{"id":499,"date":"1948-10-01T02:00:31","date_gmt":"1948-10-01T02:00:31","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/06\/24\/les-films-paris-1900\/"},"modified":"2024-04-17T08:42:15","modified_gmt":"2024-04-17T08:42:15","slug":"les-films-paris-1900","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1948\/10\/01\/les-films-paris-1900\/","title":{"rendered":"Les films&nbsp;: \u00ab&nbsp;Paris&nbsp;1900&nbsp;\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/499?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/499?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>Fouiller dans la fer\u00adraille h\u00e9t\u00e9\u00adro\u00adclite des car\u00adre\u00adfours de l\u2019a\u00adban\u00addon les signes vivants d\u2019un mer\u00adveilleux publi\u00e9 dans la course macabre du monde, les images ray\u00e9es, jau\u00adnies et path\u00e9\u00adtiques d\u2019un monde dis\u00adpa\u00adru, cher\u00adcher \u00e0 la lumi\u00e8re du hasard, aux feux de la chance, par ces \u00ab&nbsp;esca\u00adliers de l\u2019oc\u00adca\u00adsion&nbsp;\u00bb que Bre\u00adton aimait tant chez Eluart, d\u00e9cou\u00advrir des ins\u00adtants de vie, assem\u00adbler, choi\u00adsir, d\u00e9cou\u00adper intel\u00adli\u00adgem\u00adment, puis mon\u00adter, cr\u00e9er une ossa\u00adture, une struc\u00adture d\u2019en\u00adsemble, d\u00e9co\u00adrer l\u2019al\u00adbum pour le visi\u00adter plus joli\u00adment, faire un film inou\u00ef avec des bouts de films, mon\u00adtrer par le seul mani\u00adfeste de l\u2019au\u00adthen\u00adti\u00adci\u00adt\u00e9 une g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtion aux yeux sur\u00adpris d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtion, faire revivre une vie qui n\u2019est plus n\u00f4tre, c\u2019\u00e9\u00adtait l\u00e0, n\u2019en dou\u00adtons pas, une id\u00e9e de po\u00e8te, une entre\u00adprise d\u2019une ori\u00adgi\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 admi\u00adrable au seul usage des fl\u00e2\u00adneurs, de ceux qui d\u00e9am\u00adbulent et pro\u00adm\u00e8nent leur sou\u00adrire dans les rues du monde et dans les rues du temps\u2026 C\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9 par Nicole V\u00e9dr\u00e9s et sa petite \u00e9quipe de col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adteurs. Par\u00adtis, apr\u00e8s Proust, mais dans un autre genre et sur un autre plan de vision, \u00e0 une nou\u00advelle recherche du temps per\u00addu, Nicole V\u00e9dr\u00e9s et ses col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adteurs ont fait du cin\u00e9\u00adma le ter\u00adrible lan\u00adgage de la tra\u00adg\u00e9\u00addie de la qua\u00adtri\u00e8me dimen\u00adsion&nbsp;: la tra\u00adg\u00e9\u00addie du&nbsp;Temps.<\/p>\n<p>Ce film est un \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adment et pas un autre que lui ne m\u00e9ri\u00adtait mieux le \u00ab&nbsp;Delus&nbsp;\u00bb en 1947. Il a en lui cette po\u00e9\u00adsie de l\u2019In\u00adso\u00adlite et les bouf\u00adf\u00e9es de charme d\u2019une \u00e9poque qui s\u2019en est all\u00e9e un jour vers sa perte, avec un train de mobi\u00adli\u00ads\u00e9s, en ao\u00fbt 1914, appor\u00adtant de mot FIN \u00e0 la plus dor\u00e9e et la plus char\u00admante des par\u00adcelles de l\u2019his\u00adtoire de l\u2019\u00e2me de la France.<\/p>\n<p>Ce mon\u00adtage cin\u00e9\u00adma\u00adto\u00adgra\u00adphique m\u2019a pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment \u00e9mu. Ose\u00adrai-je dire qu\u2019il m\u2019a fait mal\u2026 Ce qui \u00e9meut, ce qui sai\u00adsit, c\u2019est cette trans\u00adfi\u00adgu\u00adra\u00adtion que nous apporte chaque image. Et la gri\u00adsaille de la pho\u00adto\u00adgra\u00adphie n\u2019y est pour rien. Ces images ajou\u00adt\u00e9es les unes aux autres ne res\u00adti\u00adtuent pas seule\u00adment les quelques ins\u00adtan\u00adta\u00adn\u00e9s d\u2019une \u00e9poque, elles portent en elles un style, une allure, un par\u00adfum, dis\u00adpa\u00adrus, morts, per\u00addus. C\u2019est bien, en effet, d\u2019un film dont le son est enray\u00e9 qu\u2019il s\u2019a\u00adgit, une cla\u00admeur muette appar\u00adte\u00adnant aux plus belles ombres d\u2019un pas\u00ads\u00e9 proche.<\/p>\n<p>Regar\u00addez. Voi\u00adci com\u00adment c\u2019\u00e9\u00adtait alors, ici et l\u00e0&nbsp;; voi\u00adci R\u00e9jane, Julia Bar\u00adtet dans <em>Le Retour d\u2019U\u00adlysse<\/em>&nbsp;; le divin Mou\u00adnet-Sul\u00adly&nbsp;; voi\u00adci les anar\u00adchistes de l\u2019\u00e9\u00adpoque h\u00e9ro\u00efque. Voi\u00adci Gide et Val\u00e9\u00adry dans les all\u00e9es du Luxem\u00adbourg qui les m\u00e8nent peut-\u00eatre aux Terres Nou\u00advelles&nbsp;; voi\u00adci un duel entre Pierre Veber et L\u00e9on Blum&nbsp;; voi\u00adci des modes, les nou\u00adveau\u00adt\u00e9s, audaces, les \u00e9l\u00e9\u00adgances, les Salons, les toiles, les grandes inven\u00adtions. Voi\u00adci D\u00e9rou\u00adl\u00e8de le gro\u00adtesque pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addant Ara\u00adgon dans l\u2019hys\u00adt\u00e9\u00adrie des cocardes&nbsp;; voi\u00adci Bar\u00adr\u00e8s som\u00adbrant dans la r\u00e9ac\u00adtion. Voi\u00adci Paris, ses joies, ses mis\u00e8res, ses \u00e9clats de rire que l\u2019on \u00ab&nbsp;entend par les yeux&nbsp;\u00bb ain\u00adsi que le dirait Gance&nbsp;; voi\u00adci la pluie qui tombe alors que l\u2019on d\u00e9grade un mili\u00adtaire&nbsp;; voi\u00adci les pauvres qui ignorent qu\u2019ils sont dans une p\u00e9riode riche&nbsp;; voi\u00adci les riches qui semblent igno\u00adrer qu\u2019il y a des pauvres.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;1900&nbsp;\u00bb, cette \u00e9poque, cette belle \u00e9poque, nous para\u00eet \u00e9trange, sinon \u00e9tran\u00adg\u00e8re. Quelque chose est chan\u00adg\u00e9. Ce n\u2019est plus pareil. Ce bon temps heu\u00adreux, colo\u00adr\u00e9, ce monde rieur, bour\u00adr\u00e9 d\u2019es\u00adprit amou\u00adreux de l\u2019a\u00admour, artiste du plai\u00adsir, fr\u00e9\u00admis\u00adsant de ses Bou\u00adle\u00advards, de ses cris, des ses rires, de ses invec\u00adtives, de ses pas\u00adsions, ce monde-l\u00e0 est englou\u00adti dans les flots de notre psy\u00adcho\u00adlo\u00adgie ab\u00ee\u00adm\u00e9e. Tout \u00e7a, ce n\u2019est plus nous, c\u2019est&nbsp;fini.<\/p>\n<p>L\u2019ombre veilleuse et gran\u00addis\u00adsante est deve\u00adnue grande. Elle s\u2019est assom\u00adbrie davan\u00adtage. Le gris est deve\u00adnu noir. Un mau\u00advais&nbsp;noir.<\/p>\n<blockquote><p><em>Les rires ne sont plus de vrais&nbsp;rires.<\/em><br>\n<em>Les rythmes ne sont plus les&nbsp;m\u00eames.<\/em><br>\n<em>Quelque chose est&nbsp;bris\u00e9.<\/em><br>\n<em>La boh\u00e8me a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9e dans la tourmente.<\/em><br>\n<em>Le rideau est&nbsp;tomb\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>En allant \u00ab&nbsp;\u00c0 Ber\u00adlin&nbsp;\u00bb, le train de la FIN a conduit un moment de la res\u00adpi\u00adra\u00adtion de plu\u00adsieurs mil\u00adlions d\u2019\u00eatres dans l\u2019a\u00adb\u00eeme fatal o\u00f9 nous conti\u00adnuons de nous enfon\u00adcer. 1900 s\u2019a\u00adche\u00admine vers 1914 durant la der\u00adni\u00e8re s\u00e9quence, vers cette minute o\u00f9 un ap\u00f4tre socia\u00adliste tom\u00adbe\u00adra fra\u00adcas\u00ads\u00e9 au \u00ab&nbsp;Crois\u00adsant&nbsp;\u00bb, juste avant le signal de l\u2019aveuglement.<\/p>\n<p>Mais avant cela, elles ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u2019elles ces images d\u2019une \u00e9poque rayon\u00adnante, riante et ado\u00adrable. Aimons-les beau\u00adcoup, elles sont l\u00e0 pour&nbsp;\u00e7a&nbsp;!<\/p>\n<p>Le mou\u00adve\u00adment per\u00adp\u00e9\u00adtuel change de traits \u00e0 chaque quart de si\u00e8cle. 1900 est une note de musique. Elle ins\u00adpire. Elle \u00e9voque.<\/p>\n<p>Est-ce tel\u00adle\u00adment sa faute si nous ne lui res\u00adsem\u00adblons&nbsp;pas&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Roger Tous\u00adse\u00adnot<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fouiller dans la fer\u00adraille h\u00e9t\u00e9\u00adro\u00adclite des car\u00adre\u00adfours de l\u2019a\u00adban\u00addon les signes vivants d\u2019un mer\u00adveilleux publi\u00e9 dans la course macabre du monde, les images ray\u00e9es, jau\u00adnies et path\u00e9\u00adtiques d\u2019un monde dis\u00adpa\u00adru, cher\u00adcher \u00e0 la lumi\u00e8re du hasard, aux feux de la chance, par ces \u00ab&nbsp;esca\u00adliers de l\u2019oc\u00adca\u00adsion&nbsp;\u00bb que Bre\u00adton aimait tant chez Eluart, d\u00e9cou\u00advrir des instants&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":156,"featured_media":4535,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"wp-custom-template-page-d-article","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[636],"ppma_author":[820],"class_list":["post-499","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-defense-de-lhomme-n1-octobre-1948","tag-cinema"],"authors":[{"term_id":820,"user_id":156,"is_guest":0,"slug":"roger-toussenot","display_name":"Roger Toussenot","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/82d360caee09f51a05688430f50896302cd425e136887d9118788b9fab3d7807?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"","last_name":"Toussenot","first_name":"Roger","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/499","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/156"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=499"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/499\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6779,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/499\/revisions\/6779"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4535"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=499"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=499"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}