{"id":4184,"date":"2020-07-22T18:47:46","date_gmt":"2020-07-22T18:47:46","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/22\/une-oubliee-flora-tristan\/"},"modified":"2020-07-22T18:47:46","modified_gmt":"2020-07-22T18:47:46","slug":"une-oubliee-flora-tristan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/22\/une-oubliee-flora-tristan\/","title":{"rendered":"Une oubli\u00e9e&nbsp;: Flora Tristan"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4184?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4184?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>Proches ou loin de notre pen\u00ads\u00e9e, les \u0153uvres des savants, artistes, phi\u00adlo\u00adsophes, his\u00adto\u00adriens, etc., sont les grandes forces psy\u00adcho\u00adlo\u00adgiques de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un de ses bons livres, Jean Ros\u00adtand nous expose, comme il sait le faire, la puis\u00adsance de foi des \u00ab&nbsp;hommes de v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb (Fon\u00adte\u00adnelle, La Roche\u00adfou\u00adcauld, Claude Ber\u00adnard, etc.). \u0152uvres gran\u00addioses, certes, noms pres\u00adti\u00adgieux sans doute. Mais il en est d\u2019autres, oubli\u00e9s aujourd\u2019\u00adhui et qui d\u00e9si\u00adgnent pour\u00adtant des per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s atta\u00adchantes, voire h\u00e9ro\u00efques, envers les\u00adquelles les hommes ne se sont pas tou\u00adjours mon\u00adtr\u00e9s g\u00e9n\u00e9\u00adreux. C\u2019est ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 par\u00adler de Flore Tristan.<\/p>\n<p>O\u00f9 trou\u00advons-nous ce nom&nbsp;? Les \u00e9tudes bio\u00adgra\u00adphiques consa\u00adcr\u00e9es aux pion\u00adniers des causes huma\u00adni\u00adtaires l\u2019\u00e9crivent rare\u00adment, et c\u2019est seule\u00adment \u00e0 la noto\u00adri\u00e9\u00adt\u00e9 du peintre Gau\u00adguin, son petit-fils, qu\u2019il doit d\u2019\u00eatre par\u00adfois cit\u00e9. Mais jamais, \u00e0 cette occa\u00adsion, il ne sera fait allu\u00adsion \u00e0 la fana\u00adtique d\u00e9vo\u00adtion aux devoirs que cette femme admi\u00adrable s\u2019imposa durant une vie abr\u00e9\u00adg\u00e9e par des sacri\u00adfices trop peu spec\u00adta\u00adcu\u00adlaires pour tenir une place dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>La courte vie de Flore ne fut que luttes et tour\u00adments. De sa nais\u00adsance \u00e0 sa mort (\u00e0 qua\u00adrante et un ans), en elle comme autour d\u2019elle, jamais la paix ne&nbsp;r\u00e9gna.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re, don Maria\u00adno de Tris\u00adtan, issu d\u2019une noble famille p\u00e9ru\u00advienne, avait h\u00e9ri\u00adt\u00e9 lui-m\u00eame d\u2019un carac\u00adt\u00e8re ind\u00e9\u00adpen\u00addant et pas\u00adsion\u00adn\u00e9. Colo\u00adnel dans l\u2019arm\u00e9e espa\u00adgnole, il connut Th\u00e9\u00adr\u00e8se Lai\u00adn\u00e9, qui, fuyant la R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion fran\u00ad\u00e7aise, vivait mis\u00e9\u00adra\u00adble\u00adment \u00e0 Bilbao.<\/p>\n<p>Pour des rai\u00adsons assez obs\u00adcures, il n\u2019\u00e9pousa jamais celle qu\u2019il aimait, mal\u00adgr\u00e9 la ten\u00addresse qu\u2019il lui voua jus\u00adqu\u2019\u00e0 sa mort. Mais on sait que le colo\u00adnel don Maria\u00adno s\u2019\u00e9tait tou\u00adjours mon\u00adtr\u00e9 rebelle \u00e0 toute forme de&nbsp;lien.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, la situa\u00adtion de ce \u00ab&nbsp;faux m\u00e9nage&nbsp;\u00bb \u2013 comme on dit \u2013 eut un reten\u00adtis\u00adse\u00adment consi\u00add\u00e9\u00adrable sur le des\u00adtin de Flore, car plus tard, quand mou\u00adrut le colo\u00adnel, sa femme, Th\u00e9\u00adr\u00e8se Lai\u00adn\u00e9, ne fut pas consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9e comme une h\u00e9ri\u00adti\u00e8re l\u00e9gale. Puis, comble de mal\u00adheur, un impor\u00adtant envoi de fonds, peut-\u00eatre une for\u00adtune, avait \u00e9t\u00e9 englou\u00adti dans le nau\u00adfrage du navire qui le transportait.<\/p>\n<p>Le m\u00e9nage Tris\u00adtan s\u2019\u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 Paris un peu avant la nais\u00adsance de Flo\u00adra, en 1803. Don Maria\u00adno, ami de Boli\u00advar, prit un int\u00e9\u00adr\u00eat pas\u00adsion\u00adn\u00e9 aux contro\u00adverses que celui-ci sou\u00adte\u00adnait contre les bona\u00adpar\u00adtistes. On le trai\u00adtait de jaco\u00adbin \u2013 comme tous les hommes oppo\u00ads\u00e9s \u00e0 Bona\u00adparte d\u2019ailleurs. \u00ab&nbsp;D\u00e9no\u00admi\u00adna\u00adtions encore tout impr\u00e9\u00adgn\u00e9es de sang&nbsp;\u00bb, \u00e9cri\u00adra Flo\u00adra plus&nbsp;tard.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Liber\u00adt\u00e9, oppres\u00adsion, \u00e9ga\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb, ces termes bien des fois pro\u00adnon\u00adc\u00e9s, \u00e9taient nou\u00adveaux pour elle, et son p\u00e8re t\u00e2chait d\u2019en faire com\u00adprendre le sens \u00e0 l\u2019enfant qu\u2019elle \u00e9tait alors. Mais cela \u00e9tait bien au-des\u00adsus de sa por\u00adt\u00e9e, d\u2019autant plus que don Maria\u00adno, trop fan\u00adtai\u00adsiste, n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re un \u00e9ducateur&nbsp;!<\/p>\n<p>Il mou\u00adrut en 1808, lais\u00adsant ses deux filles \u2013 Flo\u00adra avait une s\u0153ur \u2013 et leur m\u00e8re sans un&nbsp;sou.<\/p>\n<p>R\u00e9fu\u00adgi\u00e9e \u00e0 la cam\u00adpagne avec ses deux enfants, Th\u00e9\u00adr\u00e8se Lai\u00adn\u00e9 se voit r\u00e9duite, pour vivre, \u00e0 accep\u00adter toutes les besognes et n\u2019eut jamais le cou\u00adrage ni sur\u00adtout le loi\u00adsir d\u2019instruire Flore, son&nbsp;a\u00een\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u00e8s son enfance, celle-ci sen\u00adtit vive\u00adment l\u2019iniquit\u00e9 de son sort et d\u2019autant plus p\u00e9ni\u00adble\u00adment que son nom \u00e9tait celui d\u2019une famille de haut&nbsp;rang.<\/p>\n<p>Fi\u00e8re, les pri\u00adva\u00adtions de toute sorte, l\u2019humble condi\u00adtion de son milieu l\u2019humiliaient, l\u2019irritaient. Et l\u2019\u00e9puisement de sa m\u00e8re au tra\u00advail l\u2019affectait douloureusement.<\/p>\n<p>D\u2019\u00eatre sans ins\u00adtruc\u00adtion aus\u00adsi la ren\u00addait avide d\u2019acqu\u00e9rir l\u2019\u00e9ducation, la science qui lui avaient \u00e9t\u00e9 refu\u00ads\u00e9es&nbsp;; l\u2019orthographe, qu\u2019elle igno\u00adra long\u00adtemps, prit pour elle une impor\u00adtance qui tour\u00adnait \u00e0 l\u2019obsession. Mar\u00adga\u00adret Gold\u00adsmith, sa bio\u00adgraphe, \u00e0 laquelle nous emprun\u00adtons, ain\u00adsi qu\u2019\u00e0 Jules Puech, des ren\u00adsei\u00adgne\u00adments pour ce petit tra\u00advail, nous dit que, jeune fille, \u00ab&nbsp;elle dis\u00adsi\u00admu\u00adlait ses igno\u00adrances et ses incer\u00adti\u00adtudes der\u00adri\u00e8re un masque d\u2019arrogance qu\u2019elle ne d\u00e9pouilla jamais enti\u00e8\u00adre\u00adment, sur\u00adtout en face des \u00e9trangers&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Dis\u00adtante, d\u2019une froi\u00addeur d\u00e9ci\u00add\u00e9e, mais d\u2019une grande beau\u00adt\u00e9, il rayon\u00adnait d\u2019elle un charme qui, plus tard, lui per\u00admit d\u2019exercer une emprise rare sur les audi\u00adtoires populaires.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Paris avec sa m\u00e8re, en 1818 \u2013 elle avait alors quinze ans \u2013 on les trouve ins\u00adtal\u00adl\u00e9es dans un quar\u00adtier des plus mal fam\u00e9s&nbsp;: la place Mau\u00adbert. Il lui fal\u00adlait gagner sa vie. Entr\u00e9e dans un ate\u00adlier de litho\u00adgra\u00adphie, elle en \u00e9pou\u00adsa le patron, un nom\u00adm\u00e9 Cha\u00adzal, en 1821. Peut-\u00eatre vou\u00adlait-elle ain\u00adsi mettre fin \u00e0 l\u2019extr\u00eame pau\u00advre\u00adt\u00e9 dont elle avait tant souf\u00adfert&nbsp;? On ne sait. Mais elle ne put sup\u00adpor\u00adter son m\u00e9nage mal\u00adgr\u00e9 une situa\u00adtion mat\u00e9\u00adrielle accep\u00adtable. Elle rom\u00adpit et confia \u00e0 sa m\u00e8re la garde des trois enfants qui lui \u00e9taient n\u00e9s.<\/p>\n<p>Tra\u00adqu\u00e9e par son mari, sys\u00adt\u00e9\u00adma\u00adti\u00adque\u00adment per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adt\u00e9e, elle \u00e9tait chas\u00ads\u00e9e de chez ses employeurs, aux\u00adquels il fai\u00adsait conna\u00eetre la situa\u00adtion de sa femme. Ren\u00advoy\u00e9e par ses logeurs, Flore doit encore sou\u00adte\u00adnir une lutte impla\u00adcable pour gar\u00adder ses enfants, dont la der\u00adni\u00e8re, Aline, future m\u00e8re de Paul Gau\u00adguin, devait conna\u00eetre une enfance plus mis\u00e9\u00adrable encore que ne l\u2019avait \u00e9t\u00e9 celle de Flo\u00adra&nbsp;! Contre vents et mar\u00e9es, celle-ci assu\u00adrait l\u2019existence des enfants.<\/p>\n<p>La haine de Cha\u00adzal, son mari, ne la lais\u00adsant pas en paix, elle se r\u00e9fu\u00adgia en Angle\u00adterre, o\u00f9 elle res\u00adta cinq ans. C\u2019est durant cette p\u00e9riode que sa dure exis\u00adtence la fit r\u00e9fl\u00e9\u00adchir aux injus\u00adtices, aux souf\u00adfrances du monde. Elle com\u00admence \u00e0 lire, \u00e0 pen\u00adser, \u00e0 \u00e9tu\u00addier, inci\u00adt\u00e9e qu\u2019elle y est par une large pro\u00adpa\u00adgande des jour\u00adnaux anglais, comme \u00ab&nbsp;The Pion\u00adner&nbsp;\u00bb, qui appe\u00adlaient les tra\u00advailleurs \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Elle ren\u00adtra en France dans l\u2019hiver 1829, mais ne pour\u00adra \u00e9vi\u00adter une ren\u00adcontre avec Cha\u00adzal, son mari, qui, furieux de ne pou\u00advoir la vaincre, tira sur elle. L\u00e9g\u00e8\u00adre\u00adment bles\u00ads\u00e9e, elle se r\u00e9ta\u00adblit vite. Son mari \u00e9co\u00adpa vingt ans de tra\u00advaux forc\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le drame, nous la retrou\u00advons encore en Angle\u00adterre, o\u00f9 elle pense assu\u00adrer l\u2019avenir de ses enfants. Pour cela, elle ten\u00adte\u00adra de nouer des rela\u00adtions avec la famille p\u00e9ru\u00advienne de don Maria\u00adno, son p\u00e8re. Sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Alors elle se d\u00e9cide \u00e0 par\u00adtir pour le P\u00e9rou, o\u00f9 elle ne sera pas plus heu\u00adreuse, le \u00ab&nbsp;mariage&nbsp;\u00bb irr\u00e9\u00adgu\u00adlier de ses parents \u00e9tant mal jug\u00e9, comme aus\u00adsi le voyage d\u2019une femme seule \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Tou\u00adjours vaillante, tou\u00adjours lucide mal\u00adgr\u00e9 sa san\u00adt\u00e9 \u00e9bran\u00adl\u00e9e et ses am\u00e8res d\u00e9cep\u00adtions, la voi\u00adci de nou\u00adveau en France&nbsp;; elle va publier deux bro\u00adchures, ses pre\u00admiers \u00e9crits pro\u00adba\u00adble\u00adment, trai\u00adtant de l\u2019affranchissement de la femme et de la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 de r\u00e9ta\u00adblir le divorce. C\u2019est alors qu\u2019elle com\u00admen\u00adce\u00adra \u00e0 envi\u00adsa\u00adger le pro\u00adbl\u00e8me social, mais du point de vue f\u00e9mi\u00adniste. On la com\u00adprend. Elle conna\u00eet que c\u2019est bien l\u2019in\u00e9galit\u00e9 impo\u00ads\u00e9e \u00e0 son sexe qui lui valut sa triste vie conju\u00adgale avec son dra\u00adma\u00adtique d\u00e9noue\u00adment. De plus, la mis\u00e8re de l\u2019ouvri\u00e8re lui est, d\u2019exp\u00e9rience, aus\u00adsi connue.<\/p>\n<p>Comme les saint-simo\u00adniens, elle envi\u00adsage l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019humanit\u00e9 par l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes et ne perd jamais de vue la cause f\u00e9mi\u00adniste, m\u00eame au plus fort de son acti\u00advi\u00adt\u00e9 dans la lutte ouvri\u00e8re. Au reste, dans son livre <em>l\u2019Union ouvri\u00e8re<\/em>, \u2013 bien oubli\u00e9, sa vive cri\u00adtique de la morale cou\u00adrante parut des plus&nbsp;os\u00e9es.<\/p>\n<p>Elle admi\u00adrait Fou\u00adrier, qui condam\u00adnait dure\u00adment le prin\u00adcipe du mariage, pro\u00adcla\u00admant la haute mora\u00adli\u00adt\u00e9 de l\u2019amour libre. La faillite de son aven\u00adture conju\u00adgale n\u2019\u00e9tait sans doute pas \u00e9tran\u00adg\u00e8re \u00e0 cette admi\u00adra\u00adtion. Id\u00e9a\u00adliste par nature, les th\u00e9o\u00adries huma\u00adni\u00adtaires l\u2019aideront gran\u00adde\u00adment \u00e0 s\u2019\u00e9vader de l\u2019impitoyable lutte pour la&nbsp;vie.<\/p>\n<p>R\u00e9fl\u00e9\u00adchis\u00adsant de plus en plus pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment, elle se convain\u00adquit que l\u2019int\u00e9r\u00eat du tra\u00advailleur exi\u00adgeait autre chose que de douces r\u00e9formes. Elle \u00e9crit alors&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les masses ouvri\u00e8res seules doivent, par une asso\u00adcia\u00adtion \u00e9troite, se lib\u00e9\u00adrer de l\u2019oppression et de la famine.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Puis le temps arrive o\u00f9 elle accorde moins de s\u00e9rieux \u00e0 Fou\u00adrier. Plus atten\u00adti\u00adve\u00adment, elle exa\u00admine les tra\u00advaux de Robert Owen, dont la colo\u00adnie de \u00ab&nbsp;New Lamark&nbsp;\u00bb l\u2019int\u00e9ressait vive\u00adment. Les m\u00e9thodes paci\u00adfistes l\u2019emport\u00e8rent alors, dans son esprit, sur la vio\u00adlence, encore qu\u2019elle trou\u00adv\u00e2t Owen trop convain\u00adcu des \u00ab&nbsp;influences ext\u00e9\u00adrieures sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00eatre humain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Nous sommes \u00e0 pr\u00e9\u00adsent en 1837. Elle conna\u00eet Robert Owen. Son int\u00e9\u00adr\u00eat pour l\u2019Angleterre en est \u00e9veill\u00e9 com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment. Elle veut y retour\u00adner d\u00e8s que le grand ouvrage qu\u2019elle pro\u00adjette serait ter\u00admi\u00adn\u00e9. Un grand ouvrage&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les p\u00e9r\u00e9\u00adgri\u00adna\u00adtions d\u2019une paria.&nbsp;\u00bb C\u2019est le r\u00e9cit du voyage au P\u00e9rou. Il parut en 1838 et fut son pre\u00admier suc\u00adc\u00e8s litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Son talent d\u2019\u00e9crivain, r\u00e9el, se confirme la m\u00eame ann\u00e9e avec son roman \u00ab&nbsp;M\u00e9phis&nbsp;\u00bb. La voi\u00adci col\u00adla\u00adbo\u00adrant \u00e0 plu\u00adsieurs jour\u00adnaux, \u00e9ten\u00addant ses rela\u00adtions&nbsp;; son appar\u00adte\u00adment, au 100 de la rue du Bac, devient un salon lit\u00adt\u00e9\u00adraire cot\u00e9. La sta\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 dans la vie de Flo\u00adra semble s\u2019\u00e9tablir.<\/p>\n<p>Mais atten\u00adtion&nbsp;! \u00ab&nbsp;semble&nbsp;\u00bb seulement.<\/p>\n<p>Han\u00adt\u00e9e encore une fois par un d\u00e9sir de chan\u00adge\u00adment comme par la mis\u00adsion sociale qui s\u2019imposait \u00e0 sa conscience dont l\u2019appel est pour elle un devoir, elle d\u00e9cide de retour\u00adner \u00e0 Londres, o\u00f9, \u00e0 leurs sources, elle \u00e9tu\u00addie\u00adra les tra\u00advaux d\u2019Owen, de John Grey et d\u2019autres. Elle se met alors \u00e0 une \u00e9tude sur l\u2019Angleterre dans laquelle elle s\u2019oppose sys\u00adt\u00e9\u00adma\u00adti\u00adque\u00adment \u00e0 la vio\u00adlence dans la guerre des classes, ce qui ne l\u2019emp\u00eachera pas d\u2019y pla\u00adcer, en exergue, \u00ab&nbsp;Mieux vaut p\u00e9rir par l\u2019\u00e9p\u00e9e que mou\u00adrir de&nbsp;faim.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Elle prend part \u00e0 des r\u00e9unions secr\u00e8tes, ce qui comble bien son esprit roma\u00adnesque. Elle \u00e9cri\u00adra&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans le secret des cavernes, les ap\u00f4tres ensei\u00adgnaient les cat\u00e9\u00adchu\u00adm\u00e8nes et leurs paroles \u00e9taient plus puis\u00adsantes que la force des C\u00e9sars.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Sa v\u00e9ri\u00adtable voca\u00adtion s\u2019affirme dans son livre <em>Pro\u00adme\u00adnades dans Londres<\/em>, publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1840 et qui refl\u00e8te une pro\u00adfonde connais\u00adsance du pro\u00adbl\u00e8me ouvrier de ce pays. On y trouve une \u00e9tude peu ordi\u00adnaire des condi\u00adtions indus\u00adtrielles qui font la richesse des uns et la mis\u00e8re des autres.<\/p>\n<p>Infa\u00adti\u00adga\u00adble\u00adment, Flo\u00adra ira d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre des dis\u00adtricts ouvriers, posant des ques\u00adtions aux patrons, pre\u00adnant des notes, \u00e9ta\u00adblis\u00adsant des sta\u00adtis\u00adtiques sur les salaires et les condi\u00adtions \u00e9co\u00adno\u00admiques en France et en Grande-Bre\u00adtagne [[N. de la R. \u2013 Sou\u00adli\u00adgnons que cette \u00e9tude remonte \u00e0 1840, que d\u2019autres furent aus\u00adsi publi\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque. Et les cat\u00e9\u00adchu\u00adm\u00e8nes enra\u00adg\u00e9s de Marx pensent que c\u2019est lui, et Engels, qui furent les r\u00e9v\u00e9\u00adla\u00adteurs de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 sur la nais\u00adsance du capi\u00adta\u00adlisme anglais.]].<\/p>\n<p>Elle conna\u00eet \u00e0 pr\u00e9\u00adsent le sort des tra\u00advailleurs et, plus que jamais, est r\u00e9so\u00adlue \u00e0 faire quelque chose pour eux. \u00ab&nbsp;Sur le sol anglais \u2013 \u00e9crit-elle \u2013 vingt mil\u00adlions de pro\u00adl\u00e9\u00adtaires g\u00e9missent&nbsp;; qui leur r\u00e9v\u00e9\u00adle\u00adra \u00e0 eux-m\u00eames leur pou\u00advoir et orga\u00adni\u00adse\u00adra l\u2019union de leurs forces&nbsp;?&nbsp;\u00bb C\u2019est ce qui lui ins\u00adpi\u00adre\u00adra son livre <em>l\u2019Union ouvri\u00e8re<\/em>, \u00ab&nbsp;moins un livre qu\u2019une action&nbsp;\u00bb, dira-t-elle.<\/p>\n<p>Elle va par\u00adtout o\u00f9 des \u00eatres humains sont oppri\u00adm\u00e9s. En Angle\u00adterre, tou\u00adjours, on la ver\u00adra \u00e9tu\u00addiant la pros\u00adti\u00adtu\u00adtion, visi\u00adtant les ali\u00e9n\u00e9s.<\/p>\n<p>Un fou fran\u00ad\u00e7ais, recon\u00adnais\u00adsant tout de m\u00eame sa langue, lui offri\u00adra une croix faite de quelques brins de paille&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prends cette croix, lui dit-il, et va par le monde annon\u00adcer la loi nou\u00advelle.&nbsp;\u00bb Elle prend la croix et \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019accomplirai la t\u00e2che que cet homme m\u2019a indi\u00adqu\u00e9e&nbsp;; je d\u00e9li\u00advre\u00adrai la femme de la ser\u00advi\u00adtude de l\u2019homme&nbsp;; le pauvre de la ser\u00advi\u00adtude du riche&nbsp;; l\u2019\u00e2me humaine de la ser\u00advi\u00adtude du&nbsp;p\u00e9ch\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Son \u00e9mo\u00adtion indique-t-elle un c\u00f4t\u00e9 mys\u00adtique de son carac\u00adt\u00e8re&nbsp;? On le dirait, car sa t\u00e2che se teinte un peu de sur\u00adna\u00adtu\u00adrel sans pour cela que sa luci\u00addi\u00adt\u00e9 en soit alt\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Paris l\u2019attire encore. Elle y est ren\u00adtr\u00e9e pour \u00e9crire un livre et conti\u00adnuer ce qu\u2019elle consi\u00add\u00e8re comme une mission.<\/p>\n<p>Pour cela, Flo\u00adra orga\u00adni\u00adse\u00adra des mee\u00adtings par\u00adtout en France&nbsp;; elle ten\u00adte\u00adra de grou\u00adper les ouvriers en \u00ab&nbsp;Soci\u00e9\u00adt\u00e9 de Com\u00adpa\u00adgnon\u00adnage&nbsp;\u00bb dans l\u2019esprit de ce qui devait \u00eatre plus tard les syn\u00addi\u00adcats. Elle est prise \u00e0 par\u00adtie vio\u00adlem\u00adment, trai\u00adt\u00e9e \u00ab&nbsp;d\u2019ap\u00f4tre en jupon&nbsp;\u00bb, pour\u00adchas\u00ads\u00e9e par la police et, dans maintes villes, sa chambre sera per\u00adqui\u00adsi\u00adtion\u00adn\u00e9e. Ses \u00e9crits sont s\u00e9di\u00adtieux&nbsp;? Elle conti\u00adnue\u00adra de plus belle \u00e0 les dif\u00adfu\u00adser. Aucun \u00e9di\u00adteur ne veut publier <em>l\u2019Union ouvri\u00e8re<\/em>&nbsp;? elle le fera impri\u00admer elle-m\u00eame, t\u00e2che ardue quand on n\u2019a pas d\u2019argent&nbsp;! Il faut recueillir des fonds&nbsp;? Elle se met en cam\u00adpagne, allant jus\u00adqu\u2019\u00e0 sol\u00adli\u00adci\u00adter le ban\u00adquier Laf\u00adfite qui, furieux, la cong\u00e9\u00addie. Il est vrai qu\u2019elle n\u2019avait qu\u2019une m\u00e9diocre confiance dans le lib\u00e9\u00adra\u00adlisme de fa\u00e7ade de ce bour\u00adgeois richis\u00adsime. Flo\u00adra avait frap\u00adp\u00e9 \u00e0 la mau\u00advaise porte. Mais d\u2019autres devaient s\u2019ouvrir, plus accueillantes \u00e0 son cou\u00adrage&nbsp;: ce furent celles d\u2019Eug\u00e8ne Sue, de B\u00e9ran\u00adger, de Pon\u00adsard, de George Sand.<\/p>\n<p>N\u2019aimant pas qu\u00e9\u00adman\u00adder, sa nature trop fi\u00e8re pui\u00adsait dans sa foi pour vaincre ses r\u00e9pugnances.<\/p>\n<p>Elle dira plus tard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vais \u00e0 pied, je visite vingt per\u00adsonnes pour n\u2019en trou\u00adver que trois qui donnent quelque chose. Seule l\u2019indiff\u00e9rence de ceux que je veux ser\u00advir, les tra\u00advailleurs, m\u2019accable, mais je sais que je fais \u0153uvre utile, qu\u2019un grand bien en r\u00e9sultera.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Cette vision\u00adnaire, comme beau\u00adcoup d\u2019orateurs brillants, sub\u00adju\u00adguait moins un inter\u00adlo\u00adcu\u00adteur iso\u00adl\u00e9 qu\u2019un audi\u00adtoire nom\u00adbreux. Puis on n\u2019avait pas oubli\u00e9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u2019un crime pas\u00adsion\u00adnel, et les esprits mal aver\u00adtis ne la voyaient gu\u00e8re en r\u00e9for\u00adma\u00adtrice sociale\u2026<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019apparition de <em>l\u2019Union ouvri\u00e8re<\/em> fut une r\u00e9v\u00e9\u00adla\u00adtion. Son lan\u00adgage simple \u00e9tait bien \u00e0 la por\u00adt\u00e9e de ceux aux\u00adquels il s\u2019adressait&nbsp;; les noms de Saint-Simon, Owen, Fou\u00adrier, Prou\u00addhon y \u00e9taient cit\u00e9s. \u00ab&nbsp;Il ne reste qu\u2019une chose \u00e0 faire, \u00e9crit-elle&nbsp;: agir. Et c\u2019est aux tra\u00advailleurs de le&nbsp;faire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Un bio\u00adgraphe de Flo\u00adra, Puech, dira de <em>l\u2019Union ouvri\u00e8re<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est le plus com\u00adplet r\u00e9su\u00adm\u00e9 du cat\u00e9\u00adchisme r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire paru jus\u00adqu\u2019i\u00adci en France. Il ouvre le champ \u00e0 la guerre des classes sans contra\u00adrier l\u2019altruisme et le paci\u00adfisme de son auteur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Pour Flo\u00adra, l\u2019aide mat\u00e9\u00adrielle tem\u00adpo\u00adraire qu\u2019apportaient les soci\u00e9\u00adt\u00e9s de secours mutuels \u00e9tait insuf\u00adfi\u00adsante. Les causes de la mis\u00e8re res\u00adtaient enra\u00adci\u00adn\u00e9es. Elle ver\u00adra se dres\u00adser les adver\u00adsaires de son ensei\u00adgne\u00adment, c\u2019est-\u00e0-dire tous ceux pour qui les concep\u00adtions d\u2019un ave\u00adnir meilleur pour les d\u00e9sh\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9s \u00e9taient non seule\u00adment pure folie, mais atten\u00adtats aux sacro-saints pri\u00advi\u00adl\u00e8ges de la classe riche. Il n\u2019y avait que des mal\u00adfai\u00adteurs comme elle pour son\u00adger \u00e0 une coop\u00e9\u00adra\u00adtion entre les tra\u00advailleurs eux-m\u00eames&nbsp;!<\/p>\n<p>Son id\u00e9a\u00adlisme, par cer\u00adtains c\u00f4t\u00e9s un peu aveugle \u2013 tout amour ne l\u2019est-il pas&nbsp;? \u2013 lui assu\u00adrait que les tra\u00advailleurs com\u00adpren\u00addraient qu\u2019en don\u00adnant cha\u00adcun deux francs par an ils consti\u00adtue\u00adraient un fonds de sou\u00adtien de quinze mil\u00adlions et que, ain\u00adsi, l\u2019union ouvri\u00e8re serait une force contre le patro\u00adnat, qui se ver\u00adrait d\u00e9sar\u00adm\u00e9. H\u00e9las&nbsp;! elle oubliait, d\u2019abord, que bon nombre d\u2019ouvriers sol\u00adli\u00adci\u00adt\u00e9s refu\u00adse\u00adraient leur obole&nbsp;; elle oubliait encore que les chefs d\u2019industries pou\u00advaient, quand ils le vou\u00adlaient, licen\u00adcier les ouvriers, rien ne les en emp\u00ea\u00adchant, et qu\u2019alors la contri\u00adbu\u00adtion indis\u00adpen\u00adsable ces\u00adse\u00adrait \u2013 au moins pour ceux-l\u00e0. L\u2019argent n\u00e9ces\u00adsaire \u00e0 la lutte manquerait.<\/p>\n<p>Elle veut r\u00e9a\u00adli\u00adser l\u2019union entre les tra\u00advailleurs. Oui. Mais sans entre\u00advoir que \u00ab&nbsp;l\u2019arme \u00e9co\u00adno\u00admique&nbsp;\u00bb, comme elle l\u2019appelait, n\u2019est pas tout \u2013 sur\u00adtout \u00e0 cause de son insta\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 \u2013 et qu\u2019il y a, qu\u2019il aura tou\u00adjours des fac\u00adteurs moraux et psy\u00adcho\u00adlo\u00adgiques qui domi\u00adne\u00adront la situation\u2026<\/p>\n<p>Elle oubliait aus\u00adsi les stu\u00adpides que\u00adrelles entre les membres de diverses cor\u00adpo\u00adra\u00adtions. Sans rel\u00e2che, on la ver\u00adra adju\u00adrer les tra\u00advailleurs de tous les pays d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019union&nbsp;\u00bb sans dis\u00adtinc\u00adtion de natio\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 ou de m\u00e9tier. \u00c0 cet \u00e9gard, \u00ab&nbsp;elle observe avec cha\u00adgrin l\u2019ostracisme de O\u2019Con\u00adnell, qui, au nom de la reli\u00adgion, emp\u00ea\u00adchait les ouvriers d\u2019Irlande de fra\u00adter\u00adni\u00adser avec leurs cama\u00adrades anglais&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Son livre paru, Flo\u00adra repren\u00addra sa pro\u00adpa\u00adgande active, ne comp\u00adtant pas que son ouvrage suf\u00adfi\u00adrait \u00e0 lui seul pour \u00e9clai\u00adrer les masses populaires.<\/p>\n<p>Alors, dans beau\u00adcoup de grandes villes de France, des audi\u00adtoires \u00e9mus et nom\u00adbreux iront cher\u00adcher dans ses \u00e9lo\u00adquentes paroles des rem\u00e8des \u00e0 leur mis\u00e8re, des ensei\u00adgne\u00adments, des consolations\u2026<\/p>\n<p>Elle se trou\u00advait \u00e0 Bor\u00addeaux en 1844 quand une h\u00e9mor\u00adra\u00adgie c\u00e9r\u00e9\u00adbrale la frap\u00adpa. Elle en mou\u00adrut, pri\u00advant les pauvres qui l\u2019aimaient de son admi\u00adrable d\u00e9vouement.<\/p>\n<p>Supr\u00eame t\u00e9moi\u00adgnage de res\u00adpect et d\u2019amour pour Flo\u00adra, qui avait vou\u00e9 toutes ses forces \u00e0 leur cause, ils \u00e9ri\u00adg\u00e8rent un monu\u00adment \u00e0 sa m\u00e9moire. Aux mots \u00ab&nbsp;Liber\u00adt\u00e9, \u00c9ga\u00adli\u00adt\u00e9, Fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb, gra\u00adv\u00e9s dans la pierre de son tom\u00adbeau, ils ajou\u00adt\u00e8rent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Solidarit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>[\/\u200bMarcel <sc>Renot<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Proches ou loin de notre pen\u00ads\u00e9e, les \u0153uvres des savants, artistes, phi\u00adlo\u00adsophes, his\u00adto\u00adriens, etc., sont les grandes forces psy\u00adcho\u00adlo\u00adgiques de l\u2019humanit\u00e9. Dans un de ses bons livres, Jean Ros\u00adtand nous expose, comme il sait le faire, la puis\u00adsance de foi des \u00ab&nbsp;hommes de v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb (Fon\u00adte\u00adnelle, La Roche\u00adfou\u00adcauld, Claude Ber\u00adnard, etc.). \u0152uvres gran\u00addioses, certes, noms prestigieux&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[513],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-4184","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cahiers-de-lhumanisme-libertaire-n96-97-novembre-decembre-1963"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4184"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4184\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4184"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=4184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}