{"id":500,"date":"1948-10-01T02:10:23","date_gmt":"1948-10-01T02:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/06\/24\/reflexions-en-zigzag\/"},"modified":"2024-04-17T08:43:38","modified_gmt":"2024-04-17T08:43:38","slug":"reflexions-en-zigzag","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1948\/10\/01\/reflexions-en-zigzag\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions en zigzag"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/500?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/500?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>D\u00e9fense de l\u2019Homme. Un bien beau&nbsp;titre.<\/p>\n<p>Une louable entreprise.<\/p>\n<p>Et qui s\u2019im\u00adpo\u00adsait dans les cir\u00adcons\u00adtances pr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>L\u2019homme est bien malade, en effet. Dans un \u00e9tat d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Depuis dix ans, nous avons assis\u00adt\u00e9, \u00e0 la faveur\u200a\u2014\u200asi j\u2019ose dire&nbsp;!\u200a\u2014\u200ades \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments, \u00e0 la morte lente de l\u2019individu.<\/p>\n<p>Depuis dix ans, l\u2019homme a per\u00addu tous les jours un peu de lui-m\u00eame, de sa conscience, de son cou\u00adrage, de son orgueil.<\/p>\n<p>Parce que ses condi\u00adtions de vie mat\u00e9\u00adrielle sont deve\u00adnues de plus en plus dif\u00adfi\u00adciles, sa conscience est peu \u00e0 peu des\u00adcen\u00addue dans son intestin.<\/p>\n<p>Parce que la guerre et ses hor\u00adreurs mul\u00adti\u00adpli\u00e9es ont, en fin de compte, bri\u00ads\u00e9 ses nerfs et sa sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9, il a per\u00addu la facul\u00adt\u00e9 de s\u2019in\u00addi\u00adgner, comme de s\u2019en\u00adthou\u00adsias\u00admer, et n\u2019offre plus de r\u00e9ac\u00adtions, sen\u00adsibles au dyna\u00admo\u00adm\u00e8tre, devant les pires atten\u00adtats contre le droit et la jus\u00adtice et contre lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Parce que la toute-puis\u00adsance des \u00c9tats, deve\u00adnue par\u00adtout tota\u00adli\u00adtaire&nbsp;!\u200a\u2014\u200amais oui&nbsp;! \u2015 a broy\u00e9, lami\u00adn\u00e9 l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu pour en faire un type stan\u00addard, il n\u2019y a plus de per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 humaine, mais un chep\u00adtel humain, un immense trou\u00adpeau de b\u00eates humaines d\u00e9sor\u00admais domestiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Parce que, depuis 1939, la grande peur s\u2019est \u00e9ten\u00addue sur le monde, il n\u2019y a plus que l\u00e2che\u00adt\u00e9, men\u00adsonge et \u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>Ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait la faute de l\u2019homme. La grande res\u00adpon\u00adsable, bien s\u00fbr, c\u2019est la guerre.<\/p>\n<p>Depuis qu\u2019elle est des\u00adcen\u00addue sur nous, elle ne nous a plus quit\u00adt\u00e9s. Elle est l\u00e0, tou\u00adjours pr\u00e9\u00adsente, dans tous nos&nbsp;actes.<\/p>\n<p>Les obli\u00adga\u00adtions de la D\u00e9fense natio\u00adnale, comme on dit, ont per\u00admis toutes les vio\u00adla\u00adtions de la pen\u00ads\u00e9e. On a mis la liber\u00adt\u00e9 en cave. Et comme la situa\u00adtion se pro\u00adlon\u00adgeait, on l\u2019y a lais\u00ads\u00e9 s\u2019a\u00adn\u00e9\u00admier et on l\u2019y a oubli\u00e9e. Peut-\u00eatre est-elle morte&nbsp;?<\/p>\n<p>Mais per\u00adsonne ne s\u2019en sou\u00adcie. Ce qui \u00e9tait pro\u00advi\u00adsoire est d\u00e9sor\u00admais per\u00adma\u00adnent. Nos jeunes g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtions qui ont \u00e0 peine connu la liber\u00adt\u00e9 ne souffrent pas d\u2019en \u00eatre pri\u00adv\u00e9es. Pour\u00adtant, on s\u2019est bat\u00adtu pour elle. Autre\u00adfois, on a fait pour elle des r\u00e9volutions.<\/p>\n<p>Mais parce qu\u2019elle n\u2019\u00e9\u00adtait plus l\u00e0, on a vu fleu\u00adrir toutes les mau\u00advaises f\u00e9es qu\u2019elle tenait en respect.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>La pen\u00ads\u00e9e indi\u00advi\u00adduelle est deve\u00adnue un crime. D\u00e9fense de dis\u00adcu\u00adter ou d\u2019a\u00advoir une opi\u00adnion non conformiste.<\/p>\n<p>Autre\u00adfois, on admet\u00adtait tout de m\u00eame L\u2019op\u00adpo\u00adsi\u00adtion. On la lais\u00adsait s\u2019exprimer.<\/p>\n<p>Depuis la guerre, l\u2019oc\u00adcu\u00adpa\u00adtion et la lib\u00e9\u00adra\u00adtion, il n\u2019y a eu pour elle aucun r\u00e9el moyen d\u2019ex\u00adpres\u00adsion. Les occu\u00adpants, puis les \u00ab&nbsp;lib\u00e9\u00adra\u00adteurs&nbsp;\u00bb ont tout pris. Ils ont mono\u00adpo\u00adli\u00ads\u00e9 la pen\u00ads\u00e9e. Ils ont pen\u00ads\u00e9 pour&nbsp;nous.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9t\u00e9 lib\u00e9\u00adr\u00e9s. Mais du jour o\u00f9 les \u00ab&nbsp;Fri\u00ads\u00e9s&nbsp;\u00bb sont par\u00adtis, c\u2019est une autre tyran\u00adnie qui s\u2019est ins\u00adtal\u00adl\u00e9e. \u00c0 demeure, cette&nbsp;fois.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>De quoi nous plai\u00adgnons-nous&nbsp;? Pen\u00addant des ann\u00e9es, nous avons r\u00e9cla\u00adm\u00e9 la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Elle est venue, la R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion. Le vieux monde est&nbsp;mort.<\/p>\n<p>Les classes moyennes, les bour\u00adgeois\u200a\u2014\u200aces enne\u00admis de classe&nbsp;!\u200a\u2014\u200ane sont plus qu\u2019une curio\u00adsi\u00adt\u00e9 his\u00adto\u00adrique. On les a \u00e9tran\u00adgl\u00e9s. Ceux qui ont sur\u00adv\u00e9\u00adcu forment la cohorte lamen\u00adtable des nou\u00adveaux pauvres. On s\u2019a\u00adche\u00admine avec une folle rapi\u00addi\u00adt\u00e9 vers l\u2019a\u00adra\u00adse\u00adment des classes. Quand nous serons tous au m\u00eame niveau, ce sera char\u00admant. C\u2019est \u00e7a le pro\u00adgr\u00e8s, parait-il. Et la source de bon\u00adheur&nbsp;? Du moins, ce sont nos tor\u00adtion\u00adnaires qui nous l\u2019affirment.<\/p>\n<p>En r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, de nou\u00adveaux ma\u00eetres ont rem\u00adpla\u00adc\u00e9 ceux d\u2019au\u00adtre\u00adfois qui, mal\u00adgr\u00e9 tout, res\u00adtaient assez d\u00e9bon\u00adnaires et conser\u00advaient dans leur des\u00adpo\u00adtisme une allure de grands seigneurs.<\/p>\n<p>Ceux-l\u00e0 sentent le par\u00adve\u00adnu, comme la caque le poisson.<\/p>\n<p>La lib\u00e9\u00adra\u00adtion devait mar\u00adquer le point de d\u00e9part d\u2019une \u00e8re nouvelle.<\/p>\n<p>C\u2019est une \u00e8re nou\u00advelle, en effet, qui a commenc\u00e9.<\/p>\n<p>Les malins ont com\u00adpris tout de suite de quoi il retour\u00adnait. Ils se sont ru\u00e9s sur les places. \u00c9car\u00adtant sou\u00advent les vrais r\u00e9sis\u00adtants, par\u00adlant haut, tran\u00adchant net, ils ont \u00e9pu\u00adr\u00e9 \u00e0 tour de bras, d\u00e9ca\u00adpi\u00adt\u00e9 les admi\u00adnis\u00adtra\u00adtions publiques et les entre\u00adprises, expul\u00ads\u00e9 les pro\u00adfes\u00adsion\u00adnels che\u00advron\u00adn\u00e9s. \u00c0 nous, toutes les places&nbsp;! \u00c0 nous, la bonne soupe&nbsp;! On a mis n\u2019im\u00adporte qui, n\u2019im\u00adporte o\u00f9, pour n\u2019im\u00adporte quoi. Et vogue la gal\u00e8re&nbsp;!<\/p>\n<p>\u00c7a a don\u00adn\u00e9 natu\u00adrel\u00adle\u00adment ce que \u00e7a devait donner&nbsp;!<\/p>\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire que, main\u00adte\u00adnant, nous sommes, fort pro\u00adpre\u00adment, dans la&nbsp;m\u2026<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>Cor\u00adrup\u00adtion en haut, cor\u00adrup\u00adtion partout.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Pour\u00adquoi pas moi&nbsp;?&nbsp;\u00bb se sont dit \u00e0 leur tour le pay\u00adsan, le commer\u00e7ant.<\/p>\n<p>Les vices ont fleu\u00adri, les ver\u00adtus se sont fan\u00e9es.<\/p>\n<p>Le mar\u00adch\u00e9 noir est deve\u00adnu la r\u00e8gle. Le moindre com\u00admer\u00ad\u00e7ant s\u2019est mis \u00e0 potas\u00adser le code de la sp\u00e9\u00adcu\u00adla\u00adtion. Mer\u00adcure est bien le dieu du com\u00admerce et des voleurs. Rela\u00adti\u00adve\u00adment hon\u00adn\u00eate avant guerre, ce mar\u00adchand de pri\u00admeurs est deve\u00adnu un gang\u00adster au petit pied. Son p\u00e8re avait mis qua\u00adrante ans pour faire une modeste for\u00adtune. Lui, en trois ans, a fait sa pelote. Tout en sous\u00adcri\u00advant lar\u00adge\u00adment aux \u0153uvres de la r\u00e9sis\u00adtance et en pavoi\u00adsant osten\u00adsi\u00adble\u00adment les jours impo\u00ads\u00e9s. Ce bou\u00adcher de quar\u00adtier n\u2019ou\u00advrait son \u00e9tal que quelques heures par semaine, pour d\u00e9bi\u00adter un seul b\u0153uf. Il songe lui aus\u00adsi \u00e0 se reti\u00adrer des affaires. Les petits sp\u00e9\u00adcu\u00adla\u00adteurs ont pous\u00ads\u00e9 comme des cham\u00adpi\u00adgnons. Cette concierge a ven\u00addu de la \u00ab&nbsp;bidoche&nbsp;\u00bb, \u00e0 temps per\u00addu, ou du char\u00adbon, ou des pommes de terre. Cet employ\u00e9 de che\u00admin de fer a gagn\u00e9 dix fois plus \u00e0 faire du troc qu\u2019\u00e0 ser\u00advir la Com\u00adpa\u00adgnie. Le pay\u00adsan, trop sou\u00advent, n\u2019a pas su r\u00e9sis\u00adter aux ten\u00adta\u00adtions des \u00e9cu\u00admeurs des cam\u00adpagnes, raflant tout \u00e0 prix d\u2019or pour affa\u00admer les citadins.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi bon conti\u00adnuer&nbsp;! La pour\u00adri\u00adture a gagn\u00e9 tous les milieux. L\u2019a\u00adris\u00adto\u00adcra\u00adtie des mar\u00adgou\u00adlins a rem\u00adpla\u00adc\u00e9 celle de sang&nbsp;bleu.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>Nous avons connu aus\u00adsi l\u2019\u00e8re de la peur et du mensonge.<\/p>\n<p>Quand Munich \u00e9cla\u00adta, en 1938, un grand fris\u00adson d\u2019es\u00adpoir secoua les foules. La guerre recu\u00adlait. Quand on peut la tenir encha\u00ee\u00adn\u00e9e, ne f\u00fbt-ce que quelques mois, quelques jours, quelques minutes m\u00eame, peut-on h\u00e9siter&nbsp;?<\/p>\n<p>Pour\u00adtant, aujourd\u2019\u00adhui, apr\u00e8s que la guerre a pas\u00ads\u00e9, puis l\u2019oc\u00adcu\u00adpa\u00adtion, puis la Lib\u00e9\u00adra\u00adtion, qui fut quelque temps une sorte de Ter\u00adreur r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire expia\u00adtrice, pour c\u00e9der rapi\u00adde\u00adment la place \u00e0 Ther\u00admi\u00addor, quels sont ceux qui osent encore recon\u00adna\u00eetre qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 Muni\u00adchois&nbsp;? Ils ont peur. Parce que les grands mora\u00adlistes de la presse lib\u00e9\u00adr\u00e9e des \u00ab&nbsp;trusts&nbsp;\u00bb conti\u00adnuent de pour\u00adchas\u00adser sans piti\u00e9 les Muni\u00adchois honteux&nbsp;!<\/p>\n<p>Quand l\u2019ar\u00admis\u00adtice \u00e9cla\u00adta, 90% des Fran\u00ad\u00e7ais pour le moins se r\u00e9jouirent, pous\u00ads\u00e8rent un cri una\u00adnime de soulagement.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019\u00adhui&nbsp;? Com\u00adbien res\u00adtent-ils&nbsp;? Ne r\u00e9pon\u00addons&nbsp;pas\u2026<\/p>\n<p>Quand P\u00e9tain\u200a\u2014\u200acette pauvre baderne\u200a\u2014\u200ar\u00e9gna, des foules innom\u00adbrables lui firent cor\u00adt\u00e8ge \u00e0 cha\u00adcune de ses sor\u00adties triom\u00adphales. Son por\u00adtrait s\u2019\u00e9\u00adta\u00adlait dans les vitrines des bou\u00adti\u00adquiers, dans les salons bour\u00adgeois et dans les humbles. chaumi\u00e8res.<\/p>\n<p>Vint la d\u00e9b\u00e2cle alle\u00admande. Les p\u00e9tai\u00adnistes dis\u00adpa\u00adrurent comme par enchan\u00adte\u00adment et se mu\u00e8rent en gaul\u00adlistes convain\u00adcus et en r\u00e9sis\u00adtants farouches. Le por\u00adtrait du g\u00e9n\u00e9\u00adral rem\u00adpla\u00ad\u00e7a celui du mar\u00e9\u00adchal. Et les m\u00eames foules innom\u00adbrables se pres\u00ads\u00e8rent sur le pas\u00adsage du lib\u00e9rateur\u2026<\/p>\n<p>Nous avions pr\u00e9\u00advu que la guerre lais\u00adse\u00adrait der\u00adri\u00e8re elle plus de ruines morales que de d\u00e9vas\u00adta\u00adtions mat\u00e9rielles.<\/p>\n<p>Nous pen\u00adsions cepen\u00addant que la pen\u00ads\u00e9e repren\u00addrait vite ses droits et, apr\u00e8s une \u00e9clipse in\u00e9vi\u00adtable, brille\u00adrait de nou\u00adveau dans un ciel d\u00e9sor\u00admais apais\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9pou\u00advan\u00adt\u00e9s de consta\u00adter le peu de soli\u00addi\u00adt\u00e9 de nos concepts chez ceux-l\u00e0 m\u00eames, des paci\u00adfistes, pour tout dire, que nous croyions inac\u00adces\u00adsibles \u00e0 l\u2019a\u00adban\u00addon de leur foi. Pas chez tous, h\u00e2tons-nous de le dire, mais&nbsp;enfin\u2026<\/p>\n<p>\u00c9tait-il donc si dif\u00adfi\u00adcile de res\u00adter soi-m\u00eame&nbsp;? Mais oui, bien&nbsp;s\u00fbr\u2026<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">\u2015 O \u2015<\/h5>\n<p>R\u00e9p\u00e9\u00adtons-le&nbsp;: ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait la faute de l\u2019homme lui-m\u00eame, mais de la guerre, cette abo\u00admi\u00adnable des\u00adtruc\u00adtrice des corps, des mai\u00adsons, des biens, mais sur\u00adtout des valeurs spirituelles.<\/p>\n<p>L\u2019homme n\u2019a que trop d\u2019ex\u00adcuses. Si l\u2019on veut son\u00adger \u00e0 ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9 son exis\u00adtence depuis 1939, \u00e0 peu pr\u00e8s sous toutes les lati\u00adtudes&nbsp;! On a fait si bon mar\u00adch\u00e9 de la vie humaine&nbsp;! Les bom\u00adbar\u00adde\u00adments des civils, l\u2019oc\u00adcu\u00adpa\u00adtion, les pri\u00adva\u00adtions, les d\u00e9non\u00adcia\u00adtions. Les nazis se sont d\u00e9sho\u00adno\u00adr\u00e9s \u00e0 tout jamais par leurs crimes innom\u00adbrables et les hor\u00adreurs des camps de concen\u00adtra\u00adtion. Mais les exc\u00e8s de la Lib\u00e9\u00adra\u00adtion n\u2019ont pas ser\u00advi sa cause. Mais la des\u00adtruc\u00adtion des villes japo\u00adnaises par la bombe ato\u00admique, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 la per\u00adfec\u00adtion dans l\u2019a\u00adbo\u00admi\u00adna\u00adtion. Mais, plus de trois ans apr\u00e8s la fin des hos\u00adti\u00adli\u00adt\u00e9s, il y a encore des mil\u00adliers de pri\u00adson\u00adniers qui, depuis dix ans, n\u2019ont pas revu leur foyer, leur femme, leurs enfants&nbsp;!<\/p>\n<p>Et que la conscience humaine, devant de tels faits qui condamnent sans appel une civi\u00adli\u00adsa\u00adtion, n\u2019ait m\u00eame plus la force de s\u2019in\u00addi\u00adgner, de se r\u00e9vol\u00adter, c\u2019est la preuve qu\u2019elle n\u2019existe plus&nbsp;!<\/p>\n<p>Arr\u00ea\u00adtons l\u00e0 ces r\u00e9flexions d\u00e9sa\u00adbu\u00ads\u00e9es. Il y aurait trop \u00e0&nbsp;dire.<\/p>\n<p>H\u00e9las&nbsp;! O\u00f9 est le temps o\u00f9 nous tra\u00advail\u00adlions avec all\u00e9\u00adgresse \u00e0 l\u2019a\u00adv\u00e8\u00adne\u00adment de jours meilleurs, \u00e0 l\u2019af\u00adfran\u00adchis\u00adse\u00adment de l\u2019homme, \u00e0 la dis\u00adpa\u00adri\u00adtion de toutes les injus\u00adtices, au triomphe de la conscience sur toutes les formes de domi\u00adna\u00adtion, \u00e0 la p\u00e9ren\u00adni\u00adt\u00e9 de la&nbsp;paix&nbsp;!<\/p>\n<p>Aujourd\u2019\u00adhui, l\u2019a\u00adve\u00adnir est bou\u00adch\u00e9 devant nous. Com\u00adbien sommes-nous encore qui conti\u00adnuons \u00e0 nour\u00adrir ce&nbsp;r\u00eave&nbsp;?<\/p>\n<p>Nous sommes si faibles, si d\u00e9sem\u00adpa\u00adr\u00e9s, et nous remuons devant un foyer sans cha\u00adleur, dans la d\u00e9pres\u00adsion de la soli\u00adtude, la maigre flamme de nos sou\u00adve\u00adnirs que ne peut m\u00eame plus ali\u00admen\u00adter le r\u00e9con\u00adfort de nos espoirs.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant, comp\u00adtons-nous quand m\u00eame. Appre\u00adnons \u00e0 nous conna\u00eetre et \u00e0 nous retrou\u00adver. Res\u00adtons dignes de tous ceux qui nous ont pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00add\u00e9s et qui nous ont ensei\u00adgn\u00e9 que, sans les chi\u00adm\u00e8res m\u00e9ta\u00adphy\u00adsiques aux\u00adquelles ils ont cru\u200a\u2014\u200aet nous apr\u00e8s eux\u200a\u2014\u200ail n\u2019y a pas de rai\u00adson de&nbsp;vivre.<\/p>\n<p>Nous mar\u00adchons \u00e0 t\u00e2tons dans la nuit&nbsp;: qu\u2019au moins <em>D\u00e9fense de l\u2019Homme<\/em> nous apporte un peu de lumi\u00e8re et de consolation.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Robert Tour\u00adly<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9fense de l\u2019Homme. Un bien beau&nbsp;titre. Une louable entre\u00adprise. Et qui s\u2019im\u00adpo\u00adsait dans les cir\u00adcons\u00adtances pr\u00e9\u00adsentes. L\u2019homme est bien malade, en effet. Dans un \u00e9tat d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9. Depuis dix ans, nous avons assis\u00adt\u00e9, \u00e0 la faveur\u200a\u2014\u200asi j\u2019ose dire&nbsp;!\u200a\u2014\u200ades \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments, \u00e0 la morte lente de l\u2019individu. 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