{"id":4189,"date":"2020-07-22T18:47:41","date_gmt":"2020-07-22T18:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/22\/ballobar-un-exemple-dhumanisme-libertaire\/"},"modified":"2020-07-22T18:47:41","modified_gmt":"2020-07-22T18:47:41","slug":"ballobar-un-exemple-dhumanisme-libertaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/07\/22\/ballobar-un-exemple-dhumanisme-libertaire\/","title":{"rendered":"Ballobar, un exemple d\u2019humanisme libertaire"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4189?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4189?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>[[N. de la R. \u2013 Cette \u00e9tude, qui d\u00e9crit l\u2019histoire d\u2019une col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adsa\u00adtion dans un vil\u00adlage espa\u00adgnol pen\u00addant la R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion qui eut lieu \u00e0 l\u2019\u00e9poque indi\u00adqu\u00e9e, nous semble un exemple de pra\u00adtique huma\u00adniste sur le ter\u00adrain concret de la vie sociale et mat\u00e9\u00adrielle. Cet exemple peut nous don\u00adner \u00e0 r\u00e9fl\u00e9\u00adchir uti\u00adle\u00adment. Il n\u2019est qu\u2019un cas modeste dans l\u2019ensemble de ce qui se fit&nbsp;alors.]]<\/p>\n<p>Les luttes sociales et les inqui\u00e9\u00adtudes r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires de Bal\u00adlo\u00adbar sont de longue date. Sous la monar\u00adchie, la ten\u00addance lib\u00e9\u00adrale y triom\u00adphait r\u00e9gu\u00adli\u00e8\u00adre\u00adment. Le r\u00e9pu\u00adbli\u00adca\u00adnisme s\u2019y fit jour vers 1907. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, le peuple com\u00admen\u00ad\u00e7a, d\u2019accord avec les chefs locaux de l\u2019opposition poli\u00adtique, \u00e0 construire un Centre R\u00e9pu\u00adbli\u00adcain, inau\u00adgu\u00adr\u00e9 quatre ans plus tard, et qui est aujourd\u2019\u00adhui le si\u00e8ge du Centre Liber\u00adtaire. Mais pen\u00addant ces quatre ans, un cer\u00adtain revi\u00adre\u00adment s\u2019\u00e9tait pro\u00adduit chez une par\u00adtie des tra\u00advailleurs. La Semaine Tra\u00adgique de Bar\u00adce\u00adlone, qui finit par l\u2019assassinat de Fran\u00adcis\u00adco Fer\u00adrer, mon\u00adtra que les ten\u00addances r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires des r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains \u00e9taient beau\u00adcoup moins \u00e9ner\u00adgiques dans la rue qu\u2019\u00e0 la tri\u00adbune. Un groupe se d\u00e9ta\u00adcha vers la gauche. Il arri\u00adva \u00e0 l\u2019anarchisme. La pro\u00adpa\u00adgande de nos id\u00e9es com\u00admen\u00ad\u00e7a. Elle eut pour prin\u00adci\u00adpal r\u00e9sul\u00adtat, en 1917, la fon\u00adda\u00adtion d\u2019un syn\u00addi\u00adcat, qui adh\u00e9\u00adra \u00e0 la Conf\u00e9\u00add\u00e9\u00adra\u00adtion Natio\u00adnale du Travail.<\/p>\n<p>La r\u00e9pres\u00adsion qui, pen\u00addant que le g\u00e9n\u00e9\u00adral Mar\u00adti\u00adnez Ani\u00addo tr\u00f4\u00adnait \u00e0 Bar\u00adce\u00adlone, d\u00e9fer\u00adla sur l\u2019Espagne, attei\u00adgnit Bal\u00adlo\u00adbar et fer\u00adma son syn\u00addi\u00adcat, qui comp\u00adtait quatre ans d\u2019existence. Bon nombre de mili\u00adtants durent s\u2019enfuir et vivre en France, ou ailleurs, pen\u00addant plu\u00adsieurs ann\u00e9es. Ce n\u2019est qu\u2019en 1931 que les tra\u00advailleurs purent se regrou\u00adper. La deuxi\u00e8me R\u00e9pu\u00adblique venait d\u2019\u00eatre pro\u00adcla\u00adm\u00e9e. Les humbles mirent quelque espoir dans les liber\u00adt\u00e9s pro\u00admises. Ils furent cruel\u00adle\u00adment d\u00e9\u00e7us. La m\u00eame ann\u00e9e, le syn\u00addi\u00adcat fut \u00e0 nou\u00adveau fer\u00adm\u00e9. On ne put le rou\u00advrir qu\u2019apr\u00e8s juillet 1936, quand le fas\u00adcisme, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion, de l\u2019autre, effa\u00adc\u00e8rent vir\u00adtuel\u00adle\u00adment le r\u00e9gime r\u00e9publicain.<\/p>\n<p>Pen\u00addant ce temps, ceux des liber\u00adtaires qui \u00e9taient res\u00adt\u00e9s avaient conti\u00adnu\u00e9 plus ou moins clan\u00addes\u00adti\u00adne\u00adment leur pro\u00adpa\u00adgande. Comme dans d\u2019autres vil\u00adlages des alen\u00adtours, qui se trou\u00advaient dans la m\u00eame situa\u00adtion, un Centre cultu\u00adrel fut for\u00adm\u00e9. On y lisait sur\u00adtout des livres r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires. On le trans\u00adfor\u00admait aus\u00adsi en un orga\u00adnisme de com\u00adbat&nbsp;; en un syn\u00addi\u00adcat d\u00e9gui\u00ads\u00e9, qui avait ses registres et trois cent dix adh\u00e9\u00adrents, tous cotisants.<\/p>\n<p>L\u2019esprit non confor\u00admiste de Bal\u00adlo\u00adbar ne s\u2019en tenait pas l\u00e0. La mis\u00e8re r\u00e9gnait sur l\u2019ensemble de la popu\u00adla\u00adtion. La meilleure moi\u00adti\u00e9 de la terre appar\u00adte\u00adnait au comte Pla\u00adcide de La Cier\u00adva y Nue\u00advo, qui l\u2019avait escro\u00adqu\u00e9e \u00e0 la muni\u00adci\u00adpa\u00adli\u00adt\u00e9. D\u2019a\u00adpr\u00e8s ses pri\u00advi\u00adl\u00e8ges his\u00adto\u00adriques, le comte avait le droit de p\u00e2tu\u00adrage sur cette terre, mais par la fal\u00adsi\u00adfi\u00adca\u00adtion des docu\u00adments et par des pots-de-vin, il en devint le ma\u00eetre abso\u00adlu. Qua\u00adrante pro\u00adpri\u00e9\u00adtaires envi\u00adron pos\u00ads\u00e9\u00addaient le quart de la super\u00adfi\u00adcie&nbsp;; un cer\u00adtain nombre, de 15 \u00e0 20 hec\u00adtares cha\u00adcun. Les trois quarts du peuple n\u2019en avaient que le hui\u00adti\u00e8me. Il fal\u00adlait tra\u00advailler pour le pro\u00adfit des riches, ou comme colon sur de petites \u00e9ten\u00addues lou\u00e9es par le comte. Cela ne pou\u00advait durer \u00e9ter\u00adnel\u00adle\u00adment, puis\u00adqu\u2019on avait de la d\u00e9ci\u00adsion et de la digni\u00adt\u00e9. En 1922, la popu\u00adla\u00adtion pauvre de Bal\u00adlo\u00adbar s\u2019empara des terres du comte La Cier\u00adva, qui dans l\u2019ensemble n\u2019avaient, jus\u00adqu\u2019a\u00adlors, ser\u00advi qu\u2019au p\u00e2tu\u00adrage des trou\u00adpeaux, et se mit \u00e0 les labou\u00adrer. La garde civile se ran\u00adgea, comme tou\u00adjours, du c\u00f4t\u00e9 du plus fort, mais le peuple en appe\u00adla aux tri\u00adbu\u00adnaux de Sara\u00adgosse, accu\u00adsant La Cier\u00adva d\u2019\u00eatre l\u00e9ga\u00adle\u00adment un faux pro\u00adpri\u00e9\u00adtaire. Les juges don\u00adn\u00e8rent rai\u00adson au peuple&nbsp;; mais le Tri\u00adbu\u00adnal Supr\u00eame de Madrid la don\u00adna au comte, qui conser\u00adva ses terres.<\/p>\n<p>Il ne put pas, cepen\u00addant, en jouir beau\u00adcoup. Le peuple conti\u00adnuait \u00e0 les tra\u00advailler. Il ache\u00adtait des trou\u00adpeaux qui pais\u00adsaient en com\u00admun. Il r\u00e9col\u00adtait. Cela n\u2019allait pas sans des luttes ter\u00adribles. La garde civile ramas\u00adsait les trou\u00adpeaux qu\u2019elle fai\u00adsait reve\u00adnir au vil\u00adlage, arr\u00ea\u00adtait en masse les hommes et les femmes obs\u00adti\u00adn\u00e9s \u00e0 vivre&nbsp;; des familles enti\u00e8res furent enfer\u00adm\u00e9es jus\u00adqu\u2019\u00e0 cin\u00adquante fois dans la pri\u00adson de Hues\u00adca et de Fra\u00adga. Les pay\u00adsans ne c\u00e9d\u00e8rent pas et, en 1927, le comte, vain\u00adcu, ven\u00addit ses terres \u00e0 l\u2019\u00c9tat, qui les reven\u00addit aux pay\u00adsans avec faci\u00adli\u00adt\u00e9s de paie\u00adment. Mais ceux-ci ne pay\u00e8rent pas et la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion les sur\u00adprit en conflit judi\u00adciaire avec l\u2019autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce qui tran\u00adcha tout. On com\u00admen\u00ad\u00e7a par ramas\u00adser, sous la res\u00adpon\u00adsa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 du Comi\u00adt\u00e9 anti\u00adfas\u00adciste, les r\u00e9coltes des grands pro\u00adpri\u00e9\u00adtaires, pre\u00admier pas sur la voie du socia\u00adlisme, dans presque tous les vil\u00adlages. Puis on ouvrit une ins\u00adcrip\u00adtion volon\u00adtaire pour consti\u00adtuer la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9. Sur 435 familles, le groupe ini\u00adtial en comp\u00adta rapi\u00adde\u00adment 180. En mai 1937, il ne res\u00adtait que cin\u00adquante-cinq \u00ab&nbsp;indi\u00advi\u00addua\u00adlistes&nbsp;\u00bb, et encore presque tous vou\u00adlaient ren\u00adtrer \u00e0 la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 dont ils s\u2019\u00e9taient reti\u00adr\u00e9s. Mais on avait r\u00e9so\u00adlu de ne pas les admettre avant un an. C\u2019est ce qui main\u00adte\u00adnant les en tient \u00e9loign\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces indi\u00advi\u00addua\u00adlistes repen\u00adtis ne sont pas en d\u00e9sac\u00adcord avec l\u2019\u0153uvre de nos cama\u00adrades. Ils apportent m\u00eame leur aide volon\u00adtaire aux tra\u00advaux com\u00admuns et remettent aux maga\u00adsins muni\u00adci\u00adpaux les pro\u00adduits de leur terre, pro\u00adduits qu\u2019ils ne pr\u00e9\u00adtendent pas n\u00e9go\u00adcier pour leur compte.<\/p>\n<p>La Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 de Bal\u00adlo\u00adbar n\u2019a pas non plus de sta\u00adtuts ni de r\u00e8gle\u00adment. Tout le monde est d\u2019accord sur ce qui est fon\u00adda\u00admen\u00adtal&nbsp;: tra\u00advailler en com\u00admun, jouir en com\u00admun des pro\u00adduits du tra\u00advail, s\u2019entraider autant qu\u2019il est n\u00e9ces\u00adsaire pour le bon\u00adheur de tous et de cha\u00adcun. On prend toutes les r\u00e9so\u00adlu\u00adtions concer\u00adnant la vie sociale dans les assem\u00adbl\u00e9es qui ont lieu chaque semaine, soit sur la place publique, soit au Centre cultu\u00adrel Liber\u00adtaire. Les indi\u00advi\u00addua\u00adlistes ont le droit d\u2019y prendre part autant que les col\u00adlec\u00adti\u00advistes. Le vil\u00adlage entier trace le che\u00admin \u00e0 suivre, parce que la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 s\u2019occupe, pour le bien de tous, de beau\u00adcoup de pro\u00adbl\u00e8mes qui d\u00e9passent son&nbsp;cadre.<\/p>\n<p>Pen\u00addant les pre\u00admiers mois, le Comi\u00adt\u00e9 r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire se char\u00adgea de l\u2019administration g\u00e9n\u00e9\u00adrale. Mais en d\u00e9cembre le gou\u00adver\u00adne\u00adment don\u00adna l\u2019ordre de consti\u00adtuer le Conseil muni\u00adci\u00adpal. On ob\u00e9it. Le Comi\u00adt\u00e9 r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire, n\u2019ayant plus de rai\u00adson d\u2019\u00eatre, fut dis\u00adsous. On nom\u00adma alors, les fonc\u00adtions s\u2019\u00e9tant s\u00e9pa\u00adr\u00e9s, une com\u00admis\u00adsion admi\u00adnis\u00adtra\u00adtive de la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9, d\u00e9sor\u00admais dis\u00adso\u00adci\u00e9e de la muni\u00adci\u00adpa\u00adli\u00adt\u00e9. Aujourd\u2019\u00adhui cette com\u00admis\u00adsion se com\u00adpose de onze cama\u00adrades&nbsp;: un pour les tailleurs, un pour les menui\u00adsiers, un pour les ouvriers sur m\u00e9taux, un pour le b\u00e9tail, deux pour le contr\u00f4le des machines et des ins\u00adtru\u00adments de labour, deux pour la dis\u00adtri\u00adbu\u00adtion du tra\u00advail dans les terres irri\u00adgu\u00e9es et dans celles qui ne le sont pas, deux pour la dis\u00adtri\u00adbu\u00adtion, un secr\u00e9\u00adtaire. \u00c0 part ce der\u00adnier, tous tra\u00advaillent manuel\u00adle\u00adment. Ils ont \u00e9t\u00e9 nom\u00adm\u00e9s dans une assem\u00adbl\u00e9e g\u00e9n\u00e9\u00adrale, qui peut les des\u00adti\u00adtuer n\u2019importe quand.<\/p>\n<p>Le nombre de groupes qui cultivent la \u00ab&nbsp;huer\u00adta&nbsp;\u00bb s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 sept&nbsp;; cha\u00adcun \u00e0 son d\u00e9l\u00e9\u00adgu\u00e9. Le groupe de ceux culti\u00advant les terres non irri\u00adgu\u00e9es est num\u00e9\u00adri\u00adque\u00adment instable, autant que le tra\u00advail lui-m\u00eame. Il s\u2019\u00e9levait \u00e0 qua\u00adtorze lors de ma visite (mai 1937). \u00c0 ce moment il pr\u00e9\u00adpa\u00adrait pour de futures semailles des terres jus\u00adqu\u2019a\u00adlors r\u00e9ser\u00adv\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9levage et soi\u00adgnait les champs plan\u00adt\u00e9s d\u2019oliviers et de vignes. Il y a, en plus, d\u2019autres groupes, char\u00adg\u00e9s de l\u2019arrosage, de cou\u00adper la luzerne et les foins&nbsp;: tra\u00advaux moins p\u00e9nibles r\u00e9ser\u00adv\u00e9s aux moins robustes.<\/p>\n<p>Tous les soirs, apr\u00e8s leur labeur, les membres de la com\u00admis\u00adsion admi\u00adnis\u00adtra\u00adtive se r\u00e9unissent pour exa\u00admi\u00adner et ordon\u00adner la marche du tra\u00advail et les pro\u00adbl\u00e8mes, petits et grands, de la vie col\u00adlec\u00adtive. C\u2019est \u00e0 ces r\u00e9unions que les d\u00e9l\u00e9\u00adgu\u00e9s des groupes viennent deman\u00adder plus d\u2019hommes s\u2019il leur en faut. La com\u00admis\u00adsion d\u00e9place alors d\u2019un groupe \u00e0 l\u2019autre ceux qu\u2019elle croit n\u00e9ces\u00adsaire de d\u00e9pla\u00adcer, d\u2019apr\u00e8s les besoins g\u00e9n\u00e9\u00adraux de l\u2019\u00e9conomie conduite sur un plan d\u2019ensemble.<\/p>\n<p>Les femmes ne vont aux champs que dans les cas les plus pres\u00adsants. On leur r\u00e9serve les t\u00e2ches les moins fati\u00adgantes. La super\u00adfi\u00adcie culti\u00adv\u00e9e n\u2019a pas vari\u00e9. Bal\u00adlo\u00adbar, comme tous les autres vil\u00adlages, paie son tri\u00adbut humain \u00e0 la guerre&nbsp;: un bon nombre des hommes les plus robustes sont au front. Mais n\u2019en d\u00e9dui\u00adsons pas qu\u2019il n\u2019y ait aucune am\u00e9\u00adlio\u00adra\u00adtion \u00e0 enre\u00adgis\u00adtrer. Si la pluie ne manque pas, on obtien\u00addra beau\u00adcoup plus de pro\u00adduits dans les terres non irri\u00adgu\u00e9es, et cer\u00adtai\u00adne\u00adment davan\u00adtage dans celles qui le sont. Les m\u00e9thodes de tra\u00advail ont \u00e9t\u00e9 per\u00adfec\u00adtion\u00adn\u00e9es. Avant, la terre \u00e9tait mal culti\u00adv\u00e9e&nbsp;; cer\u00adtains pro\u00adpri\u00e9\u00adtaires en avaient plus qu\u2019il ne leur fal\u00adlait et, ne vou\u00adlant pas ou ne pou\u00advant pas la tra\u00advailler, ils obte\u00adnaient un ren\u00adde\u00adment inf\u00e9\u00adrieur \u00e0 celui qui \u00e9tait pos\u00adsible. Par contre, d\u2019autres n\u2019en avaient pas assez et per\u00addaient une par\u00adtie de leur temps \u00e0 souf\u00adfrir en silence et \u00e0 convoi\u00adter celle de leur voi\u00adsin. Tout cela a chan\u00adg\u00e9. L\u2019\u00e9nergie humaine, ani\u00admale et m\u00e9ca\u00adnique est main\u00adte\u00adnant uti\u00adli\u00ads\u00e9e de fa\u00e7on ration\u00adnelle. Tout est culti\u00adv\u00e9 avec une \u00e9gale atten\u00adtion&nbsp;; la terre don\u00adne\u00adra, sans excep\u00adtion, le maxi\u00admum. Si la super\u00adfi\u00adcie culti\u00adv\u00e9e est la m\u00eame, le ren\u00adde\u00adment par hec\u00adtare sera de beau\u00adcoup sup\u00e9\u00adrieur. La pro\u00adduc\u00adtion glo\u00adbale aus\u00adsi. C\u2019est ce qui importe.<\/p>\n<p>On \u00e9le\u00advait sur\u00adtout des mou\u00adtons&nbsp;; les grands pro\u00adpri\u00e9\u00adtaires arri\u00advaient \u00e0 en avoir mille. Depuis qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient appro\u00adpri\u00e9 les terres du comte La Cier\u00adva, les petits pay\u00adsans pos\u00ads\u00e9\u00addaient cha\u00adcun quatre et m\u00eame six b\u00eates. Leur situa\u00adtion s\u2019\u00e9tait am\u00e9\u00adlio\u00adr\u00e9e, et l\u2019on songe com\u00adbien il est mons\u00adtrueux qu\u2019un seul homme ait pu dis\u00adpo\u00adser, pen\u00addant des g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtions, de moyens d\u2019existence qui pou\u00advaient don\u00adner \u00e0 des cen\u00adtaines de familles ce dont elles avaient besoin pour ne pas avoir conti\u00adnuel\u00adle\u00adment faim, pour ne pas voir leurs enfants rachi\u00adtiques et mal v\u00eatus mou\u00adrir, faute de r\u00e9sis\u00adtance orga\u00adnique, sous l\u2019attaque de toutes les maladies.<\/p>\n<p>Les sept mille cinq cents b\u00eates de la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 sont r\u00e9par\u00adties en trou\u00adpeaux de trois cents \u00e0 quatre cents, confi\u00e9s cha\u00adcun \u00e0 deux p\u00e2tres et m\u00e9tho\u00addi\u00adque\u00adment dis\u00adtri\u00adbu\u00e9s dans la mon\u00adtagne. On uti\u00adlise les her\u00adbages aus\u00adsi ration\u00adnel\u00adle\u00adment que les terres de culture. Voi\u00adl\u00e0 encore un fait qui a son importance.<\/p>\n<p>Le com\u00admerce fut socia\u00adli\u00ads\u00e9 trois mois apr\u00e8s la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion. La force des choses y pous\u00adsa. Les prix mon\u00adtaient, la sp\u00e9\u00adcu\u00adla\u00adtion mena\u00ad\u00e7ait tout. On ramas\u00adsa toutes les mar\u00adchan\u00addises et on les mit dans une coop\u00e9\u00adra\u00adtive muni\u00adci\u00adpale divi\u00ads\u00e9e en trois sec\u00adtions&nbsp;: comes\u00adtibles, tis\u00adsus, huile et vin. L\u2019huile, le vin, le sucre et la viande sont sou\u00admis au ration\u00adne\u00adment. Tout le reste se consomme libre\u00adment. On s\u2019en remet \u00e0 la conscience de cha\u00adcun. L\u2019examen des livrets de consom\u00adma\u00adtion, dans les\u00adquels figurent les v\u00eate\u00adments, prouve que jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9\u00adsent la conscience n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un vain mot. Les mar\u00adchan\u00addises prises par un m\u00e9nage du 14 au 28 avril valent exac\u00adte\u00adment 11 pese\u00adtas 75 cen\u00adtimes, y com\u00adpris le sucre. Disons que chaque famille obtient ses l\u00e9gumes sur un mor\u00adceau de terre qu\u2019elle tra\u00advaille le dimanche et o\u00f9 elle s\u00e8me et plante, dans les pro\u00adpor\u00adtions qu\u2019il lui pla\u00eet, ce qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e8re.<\/p>\n<p>On enre\u00adgistre les d\u00e9penses de cha\u00adcun et la valeur de ce qu\u2019il apporte. Comme il n\u2019y avait pas de gre\u00adniers assez grands pour conte\u00adnir toute la r\u00e9colte, chaque famille gar\u00adda son bl\u00e9&nbsp;; elle le donne \u00e0 mesure qu\u2019on en a besoin pour la consom\u00adma\u00adtion locale ou pour la vente \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Cette pra\u00adtique n\u2019implique pas un \u00e9qui\u00adlibre for\u00adc\u00e9 entre pro\u00adduc\u00adtion d\u2019hier et consom\u00adma\u00adtion d\u2019au\u00adjourd\u2019\u00adhui. Tous ont un \u00e9gal acc\u00e8s aux vivres, et les m\u00eames limites. Des familles qui n\u2019avaient pas de terre et qui n\u2019ont rien appor\u00adt\u00e9 ont exac\u00adte\u00adment le m\u00eame droit que les autres \u00e0 deman\u00adder et \u00e0 rece\u00advoir, d\u2019apr\u00e8s les r\u00e9serves communes.<\/p>\n<p>Tous les efforts sont concen\u00adtr\u00e9s sur l\u2019agriculture. La construc\u00adtion de mai\u00adsons est rel\u00e9\u00adgu\u00e9e \u00e0 plus tard. Mais cinq ma\u00e7ons se d\u00e9dient \u00e0 faire des r\u00e9pa\u00adra\u00adtions. Aupa\u00adra\u00advant, il fal\u00adlait, pour r\u00e9pa\u00adrer une demeure, construire un mur ou une chambre, pas\u00adser par tout un appa\u00adreil bureau\u00adcra\u00adtique, faire des d\u00e9penses de papier tim\u00adbr\u00e9 et attendre pen\u00addant des semaines et des mois l\u2019autorisation offi\u00adcielle. La Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 agit plus promp\u00adte\u00adment. Elle envoie sim\u00adple\u00adment ses ma\u00e7ons o\u00f9 leur tra\u00advail est n\u00e9ces\u00adsaire. Les entraves de l\u2019\u00c9tat ont dis\u00adpa\u00adru. Elles n\u2019ont plus du reste de jus\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtion th\u00e9o\u00adrique. Per\u00adsonne n\u2019a d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 construire avec de mau\u00advais mat\u00e9\u00adriaux. Per\u00adsonne n\u2019est indif\u00adf\u00e9\u00adrent \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique du vil\u00adlage. Il n\u2019y a plus de divi\u00adsion entre la popu\u00adla\u00adtion et l\u2019autorit\u00e9. C\u2019est la popu\u00adla\u00adtion qui fait les choses par elle-m\u00eame, et pour elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Les ouvriers qui tra\u00advaillent dans les autres petites indus\u00adtries ont \u00e9t\u00e9 regrou\u00adp\u00e9s comme les ma\u00e7ons&nbsp;; les menui\u00adsiers ne font qu\u2019un groupe&nbsp;; les ouvriers sur m\u00e9taux aus\u00adsi. Avant, chaque arti\u00adsan tra\u00advaillait par son compte, dis\u00adpu\u00adtant les clients aux autres, fai\u00adsant \u00e0 la main ce qu\u2019on pou\u00advait faire \u00e0 la machine, pro\u00addui\u00adsant deux ou trois fois moins de ce qu\u2019il pro\u00adduit maintenant.<\/p>\n<p>Le m\u00e9de\u00adcin et le phar\u00adma\u00adcien n\u2019ont pas vou\u00adlu entrer dans la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9. Ils ont adh\u00e9\u00adr\u00e9 \u00e0 l\u2019UGT [[Union g\u00e9n\u00e9\u00adrale des Tra\u00advailleurs, cen\u00adtrale syn\u00addi\u00adcale socia\u00adliste.]], et contrai\u00adre\u00adment au m\u00e9de\u00adcin d\u2019Alcol\u00e9a, qui en fait aus\u00adsi par\u00adtie, ils ob\u00e9issent aux mots d\u2019ordre lan\u00adc\u00e9s par cette orga\u00adni\u00adsa\u00adtion. Ils re\u00e7oivent mal\u00adgr\u00e9 tout ce qu\u2019il leur faut pour vivre, et ils obtien\u00addraient, s\u2019ils \u00e9taient soli\u00addaires du peuple, tous les \u00e9l\u00e9\u00adments de culture et de tra\u00advail. Leur atti\u00adtude nuit \u00e0 leur acti\u00advi\u00adt\u00e9. Le m\u00e9de\u00adcin ne peut pas ache\u00adter par ses propres moyens les ins\u00adtru\u00adments, les appa\u00adreils et m\u00eame toutes les publi\u00adca\u00adtions qu\u2019il lui faut pour tra\u00advailler et suivre pas \u00e0 pas les pro\u00adgr\u00e8s de la science m\u00e9di\u00adcale. Et comme il reste en marge de la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9, celle-ci ne se hasarde pas \u00e0 les lui pro\u00adcu\u00adrer. Per\u00adsonne ne gagne \u00e0 cette situa\u00adtion, mais les malades et la san\u00adt\u00e9 publique y perdent. L\u2019hygi\u00e8ne m\u00eame s\u2019en res\u00adsent, puisque c\u2019est une fonc\u00adtion sociale qui doit \u00eatre diri\u00adg\u00e9e sur un plan g\u00e9n\u00e9\u00adral, et non pas du cabi\u00adnet d\u2019un doc\u00adteur qui gu\u00e9\u00adrit quand il peut et quand on le paie, mais qui ne pr\u00e9\u00advoit g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment abso\u00adlu\u00adment&nbsp;rien.<\/p>\n<p>Les pay\u00adsans liber\u00adtaires de Bal\u00adlo\u00adbar savent, tout autant que ceux du reste de l\u2019Aragon, la valeur de la culture intel\u00adlec\u00adtuelle. Ils ont ins\u00adtal\u00adl\u00e9 des biblio\u00adth\u00e8ques publiques. Mais l\u2019\u00e9cole aus\u00adsi les pr\u00e9\u00adoc\u00adcupe. Sur un ma\u00eetre et trois ma\u00ee\u00adtresses, il ne res\u00adtait qu\u2019une ma\u00ee\u00adtresse. Les autres \u00e9taient et se trouvent dans le ter\u00adri\u00adtoire occu\u00adp\u00e9 par les fas\u00adcistes. On a fait venir deux ma\u00eetres de Bar\u00adce\u00adlone, et on leur donne toutes faci\u00adli\u00adt\u00e9s pour se pro\u00adcu\u00adrer ce qu\u2019il faut pour l\u2019accomplissement de leur t\u00e2che. Un auxi\u00adliaire choi\u00adsi par\u00admi les jeunes gens les plus ins\u00adtruits du vil\u00adlage les aide, et tous les enfants, sans excep\u00adtion., vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, o\u00f9 ils re\u00e7oivent obli\u00adga\u00adtoi\u00adre\u00adment l\u2019instruction jus\u00adqu\u2019\u00e0 qua\u00adtorze ans. C\u2019est \u00e9norme&nbsp;: en Espagne, cela ne s\u2019\u00e9tait jamais vu.<\/p>\n<p>Appli\u00adquant une r\u00e9so\u00adlu\u00adtion prise dans une assem\u00adbl\u00e9e g\u00e9n\u00e9\u00adrale, la Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 va m\u00eame plus loin. Elle a char\u00adg\u00e9 les ma\u00eetres de choi\u00adsir les quatre enfants qui ont fini le plus brillam\u00adment leurs \u00e9tudes et d\u00e9montrent le plus d\u2019aptitudes, pour les envoyer au col\u00adl\u00e8ge secon\u00addaire de Caspe. Tous les frais seront pay\u00e9s par&nbsp;elle.<\/p>\n<p>Dans une situa\u00adtion aus\u00adsi com\u00adplexe que celle que nous tra\u00adver\u00adsons \u2013 guerre et r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion \u2013 cer\u00adtains fac\u00adteurs jouent en faveur, d\u2019autres contre les buts que l\u2019on pour\u00adsuit. Un des fac\u00adteurs adverses est la construc\u00adtion de for\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtions, dans des zones dif\u00adf\u00e9\u00adrentes. L\u2019\u00c9tat paie dix pese\u00adtas par jour, en mon\u00adnaie natio\u00adnale. Les plus \u00e9go\u00efstes se sont lais\u00ads\u00e9 ten\u00adter, car je n\u2019affirmerai pas, ce qui serait ridi\u00adcule, que l\u2019interpr\u00e9tation terre \u00e0 terre de l\u2019int\u00e9r\u00eat per\u00adson\u00adnel a dis\u00adpa\u00adru com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment. Mais bien sou\u00advent, quoique ayant besoin d\u2019argent pour ache\u00adter dans les villes des pro\u00adduits qu\u2019elles n\u2019ont pas, les Col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9s ont refu\u00ads\u00e9 d\u2019envoyer des hommes aux for\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtions, ou ont four\u00adni seule\u00adment le nombre indis\u00adpen\u00adsable. Elles veulent avant tout assu\u00adrer la r\u00e9colte et les pro\u00adduits de la terre pour ali\u00admen\u00adter l\u2019Espagne. Elles savent que la mon\u00adnaie papier qu\u2019on leur donne ne leur sera d\u2019aucune uti\u00adli\u00adt\u00e9 si elle ne sert pas \u00e0 se pro\u00adcu\u00adrer du pain, des l\u00e9gumes, du lait ou de la viande. Leur simple bon sens vaut autant que la science des \u00e9conomistes.<\/p>\n<p>Mais quand il faut c\u00e9der, pour ne pas \u00eatre accu\u00ads\u00e9 par sa propre conscience de n\u2019avoir pas aid\u00e9 \u00e0 \u00e9ri\u00adger des moyens de d\u00e9fense contre une menace per\u00adma\u00adnente d\u2019invasion, elles d\u00e9cident presque tou\u00adjours que l\u2019argent tou\u00adch\u00e9 sera ver\u00ads\u00e9 \u00e0 la caisse com\u00admune. Vingt-cinq hommes de Bal\u00adlo\u00adbar furent d\u00e9si\u00adgn\u00e9s, comme maxi\u00admum dis\u00adpo\u00adnible, pour aller tra\u00advailler aux for\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtions. Ils y res\u00adt\u00e8rent quatre mois, puis revinrent. L\u2019argent qu\u2019ils ont tou\u00adch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 int\u00e9\u00adgra\u00adle\u00adment ver\u00ads\u00e9 \u00e0 la caisse commune.<\/p>\n<p>[\/\u200bGaston <sc>Leval<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[[N. de la R. \u2013 Cette \u00e9tude, qui d\u00e9crit l\u2019histoire d\u2019une col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adsa\u00adtion dans un vil\u00adlage espa\u00adgnol pen\u00addant la R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion qui eut lieu \u00e0 l\u2019\u00e9poque indi\u00adqu\u00e9e, nous semble un exemple de pra\u00adtique huma\u00adniste sur le ter\u00adrain concret de la vie sociale et mat\u00e9\u00adrielle. Cet exemple peut nous don\u00adner \u00e0 r\u00e9fl\u00e9\u00adchir uti\u00adle\u00adment. 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