe quel fleu\u00adriste de New-York aurait pay\u00e9 la branche 20 dol\u00adlars). Il mit les 50 cents dans sa poche et s\u2019en alla tout d\u00e9con\u00adfit&nbsp;; sa jour\u00adn\u00e9e \u00e9tait g\u00e2t\u00e9e, il n\u2019avait plus d\u2019excuse pour errer autour de l\u2019h\u00f4tellerie, contem\u00adplant ces \u00e9tran\u00adgers \u00e0 l\u2019aspect curieux, en culotte de golf et la cam\u00e9\u00adra en ban\u00addou\u00adli\u00e8re. D\u2019or\u00addi\u00adnaire, il garde ses orchi\u00add\u00e9es jus\u00adqu\u2019\u00e0 la chute du jour o\u00f9 il les c\u00e8de alors pour 15 cents, son tout-tout der\u00adnier&nbsp;prix.<\/p>\n<p>L\u2019indien du Gua\u00adte\u00adma\u00adla est peut-\u00eatre l\u2019\u00eatre humain le moins bruyant et rien n\u2019est plus amu\u00adsant que la stu\u00adp\u00e9\u00adfac\u00adtion des tou\u00adristes lors\u00adqu\u2019ils entrent en contact avec cette race sombre et s\u00e9v\u00e8re. Voi\u00adci un impor\u00adtant mar\u00adch\u00e9 du dimanche matin, la vieille place en face de l\u2019\u00e9glise est pleine  \u00e0 cra\u00adquer d\u2019indiens. Il y en a peut-\u00eatre 5&nbsp;000 et on les entend \u00e0 peine. M\u00ealez-vous \u00e0 un groupe de ces hommes en train de mar\u00adchan\u00adder, vous n\u2019entendrez qu\u2019un mur\u00admure s\u2019\u00e9levant de temps \u00e0 autre et entre de longs silences, une sorte de gro\u00adgne\u00adment mono\u00adsyl\u00adla\u00adbique. Les tran\u00adsac\u00adtions com\u00admer\u00adciales s\u2019op\u00e8rent de la m\u00eame fa\u00e7on&nbsp;: un jeu de pau\u00adpi\u00e8res, un mou\u00adve\u00adment des \u00e9paules, un regard fur\u00adtif \u00e9chan\u00adg\u00e9 entre l\u2019acheteur et sa com\u00adpagne. Fina\u00adle\u00adment, et par un pro\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 trop sub\u00adtil pour qu\u2019on s\u2019en rende compte, cette pri\u00admi\u00adtive guerre des nerfs cesse, la r\u00e9sis\u00adtance du ven\u00addeur est vain\u00adcue, la der\u00adni\u00e8re offre accep\u00adt\u00e9e et l\u2019affaire conclue.<\/p>\n<p>Si l\u2019indien du Gua\u00adte\u00adma\u00adla est le moins bruyant des hommes, le tou\u00adriste am\u00e9\u00adri\u00adcain est celui qui fait le plus de vacarme. Une fois qu\u2019il a quit\u00adt\u00e9 sa ville, qu\u2019il n\u2019a plus rien \u00e0 craindre de la curio\u00adsi\u00adt\u00e9 mal\u00adveillante, des can\u00adcans, de la cen\u00adsure de ses parents et voi\u00adsins, il se croit, par quelque op\u00e9\u00adra\u00adtion magique, deve\u00adnu invi\u00adsible. Il se meut, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans un monde \u00e9trange, mer\u00adveilleux, habi\u00adt\u00e9 par des gens qui ne com\u00adprennent pas ce qu\u2019il dit, ne s\u2019int\u00e9ressent pas \u00e0 ce qu\u2019il pense et semblent igno\u00adrer ce qu\u2019il fait. Toutes ses inhi\u00adbi\u00adtions dis\u00adpa\u00adraissent. Pour une fois dans sa vie tour\u00admen\u00adt\u00e9e, il dit et fait ce qui lui chante.<\/p>\n<p>L\u2019indien de Chi\u00adchi\u00adcas\u00adte\u00adnan\u00adgo est plus habile, cepen\u00addant, que ce tou\u00adriste qui s\u2019est pro\u00adcu\u00adr\u00e9 la pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de s\u2019\u00e9chapper de la cage o\u00f9 sa r\u00e9us\u00adsite le for\u00ad\u00e7ait de tour\u00adner en rond, pour vivre un petit peu de temps en liber\u00adt\u00e9 et jouir du sen\u00adti\u00adment de sa sup\u00e9\u00adrio\u00adri\u00adt\u00e9 sur ces indiens non-civi\u00adli\u00ads\u00e9s. Point civi\u00adli\u00ads\u00e9s peut-\u00eatre, mais, comme l\u2019a \u00e9crit un savant qui pas\u00adsa plu\u00adsieurs ann\u00e9es \u00e0 les \u00e9tudier&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Ces indiens ne tombent pas morts \u00e0 la suite de fai\u00adblesse car\u00addiaque, ils n\u2019emplissent pas les \u00e9ta\u00adblis\u00adse\u00adments psy\u00adcho-th\u00e9\u00adra\u00adpiques, ne demandent pas d\u2019allocations \u00e0 la soci\u00e9\u00adt\u00e9. L\u2019homme blanc semble avoir per\u00addu confiance en soi-m\u00eame et en son esp\u00e8ce. L\u2019hyst\u00e9rie, si r\u00e9pan\u00addue actuel\u00adle\u00adment, n\u2019est au fond que la panique de l\u2019incertitude concer\u00adnant ses trois repas par jour. L\u2019Indien entoure son esto\u00admac contrac\u00adt\u00e9 d\u2019une cein\u00adture tis\u00ads\u00e9e de ses propres mains. Il est capable de bon\u00adheur tout en ayant faim. Son der\u00adnier repas ache\u00adv\u00e9, il s\u2019abandonne au som\u00admeil, serei\u00adne\u00adment confiant en lui-m\u00eame et en la bien\u00adfai\u00adsance de la nature.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Ce pauvre indien&nbsp;! Il est l\u2019Entreprise Pri\u00adv\u00e9e incar\u00adn\u00e9e. Il pro\u00adduit par lui-m\u00eame tout ce qui est n\u00e9ces\u00adsaire \u00e0 son ali\u00admen\u00adta\u00adtion, confec\u00adtionne tout\tqui lui est n\u00e9ces\u00adsaire pour se v\u00eatir, fabrique tout ce qu\u2019il vend. Il ne conna\u00eet pas les \u00e9ch\u00e9ances, les conflits sociaux, il ne conna\u00eet pas d\u2019inspecteurs v\u00e9ri\u00adfiant ses livres de comp\u00adta\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. Avec ou sans tou\u00adristes, il a tou\u00adjours, hors du vil\u00adlage ou de la ville, son petit, lopin de terre o\u00f9 il cultive son bl\u00e9 (<em>mil\u00adpa<\/em>) qui lui pro\u00adcure sa nour\u00adri\u00adture avec un petit sur\u00adplus qu\u2019il charge sur son dos pour le por\u00adter \u00e0 la ville un jour de mar\u00adch\u00e9 et l\u2019\u00e9changer tan\u00adt\u00f4t contre du sel ou du poivre, tan\u00adt\u00f4t contre des nattes de jonc pro\u00adve\u00adnant de vil\u00adlages bor\u00addant le lac, ou encore contre une cou\u00adver\u00adture tis\u00ads\u00e9e \u00e0 la&nbsp;main.<\/p>\n<p>Ses besoins tem\u00adpo\u00adrels ain\u00adsi satis\u00adfaits, il ach\u00e8te un peu d\u2019encens de copal pour br\u00fb\u00adler sur les marches, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019\u00e9glise, en l\u2019honneur de son dieu pa\u00efen, puis, entr\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise \u2013 afin d\u2019\u00eatre garan\u00adti de chaque c\u00f4t\u00e9 \u2013 en l\u2019honneur des Saints qu\u2019on y r\u00e9v\u00e8re\u2026 Pro\u00adc\u00e9\u00addant \u00e0 un arran\u00adge\u00adment artis\u00adtique de p\u00e9tales de rose et de grains de bl\u00e9 \u00e9pan\u00addus sur le sol, il y dresse de-ci, de-l\u00e0, de petites chan\u00addelles allu\u00adm\u00e9es&nbsp;; tan\u00addis que sa femme et ses enfants s\u2019agenouillent silen\u00adcieu\u00adse\u00adment, il harangue toute une com\u00adpa\u00adgnie colo\u00adr\u00e9e d\u2019ap\u00f4tres et de saints. Il s\u2019en va enfin, sa foi affer\u00admie, ayant cal\u00adme\u00adment conscience qu\u2019il a fait tout ce qu\u2019on pou\u00advait attendre d\u2019un homme raisonnable.<\/p>\n<p>L\u2019indien revient \u00e0 la ville pour les <em>fies\u00adtas<\/em>. Cer\u00adtaines de ces \u00ab&nbsp;f\u00eates&nbsp;\u00bb ne durent qu\u2019une jour\u00adn\u00e9e, mais il faut un jour pour s\u2019y pr\u00e9\u00adpa\u00adrer et deux jours pour s\u2019en remettre. Mais celle qu\u2019on c\u00e9l\u00e8bre en l\u2019honneur de Saint-Tho\u00admas, le patron de Chi\u00adchi\u00adcas\u00adte\u00adnan\u00adgo, dure presque tout le mois de d\u00e9cembre, exige des semaines de pr\u00e9\u00adpa\u00adra\u00adtion et de r\u00e9p\u00e9\u00adti\u00adtion pour les danses, les pro\u00adces\u00adsions et les feux d\u2019artifice.<\/p>\n<p>No\u00ebl suit imm\u00e9\u00addia\u00adte\u00adment, puis le Nou\u00advel An, selon le calen\u00addrier catho\u00adlique, auquel suc\u00adc\u00e8de un autre Nou\u00advel An, selon le calen\u00addrier&nbsp;Maya.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Ce qu\u2019il y a de regret\u00adtable dans ce pays&nbsp;\u00bb \u2013 fai\u00adsait remar\u00adquer le tou\u00adriste \u00e0 Mac Eloy, tan\u00addis qu\u2019ils tra\u00adver\u00adsaient la place du mar\u00adch\u00e9, esqui\u00advant les p\u00e9tards, les fus\u00e9es, les dan\u00adseurs mas\u00adqu\u00e9s et les pro\u00adces\u00adsions emme\u00adnant des saints dans toutes les direc\u00adtions \u2013 \u00ab&nbsp;c\u2019est que les indiens sont pares\u00adseux&nbsp;\u00bb. Or, il y avait huit jours que durait la f\u00eate et durant ces huit jours les indiens avaient dan\u00ads\u00e9 jour et nuit dans les rues pav\u00e9es de galets. \u00c0 ce moment, un vieil indien de\t cinq pieds de haut, cour\u00adb\u00e9 sous une charge qui res\u00adsem\u00adblait \u00e0 une corde de bois, s\u2019arr\u00eata pr\u00e8s de nous, s\u2019en d\u00e9bar\u00adras\u00adsa et cou\u00adrut rejoindre les danseurs.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Essayez de sou\u00adle\u00adver cette charge&nbsp;\u00bb. Le tou\u00adriste put \u00e0 peine l\u2019enlever de terre. \u2013 \u00ab&nbsp;Ce petit <em>car\u00adga\u00addor<\/em> a ame\u00adn\u00e9 ce bois de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des mon\u00adtagnes juste pour prendre part \u00e0 cette danse en l\u2019honneur de Saint Tho\u00admas&nbsp;\u00bb. Pen\u00addant la conver\u00adsa\u00adtion, d\u2019autres <em>car\u00adga\u00addors<\/em> affluaient sur la place du mar\u00adch\u00e9, cer\u00adtains por\u00adtant sur la t\u00eate des mon\u00adtagnes de pote\u00adries qu\u2019ils ame\u00adnaient de vil\u00adlages situ\u00e9s \u00e0 une dis\u00adtance de trois jours de marche. Le Tou\u00adriste admit que \u00ab&nbsp;pares\u00adseux&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre le mot qui conve\u00adnait, mais pour\u00adquoi ces braves gens ne s\u2019associaient-ils pas et n\u2019achetaient-ils pas un camion&nbsp;?<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab&nbsp;Et il leur fau\u00addrait ache\u00adter de l\u2019essence, &nbsp;\u00bb soue, des pneu\u00adma\u00adtiques, des pi\u00e8ces de rechange, payer les r\u00e9pa\u00adra\u00adtions et l\u2019assurance \u2013 par suite il fau\u00addrait dou\u00adbler les r\u00e9coltes, tra\u00advailler plus dur, et tout \u00e7a pour entre\u00adte\u00adnir un camion. Actuel\u00adle\u00adment, ils n\u2019ont pas \u00e0 se sou\u00adcier de toutes ces d\u00e9penses et de tous ces ennuis et quand ce petit vieux qui danse l\u00e0-bas a lais\u00ads\u00e9 tom\u00adber son far\u00addeau, tous ses sou\u00adcis d\u2019affaires sont tom\u00adb\u00e9s avec lui. Com\u00adbien de gros r\u00e9a\u00adlistes sont aus\u00adsi bien orga\u00adni\u00ads\u00e9s qu\u2019ils le&nbsp;sont&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas le pro\u00adgr\u00e8s, r\u00e9tor\u00adqua avec indi\u00adgna\u00adtion le Tou\u00adriste, on ne peut vivre nulle part&nbsp;ainsi.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Mille indiens dan\u00adsaient autour de nous, ne s\u2019arr\u00eatant que pour lan\u00adcer de nou\u00advelles fus\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre avez-vous rai\u00adson. Peut-\u00eatre le jet de bombes ato\u00admiques repr\u00e9\u00adsente-t-il le pro\u00adgr\u00e8s et le lan\u00adce\u00adment de quelques fus\u00e9es inof\u00adfen\u00adsives pour le simple plai\u00adsir n\u2019a\u2011t-il rien \u00e0 faire avec le pro\u00adgr\u00e8s. Et peut-\u00eatre ne sau\u00adrait-il \u00eatre ques\u00adtion d\u2019\u00e9tablir n\u2019importe o\u00f9 les Indiens. Mais o\u00f9 ils se trouvent, ici, que peut-on trou\u00adver \u00e0 redire&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Une lueur \u00e9trange brilla dans les yeux du Tou\u00adriste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre ont-ils acquis quelque chose qui en vaut la&nbsp;peine.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u2013 \u00ab&nbsp;Quelque chose de meilleur qu\u2019\u00eatre lib\u00e9\u00adr\u00e9 du besoin&nbsp;: <em>\u00eatre lib\u00e9\u00adr\u00e9 d\u2019avoir besoin<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un livre d\u00e9nom\u00adm\u00e9 tra\u00advel (voyage), un am\u00e9\u00adri\u00adcain, J. P. Mc Eloy, fait part des r\u00e9flexions qu\u2019a sus\u00adci\u00adt\u00e9es chez lui son s\u00e9jour dans l\u2019Am\u00e9rique Cen\u00adtrale. Autre\u00adfois, avant, le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re ato\u00admique. \u00e9crit-il, les endroits les plus recu\u00adl\u00e9s du monde \u00e9taient enva\u00adhis par des tou\u00adristes bruyants qui voya\u00adgeaient \u00ab&nbsp;pour s\u2019\u00e9vader&nbsp;\u00bb. Aujourd\u2019\u00adhui, les tou\u00adristes ont repris&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[509],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-4136","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-na18-mars-1947"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4136"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4136\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4136"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=4136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}