{"id":4221,"date":"2020-08-01T11:14:42","date_gmt":"2020-08-01T11:14:42","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/08\/01\/carnet-de-promenade-3\/"},"modified":"2020-08-01T11:14:42","modified_gmt":"2020-08-01T11:14:42","slug":"carnet-de-promenade-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2020\/08\/01\/carnet-de-promenade-3\/","title":{"rendered":"Carnet de promenade"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4221?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4221?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p><em>C\u2019est parce que la rue se montre infi\u00adni\u00adment pro\u00addigue en hypo\u00adth\u00e8ses vari\u00e9es que l\u2019aventure d\u00e9serte les vieux noms de la g\u00e9o\u00adgra\u00adphie qui atti\u00adraient les aven\u00adtu\u00adriers comme le p\u00f4le attire l\u2019aiguille aimant\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p>(Pierre Mac Orlan \u2013 Le d\u00e9cor sen\u00adti\u00admen\u00adtal<em>)<\/em>.<\/p>\n<p>Pour\u00adquoi s\u2019en aller au loin&nbsp;? La rapi\u00addi\u00adt\u00e9 et les faci\u00adli\u00adt\u00e9s de d\u00e9pla\u00adce\u00adment ont fait de tels pro\u00adgr\u00e8s, les moyens de connais\u00adsance et de trans\u00admis\u00adsion se sont mul\u00adti\u00adpli\u00e9s \u00e0 tel point que, d\u00e9bar\u00adquant d\u2019Europe en Afrique, en Asie ou en Am\u00e9\u00adrique, vous n\u2019y trou\u00advez plus qu\u2019images fami\u00adli\u00e8res et un d\u00e9cor dans lequel vous ont cent fois men\u00e9 les livres, la pho\u00adto\u00adgra\u00adphie, le cin\u00e9\u00adma, la t\u00e9l\u00e9\u00advi\u00adsion\u2026 Vous avez fran\u00adchi des mil\u00adliers de kilo\u00adm\u00e8tres pour atter\u00adrir en un lieu o\u00f9 il vous semble avoir d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu. Le tou\u00adrisme a rem\u00adpla\u00adc\u00e9 l\u2019exploration. Ce qui fai\u00adsait autre\u00adfois le charme des voyages, c\u2019\u00e9tait le mys\u00adt\u00e8re et les dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9s. \u00c0 pr\u00e9\u00adsent les agences sp\u00e9\u00adcia\u00adli\u00ads\u00e9es vous assurent que \u00ab&nbsp;vous ne par\u00adtez plus \u00e0 l\u2019aventure&nbsp;\u00bb. D\u2019accord, mais alors, \u00e0 quoi&nbsp;bon&nbsp;?<\/p>\n<p>Et puis, le voya\u00adgeur moderne est un homme pres\u00ads\u00e9. Il ne s\u2019installe pas pour long\u00adtemps au m\u00eame endroit. Il n\u2019arrive que pour repar\u00adtir. Il ne musarde pas, il n\u2019est pas l\u00e0 pour \u00e7a. Il a des horaires \u00e0 res\u00adpec\u00adter, des mus\u00e9es \u00e0 visi\u00adter, des sou\u00adve\u00adnirs \u00e0 rap\u00adpor\u00adter aux amis, des cartes pos\u00adtales \u00e0 envoyer. Bref, lais\u00adsez donc la voi\u00adture, l\u2019autocar, le bateau, l\u2019avion. Sans doute, si j\u2019osais mon\u00adtrer le fond de ma pen\u00ads\u00e9e, dirais-je que lorsque le d\u00e9mon de l\u2019aventure nous sai\u00adsit, le mieux me para\u00eet \u00eatre de ne pas sor\u00adtir de chez soi, de s\u2019asseoir dans un fau\u00adteuil et de don\u00adner la liber\u00adt\u00e9 \u00e0 son ima\u00adgi\u00adna\u00adtion. N\u00e9an\u00admoins, prendre quelque exer\u00adcice est recom\u00adman\u00add\u00e9. Ne soyons donc pas exces\u00adsifs dans notre com\u00adpor\u00adte\u00adment. Ouvrons la porte et allons\u2026 Pour un pi\u00e9\u00adton de bonne volon\u00adt\u00e9, une fl\u00e2\u00adne\u00adrie dans les rues de Paris porte en elle autant de pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9s mer\u00adveilleuses qu\u2019une croi\u00adsi\u00e8re en Terre de feu. J\u2019exag\u00e8re&nbsp;? \u00c0 peine. Invo\u00adlon\u00adtai\u00adre\u00adment sur\u00adprise au vol, la phrase d\u2019un pas\u00adsant ano\u00adnyme se confes\u00adsant \u00e0 haute voix nous pro\u00adjette dans un monde bizarre, absurde, par\u00adfai\u00adte\u00adment irrationnel.<\/p>\n<h2>L\u2019insolite quotidien<\/h2>\n<p>Les trans\u00adports en sur\u00adface inci\u00adte\u00adraient-ils moins que les trans\u00adports sou\u00adter\u00adrains, aux spec\u00adtacles \u00e9tranges et, plus qu\u2019eux, aux r\u00e9flexions \u00e9ton\u00adnantes&nbsp;? Si l\u2019on peut ren\u00adcon\u00adtrer actuel\u00adle\u00adment dans les cou\u00adloirs du m\u00e9tro un accor\u00add\u00e9o\u00adniste que l\u2019on croi\u00adrait sor\u00adti de la chan\u00adson d\u2019\u00c9dith Piaf, c\u2019est dans l\u2019autobus 27 que j\u2019ai vu un incon\u00adnu d\u2019un cer\u00adtain \u00e2ge, bour\u00adgeoi\u00adse\u00adment et de noir v\u00eatu, lais\u00adser, sans s\u2019en aper\u00adce\u00advoir, tom\u00adber un gant en ten\u00addant les tickets pour le par\u00adcours. Un jeune homme obli\u00adgeant ramas\u00adsa le&nbsp;gant&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Mon\u00adsieur, c\u2019est \u00e0 vous, n\u2019est-ce pas&nbsp;?<br> \u2013 Mille fois mer\u00adci, fit le voya\u00adgeur dis\u00adtrait en repre\u00adnant son&nbsp;bien.<\/p>\n<p>Il consi\u00add\u00e9\u00adra le gant un ins\u00adtant, avant d\u2019ajouter d\u2019une voix&nbsp;grave&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 <em>Mer\u00adci d\u2019autant plus que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 per\u00addu l\u2019autre<\/em>.<\/p>\n<p>Ces sortes de pro\u00adpos tirent \u00e9vi\u00addem\u00adment leur \u00e9clat de leur authen\u00adti\u00adci\u00adt\u00e9. Ce ne sont pas mots d\u2019auteur, mais r\u00e9flexions spon\u00adta\u00adn\u00e9es de gens qui ne cherchent pas \u00e0 \u00ab&nbsp;faire un effet&nbsp;\u00bb. Comme on dit, c\u2019est \u00e7a la vie&nbsp;! Ain\u00adsi, encore dans l\u2019autobus \u2013 le 83, cette fois \u2013 deux braves femmes, cor\u00adpu\u00adlentes et char\u00adg\u00e9es de paquets, aux che\u00adveux blancs sous la tein\u00adture blonde, bavar\u00addaient devant moi sans r\u00e9pit. Dans le silence rela\u00adtif d\u2019un arr\u00eat, l\u2019une d\u2019elles d\u00e9cla\u00adra len\u00adte\u00adment, en met\u00adtant du poids dans chaque syl\u00adlabe, comme nous fai\u00adsons tous, plus ou moins, quand nous pr\u00e9\u00adten\u00addons philosopher&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 <em>J\u2019ai enter\u00adr\u00e9 mon p\u00e8re, ma m\u00e8re, deux tantes, mon fils a\u00een\u00e9 et une belle-fille. Eh bien, j\u2019ai beau faire, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019habituer. \u00c7a me fait chaque fois quelque chose.<\/em><\/p>\n<p>La remarque me rap\u00adpelle cet aveu d\u2019une com\u00admer\u00ad\u00e7ante de mon quar\u00adtier, veuve pour la deuxi\u00e8me fois, \u00e0 qui je pr\u00e9\u00adsen\u00adtais mes condol\u00e9ances&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 <em>Je n\u2019avais pas appr\u00e9\u00adci\u00e9 la mort de mon pre\u00admier mari comme j\u2019appr\u00e9cie la mort du second<\/em>.<\/p>\n<p>Simple mal\u00aden\u00adten\u00addu sur le sens du verbe appr\u00e9cier&nbsp;?<\/p>\n<p>On ne d\u00e9couvre pas tou\u00adjours ais\u00e9\u00adment le m\u00e9ca\u00adnisme dra\u00adma\u00adtique, po\u00e9\u00adtique ou comique des paroles enten\u00addues. N\u2019est-ce pas le propre de l\u2019enchantement, d\u2019\u00eatre mys\u00adt\u00e9\u00adrieux&nbsp;? Par exemple, je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 que je pas\u00adsais devant un immeuble du bou\u00adle\u00advard Edgar-Qui\u00adnet au moment o\u00f9 la concierge pen\u00adch\u00e9e hors de sa fen\u00eatre, confiait \u00e0 une m\u00e9na\u00adg\u00e8re de sa connais\u00adsance, d\u2019une voix tremblante&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 <em>Et on venait le cher\u00adcher la nuit pour la traite des blanches<\/em>\u2026<\/p>\n<h2>Instantan\u00e9 par ciel&nbsp;gris<\/h2>\n<p>Par\u00adfois, la sc\u00e8ne peut nous para\u00eetre muette, sans perdre pour autant de son pou\u00advoir \u00e9vocateur.<\/p>\n<p>Un dimanche matin vers 11 heures, devant les b\u00e2ti\u00adments du Louvre, sur les berges du fleuve et face \u00e0 l\u2019Institut, deux clo\u00adchards d\u00e9jeu\u00adnaient. Ils \u00e9taient assis cha\u00adcun sur un cageot \u2013 et sur un troi\u00adsi\u00e8me cageot, qui leur ser\u00advait de table, il y avait&nbsp;: un litre de rouge, du pain et un camem\u00adbert. Je les regar\u00addais du Pont des Arts, mais c\u2019\u00e9tait eux qui domi\u00adnaient la situa\u00adtion par leur air de d\u00e9sin\u00advol\u00adture. Pas\u00adsa une dame, d\u2019allure \u00e9l\u00e9\u00adgante, sur\u00adveillant la pro\u00adme\u00adnade de ses deux chiens&nbsp;: un fox blanc et un bar\u00adbet noir. Avi\u00adsant les deux hommes, fox et bar\u00adbet all\u00e8rent \u00e0 eux en fr\u00e9\u00adtillant. Le camem\u00adbert, peut-\u00eatre, avait \u00e9veill\u00e9 leur int\u00e9\u00adr\u00eat. Ils furent accueillis avec ami\u00adti\u00e9, grat\u00adt\u00e9s sur la t\u00eate, gra\u00adti\u00adfi\u00e9s de bouts de fro\u00admage que les deux clo\u00adchards leur ten\u00addaient en pour\u00adsui\u00advant la conservation.<\/p>\n<p>\u00c0 dix m\u00e8tres de l\u00e0, la ma\u00ee\u00adtresse des deux chiens s\u2019\u00e9tait arr\u00ea\u00adt\u00e9e. Au bout de quelques minutes, elle s\u2019approcha. Les deux clo\u00adchards se lev\u00e8rent de leur si\u00e8ge \u2013 celui des deux, le plus \u00e2g\u00e9, qui por\u00adtait un b\u00e9ret, l\u2019enleva et l\u2019autre s\u2019inclina. Sans doute furent-ils pri\u00e9s de se ras\u00adseoir, car ils reprirent place sur leurs caisses fra\u00adgiles. Je n\u2019ai pas enten\u00addu les pro\u00adpos ensuite \u00e9chan\u00adg\u00e9s, mais tous les visages \u00e9taient sou\u00adriants. Tableau d\u2019une sub\u00adtile qua\u00adli\u00adt\u00e9. Le fox avait pos\u00e9 son museau sur un genou du vieux clo\u00adchard et le bar\u00adbet s\u2019\u00e9tait assis aux pieds du plus jeune. Cinq \u00eatres, humains et ani\u00admaux, vivaient sous le ciel gris une mira\u00adcu\u00adleuse minute d\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p>De tels moments ne peuvent s\u2019\u00e9terniser. La dame s\u2019\u00e9loigna bien\u00adt\u00f4t, les chiens la sui\u00advirent, et les deux clo\u00adchards res\u00adt\u00e8rent sur la berge, avec leur bo\u00eete de fro\u00admage&nbsp;vide.<\/p>\n<h2>Les \u00ab&nbsp;M\u00e9moires en chansons&nbsp;\u00bb de Pierre Mac&nbsp;Orlan<\/h2>\n<p>Dans l\u2019avant-propos \u00e0 ses \u00ab&nbsp;M\u00e9moires en chan\u00adsons&nbsp;\u00bb, qu\u2019il vient de publier chez Gal\u00adli\u00admard, Pierre Mac Orlan observe&nbsp;:<\/p>\n<blockquote><p>Il est dif\u00adfi\u00adcile d\u2019\u00e9crire sur la chan\u00adson qui par son pou\u00advoir pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment sen\u00adti\u00admen\u00adtal \u00e9chappe \u00e0 tous les argu\u00adments de la cri\u00adtique lit\u00adt\u00e9\u00adraire. On peut cri\u00adti\u00adquer une \u0153uvre lit\u00adt\u00e9\u00adraire&nbsp;; mais la chan\u00adson n\u2019est pas une \u0153uvre stric\u00adte\u00adment lit\u00adt\u00e9\u00adraire, c\u2019est un \u00e9l\u00e9\u00adment de la vie, un \u00e9l\u00e9\u00adment presque tou\u00adjours popu\u00adlaire qui na\u00eet d\u2019une rue, d\u2019un pay\u00adsage, d\u2019un nom de fille et d\u2019un espoir anar\u00adchique dans une sorte de liber\u00adt\u00e9 de penser.<\/p><\/blockquote>\n<p>On n\u2019ignore pas le go\u00fbt que Mac Orlan a tou\u00adjours mani\u00adfes\u00adt\u00e9 pour la chan\u00adson. D\u00e9j\u00e0 il en \u00e9cri\u00advait en 1905, lorsqu\u2019il \u00e9tait ce tr\u00e8s jeune des\u00adsi\u00adna\u00adteur cher\u00adchant sa voie \u00e0 Mont\u00admartre en com\u00adpa\u00adgnie d\u2019un chien bas\u00adset. L\u2019accord\u00e9on lui a ins\u00adpi\u00adr\u00e9, outre les vers de l\u2019<em>Infla\u00adtion sen\u00adti\u00admen\u00adtale<\/em>.<\/p>\n<poesie>Cet ins\u00adtru\u00adment se pla\u00eet \u00e0 rendre ser\u00advice indiff\u00e9remment<br>\nAux hommes de qua\u00adli\u00adt\u00e9s excep\u00adtion\u00adnelles, aux pauvres \u00e9galement\n<p>Aux uns il apporte l\u2019illusion d\u2019\u00eatre riches<br>\nAux autres celle d\u2019avoir connu la mis\u00e8re.<\/p><\/poesie>\n<p>et cent autres varia\u00adtions po\u00e9\u00adtiques, les belles pages \u00e0 relire dans <em>Masques sur mesure<\/em> (dont l\u2019\u00e9dition d\u00e9fi\u00adni\u00adtive est parue r\u00e9cem\u00adment, tou\u00adjours chez Gallimard)&nbsp;:<\/p>\n<blockquote><p>Au cr\u00e9\u00adpus\u00adcule de la nuit, dans tous les pays du Nord, des accor\u00add\u00e9ons lumi\u00adneux consacrent, jusqu\u2019\u00e0 son extr\u00eame limite, l\u2019exaltation sen\u00adti\u00admen\u00adtale des cit\u00e9s ouvri\u00e8res. Et quand toutes les lumi\u00e8res de la ville, celles des ave\u00adnues, des gares et des cin\u00e9\u00admas, luttent avec avan\u00adtage contre la nuit, ils s\u2019\u00e9teignent un \u00e0 un apr\u00e8s avoir por\u00adt\u00e9 la m\u00e9lan\u00adco\u00adlie \u00e0 son point litt\u00e9raire\u2026<\/p><\/blockquote>\n<p>On a envie de conti\u00adnuer, de tout reco\u00adpier. \u00c7a ferait le meilleur num\u00e9\u00adro de l\u2019<em>Intrus<\/em>.<\/p>\n<p>Il ne faut donc pas s\u2019\u00e9tonner si Mac Orlan, dont les fid\u00e9\u00adli\u00adt\u00e9s sont sans faille (son \u0153uvre m\u00eame est de la plus par\u00adfaite uni\u00adt\u00e9), l\u2019heure venue o\u00f9 cha\u00adcun y va de ses sou\u00adve\u00adnirs, \u00e9crit ses <em>\u00e9moires sous forme de chan\u00adsons. Il conti\u00adnue ain\u00adsi d\u2019avancer sur le che\u00admin de sa jeu\u00adnesse. Sur\u00adtout, s\u2019il est bien, comme il le dit, sou\u00advent pr\u00e9\u00adsent dans le d\u00e9cor et l\u2019action de ses chan\u00adsons, il faut l\u2019y devi\u00adner, aller l\u2019y cher\u00adcher \u2013 et il n\u2019aime gu\u00e8re se mon\u00adtrer autre\u00adment qu\u2019\u00e0 ses&nbsp;amis.<\/em><\/p>\n<p>Il me para\u00eet r\u00e9con\u00adfor\u00adtant que sur des musiques de H. J. Dupuy, Phi\u00adlippe-G\u00e9rard, Georges. Van Parys, V. Mar\u00adceau, Willy Grou\u00advel ou Chris\u00adtiane Ver\u00adger, les voix de Monique Morel\u00adli, de Fran\u00adces\u00adca Sol\u00adle\u00adville, de Ger\u00admaine Mon\u00adte\u00adro, de Juliette Gr\u00e9\u00adco et d\u2019autres lancent aux quatre vents de la terre, avec l\u2019aide du disque et de la radio, les chan\u00adsons de Pierre Mac Orlan. Son \u0153uvre, des pre\u00admiers livres aux \u00ab&nbsp;Chan\u00adsons pour l\u2019aventure immo\u00adbile&nbsp;\u00bb est le chant d\u2019un po\u00e8te qui hausse jusqu\u2019au mer\u00adveilleux et au mythe, l\u2019imaginaire du quotidien.<\/p>\n<p>\u00c0 ce chant, qui a d\u2019harmonieuses mais puis\u00adsantes r\u00e9so\u00adnances, Mac Orlan aime ajou\u00adter, par ses chan\u00adsons, une m\u00e9lo\u00addie plus proche du sen\u00adti\u00adment popu\u00adlaire, m\u00e9lo\u00addie tr\u00e8s per\u00adson\u00adnelle, m\u00e9lan\u00adco\u00adlique et insi\u00adnuante. Mais quoique ses chan\u00adsons soient de vraies chan\u00adsons, le po\u00e8te ne cesse de veiller, ain\u00adsi qu\u2019en t\u00e9moigne le refrain de \u00ab&nbsp;\u00c0 Sainte Savine&nbsp;\u00bb ouvrant les \u00ab&nbsp;M\u00e9moires&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Le vent qui se mor\u00adfond dans les plus hautes branches<br>\nS\u2019en vient, s\u2019en va, revient ser\u00advi\u00adteur de l\u2019oubli.<br>\nO\u00f9 sont les lilas blancs des filles du dimanche<br>\nEt les tristes exploits des amants malappris&nbsp;?<\/poesie>\n<p>[\/\u200bFernand Pouey\/]<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est parce que la rue se montre infi\u00adni\u00adment pro\u00addigue en hypo\u00adth\u00e8ses vari\u00e9es que l\u2019aventure d\u00e9serte les vieux noms de la g\u00e9o\u00adgra\u00adphie qui atti\u00adraient les aven\u00adtu\u00adriers comme le p\u00f4le attire l\u2019aiguille aiman\u00adt\u00e9e. (Pierre Mac Orlan \u2013 Le d\u00e9cor sen\u00adti\u00admen\u00adtal). Pour\u00adquoi s\u2019en aller au loin&nbsp;? La rapi\u00addi\u00adt\u00e9 et les faci\u00adli\u00adt\u00e9s de d\u00e9pla\u00adce\u00adment ont fait de tels progr\u00e8s,&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[517],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-4221","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lintrus-n3-3-fevrier-1966"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4221\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4221"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=4221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}