{"id":540,"date":"2007-07-03T13:54:46","date_gmt":"2007-07-03T13:54:46","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/03\/lectures-9\/"},"modified":"2007-07-03T13:54:46","modified_gmt":"2007-07-03T13:54:46","slug":"lectures-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/03\/lectures-9\/","title":{"rendered":"Lectures"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/540?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/540?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p class=\"post_excerpt\">\u00c0 Mau\u00adrice Saillet [[\u00ab&nbsp;T\u00e9moins&nbsp;\u00bb n\u2019e\u00fbt pas choi\u00adsi de rendre compte du livre dont, direc\u00adte\u00adment et sur\u00adtout indi\u00adrec\u00adte\u00adment, il est ques\u00adtion ici, et pour lequel nous n\u2019arrivons pas \u00e0 par\u00adta\u00adger l\u2019indulgence des pr\u00e9\u00adsentes pages. Mais il nous a sem\u00adbl\u00e9 que Jean-Jacques Mor\u00advan avait remar\u00adqua\u00adble\u00adment r\u00e9us\u00adsi une forme extr\u00ea\u00adme\u00adment rare de t\u00e9moi\u00adgnage, \u2013 le t\u00e9moi\u00adgnage de la \u00ab&nbsp;chose lue&nbsp;\u00bb, osmose entre le lec\u00adteur et son livre. \u00ab&nbsp;Jour\u00adn\u00e9es de lec\u00adture&nbsp;\u00bb, e\u00fbt dit Proust, \u00e0 qui Mor\u00advan n\u2019a tr\u00e8s cer\u00adtai\u00adne\u00adment pas pen\u00ads\u00e9, car nous sommes loin du loi\u00adsir prous\u00adtien, ce para\u00addis per\u00addu&nbsp;: le monde, chez Mor\u00advan lec\u00adteur, fait irrup\u00adtion dans la lec\u00adture, notre joli monde \u00e0 bar\u00adbe\u00adl\u00e9s. Le plus \u00e9ton\u00adnant, c\u2019est que Mor\u00advan, de cette qua\u00adtri\u00e8me dimen\u00adsion ajou\u00adt\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019il a lu, \u2013 la dimen\u00adsion de la catas\u00adtrophe \u2013 ait su faire beau\u00adcoup mieux qu\u2019une note cri\u00adtique&nbsp;: presque un po\u00e8me. (S.)]]<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<p>Il y a des faits insi\u00adgni\u00adfiants qui s\u2019ajoutent les uns aux autres, et le tout vous marque, vous parle. Quel\u00adque\u00adfois cette suite de petites co\u00efn\u00adci\u00addences prend une force de mes\u00adsage. Ce n\u2019est plus phrase lan\u00adc\u00e9e par un \u00e9met\u00adteur loin\u00adtain, qu\u2019un brouillard ren\u00addait presque inau\u00addible, et que seuls les ini\u00adti\u00e9s pou\u00advaient illus\u00adtrer. Ces phrases pos\u00ads\u00e9\u00addaient un mys\u00adt\u00e8re, une force po\u00e9\u00adtique, une irr\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. J\u2019avais tou\u00adjours du mal \u00e0 croire que ces mes\u00adsages per\u00adson\u00adnels pou\u00advaient conte\u00adnir la mort de mil\u00adliers d\u2019hommes \u2013 je n\u2019avais, il est vrai, qu\u2019entre treize et seize ans \u00e0 cette \u00e9poque. C\u2019est cette force po\u00e9\u00adtique, cette irr\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 que Coc\u00adteau semble recher\u00adcher d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9\u00adment dans les mes\u00adsages dic\u00adt\u00e9s \u00e0 Orph\u00e9e par la voix d\u2019un spea\u00adker au poste r\u00e9cep\u00adteur d\u2019une voi\u00adture \u2013 la voi\u00adture de sa&nbsp;mort.<\/p>\n<p>Je viens de revoir ce film, \u00ab&nbsp;Orph\u00e9e&nbsp;\u00bb, le der\u00adnier en date de Coc\u00adteau. Comme c\u2019est ennuyeux, et loin de la vie. Non, ces petits mes\u00adsages dont je parle sont plus bru\u00adtaux, plus ano\u00addins, et sur\u00adtout sont deve\u00adnus quotidiens.<\/p>\n<p>Le jeu\u00addi 18 juin, je suis pas\u00ads\u00e9 vous voir, Mau\u00adrice Saillet, rue de l\u2019Universit\u00e9. Nous avons pris ren\u00addez-vous pour le same\u00addi matin sui\u00advant chez vous. La note que je vous avais don\u00adn\u00e9e sur Paul Valet ne vous parais\u00adsait pas tout \u00e0 fait au point, et nous devions la revoir ensemble. J\u2019emportais aus\u00adsi de cette visite un livre, \u00ab&nbsp;Les ram\u00adblas finissent \u00e0 la mer&nbsp;\u00bb [[Par Josu\u00e9 Luis de Vilal\u00adlon\u00adga, pr\u00e9\u00adface d\u2019Emmanuel Robl\u00e8s (Jul\u00adliard).]]. La pr\u00e9\u00adsen\u00adta\u00adtion de l\u2019\u00e9diteur, les quelques lignes lues au hasard le soir m\u00eame m\u2019avaient mis en garde contre ce livre. Josu\u00e9 Luis de Vilal\u00adlon\u00adga, l\u2019auteur, appar\u00adtient \u00e0 l\u2019une des plus grandes familles de l\u2019aristocratie espa\u00adgnole. Tr\u00e8s jeune, il s\u2019\u00e9tait enga\u00adg\u00e9 dans les rangs de Fran\u00adco. Bien s\u00fbr, l\u2019\u00e9diteur pr\u00e9\u00adci\u00adsait que, depuis, ses yeux s\u2019\u00e9taient ouverts. Mais que nous importe-t-il&nbsp;? Qu\u2019apportait-il que nous ne sachions d\u00e9j\u00e0&nbsp;? Pour\u00adtant, en sa faveur, il y avait la pr\u00e9\u00adface d\u2019Emmanuel Robl\u00e8s&nbsp;; elle m\u2019intriguait.<\/p>\n<p>Le len\u00adde\u00admain, ven\u00addre\u00addi, j\u2019ai tra\u00ee\u00adn\u00e9 dans Paris. Deux ou trois fois, je fus arr\u00ea\u00adt\u00e9 pour signer des p\u00e9ti\u00adtions deman\u00addant la gr\u00e2ce des Rosen\u00adberg. Ils devaient \u00eatre ex\u00e9\u00adcu\u00adt\u00e9s le soir m\u00eame. Je suis tou\u00adch\u00e9 par le c\u00f4t\u00e9 na\u00eff, j\u2019ai envie d\u2019\u00e9crire le c\u00f4t\u00e9 tendre de cette d\u00e9fense. Celle qui consiste \u00e0 r\u00e9unir des signa\u00adtures, non que je me leurre sur son effi\u00adca\u00adci\u00adt\u00e9. Mais tous ces noms, la plu\u00adpart illi\u00adsibles et pour\u00adtant vrais, r\u00e9unis sur la m\u00eame feuille de papier, \u00e7a a tel\u00adle\u00adment l\u2019air ridi\u00adcule, contre toutes les forces aveugles, cas\u00adqu\u00e9es, ano\u00adnymes, d\u00e9cha\u00ee\u00adn\u00e9es. Cer\u00adtains moments, leur fra\u00adgi\u00adli\u00adt\u00e9 me fai\u00adsait croire \u00e0 leur force. L\u2019une de ces listes, je l\u2019avais sign\u00e9e, place de la Concorde, vers trois heures de l\u2019apr\u00e8s-midi. C\u2019\u00e9taient des vieilles femmes, tr\u00e8s dames patron\u00adnesses, qui se char\u00adgeaient de r\u00e9unir toutes les signa\u00adtures. J\u2019\u00e9tais res\u00adt\u00e9 quelques ins\u00adtants \u00e0 l\u2019\u00e9cart, et je les avais regar\u00add\u00e9es. Sous le soleil de juin, les cha\u00adpeaux de paille noire \u00e0 ruban blanc, les papo\u00adtages ne fai\u00adsaient pas tr\u00e8s s\u00e9rieux. Et devant ces vieux oiseaux noirs et blancs, \u00e0 la pau\u00adpi\u00e8re rid\u00e9e, sau\u00adtillant autour d\u2019un ver de terre, j\u2019avais pen\u00ads\u00e9 \u00e0 ces quelques images vues dans le \u00ab&nbsp;Paris 1900&nbsp;\u00bb de Nicole Vedr\u00e8s, sur les\u00adquelles des suf\u00adfra\u00adgettes d\u00e9fi\u00adlaient, cla\u00admant leurs reven\u00addi\u00adca\u00adtions. Mes vieilles dames de la Concorde doivent \u00eatre ces m\u00eames suf\u00adfra\u00adgettes. Qua\u00adrante ans ont&nbsp;pass\u00e9.<\/p>\n<p>Le soir, je buvais un verre bou\u00adle\u00advard Saint-Ger\u00admain, avec deux copains. Nous avions d\u00een\u00e9 dans un petit tro\u00adquet de la rue Maza\u00adrine. Vers onze heures, des tracts impri\u00adm\u00e9s, ron\u00e9o\u00adty\u00adp\u00e9s, furent dis\u00adtri\u00adbu\u00e9s \u2013 Les Rosen\u00adberg allaient mou\u00adrir. \u00ab&nbsp;Faites tout ce qu\u2019il est encore pos\u00adsible de faire.&nbsp;\u00bb \u2013 Les conver\u00adsa\u00adtions mon\u00adt\u00e8rent. Quelques sp\u00e9\u00adci\u00admens par\u00adti\u00adcu\u00adli\u00e8\u00adre\u00adment r\u00e9us\u00adsis des piti\u00e9-mon-Dieu, c\u2019est-pour-notre-patrie \u00e9taient nos voi\u00adsins de table. C\u2019\u00e9tait un bou\u00adquet de pen\u00ads\u00e9es fort chr\u00e9\u00adtiennes&nbsp;: les tra\u00eetres, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, \u00e7a ne tra\u00eene pas (de quel autre c\u00f4t\u00e9 s\u2019agissait-il&nbsp;?) \u2013 De quoi s\u2019occupe-t-on. Si c\u2019\u00e9tait pas des Juifs, on n\u2019en ferait pas un tel plat. \u2013 Bien fait pour eux&nbsp;! (ils ont cru\u00adci\u00adfi\u00e9 le Christ, n\u2019est-ce pas&nbsp;?) \u2013 S\u2019ils sont tel\u00adle\u00adment rouges, ils n\u2019ont qu\u2019\u00e0 aller vivre en Rus\u00adsie. (\u00ab&nbsp;Ils&nbsp;\u00bb, \u00e9tant tous ceux qui ne vou\u00adlaient pas cet assassinat)&nbsp;\u2013.<\/p>\n<p>Comme le monde entier, le pays car\u00adt\u00e9\u00adsien a la danse de Saint-Guy-Mac-Car\u00adthy. Du moment que vous n\u2019\u00eates pas blanc, vous \u00eates rouge. Quand vous par\u00adlez chaise \u00e9lec\u00adtrique, on vous r\u00e9pond Ber\u00adlin-Est. Il y eut quelques mots acides \u00e9chan\u00adg\u00e9s. Nous \u00e9tions tous ten\u00addus. \u2013 J\u2019avais une esp\u00e8ce de chair de poule constante. Il para\u00eet que cer\u00adtains indi\u00advi\u00addus res\u00adsentent les m\u00eames symp\u00adt\u00f4mes au son de la musique mili\u00adtaire. \u2013 Je sen\u00adtais toute l\u2019absurdit\u00e9 qu\u2019il y avait entre nous tous, atta\u00adbl\u00e9s \u00e0 la ter\u00adrasse de la \u00ab&nbsp;Rhu\u00adme\u00adrie&nbsp;\u00bb, devant des punchs gla\u00adc\u00e9s, et ce couple qui, dans une pri\u00adson, atten\u00addait la mort, la vie, depuis deux ans, deux  mois, qua\u00adtorze jours. J\u2019avais honte.<\/p>\n<p>Nous d\u00e9ci\u00add\u00e2mes, tous les trois, de pous\u00adser jusqu\u2019\u00e0 la place de la Concorde. Il devait \u00eatre minuit moins quelques minutes quand nous y par\u00adv\u00eenmes. Toute la police pari\u00adsienne \u00e9tait l\u00e0, devant l\u2019ambassade am\u00e9\u00adri\u00adcaine. Et puis rue Royale, au pied d\u2019un bec de gaz, sur une lon\u00adgueur d\u2019un m\u00e8tre, il y avait une flaque de sang. La police avait tir\u00e9 \u00e0 23 heures 20. Quelques per\u00adsonnes, \u00e0 dis\u00adtance res\u00adpec\u00adtueuse, h\u00e9b\u00e9\u00adt\u00e9es, regar\u00addaient le sang. J\u2019ai pen\u00ads\u00e9&nbsp;: 1944 \u2013 lib\u00e9\u00adra\u00adtion de&nbsp;Paris.<\/p>\n<p>Une femme hys\u00adt\u00e9\u00adrique criait la mort et tirait par la manche des pas\u00adsants qui ne vou\u00adlaient pas voir. J\u2019\u00e9tais dans un \u00e9tat \u00e9trange de d\u00e9dou\u00adble\u00adment, \u00e0 la fois exci\u00adt\u00e9, secou\u00e9 de rage, et atten\u00adtif. Je guet\u00adtais ceux qui m\u2019entouraient. Nous redes\u00adcen\u00add\u00eemes vers la place de la Concorde. L\u00e0, un flic (n\u00b0 6464) har\u00adgneux, me har\u00adpon\u00adna. \u2013 \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que tu fais ici&nbsp;? \u2013 Je me pro\u00adm\u00e8ne. \u2013 C\u2019est pas l\u2019heure. \u2013 ?\u2026&nbsp;\u00bb Il me secoua, m\u2019entra\u00eena rude\u00adment et me pro\u00adje\u00adta dans un car d\u00e9j\u00e0 bon\u00add\u00e9. Je ne fus pas le der\u00adnier, il y en eut d\u2019autres. Une belle fille vint atter\u00adrir sur mes genoux.<\/p>\n<p>Et l\u2019on par\u00adtit. Le tra\u00adjet fut court. Quelqu\u2019un recon\u00adnut l\u2019ancien h\u00f4pi\u00adtal Beau\u00adjon. Le panier \u00e0 salade stop\u00adpa d\u00e8s le porche fran\u00adchi, et vint l\u2019ordre de descendre.<\/p>\n<p>Des lampes torches nous \u00e9clai\u00adraient de plein fouet, nous aveu\u00adglaient. J\u2019aper\u00e7us les bottes noires, les casques des CRS, les courtes mitraillettes qui n\u2019ont jamais l\u2019air finies, comme si leur pos\u00adses\u00adseur, sur\u00adpris, n\u2019avait pas eu le temps de les remon\u00adter com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment. Nous f\u00fbmes pous\u00ads\u00e9s entre des haies de bar\u00adri\u00e8res blanches. \u2013 \u00ab&nbsp;Les mains en l\u2019air&nbsp;!\u00bb \u2013 On nous fouilla deux fois. L\u00e0-bas, deux pro\u00adjec\u00adteurs \u00e0 arc \u00e9clai\u00adraient la cour. Dans des bar\u00adbe\u00adl\u00e9s, au bout des bar\u00adri\u00e8res, un groupe noir par\u00adqu\u00e9 \u00e2non\u00adnait une \u00ab&nbsp;Mar\u00adseillaise&nbsp;\u00bb. Ceux d\u2019un voyage pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addent nous accueillaient. Cer\u00adtains appe\u00adlaient, cher\u00adchaient des&nbsp;amis.<\/p>\n<p>Et ce fut l\u2019attente. Le bruit r\u00e9gu\u00adlier du groupe \u00e9lec\u00adtro\u00adg\u00e8ne (tout \u00e9tait pr\u00e9\u00advu). Et d\u2019autres arri\u00adv\u00e9es. Et les flics aux bar\u00adri\u00e8res, ten\u00adtant d\u2019engager la conver\u00adsa\u00adtion, de se dis\u00adcul\u00adper. \u2013 Ils trou\u00advaient des par\u00adte\u00adnaires, il y a des l\u00e8che-cul par\u00adtout. Et l\u2019ironie trop vou\u00adlue qui avorte. Impla\u00adcable, ano\u00adnyme, \u00e0 quelques m\u00e8tres tout autour de nous, le cor\u00addon noir des CRS. A chaque nou\u00advelle arri\u00adv\u00e9e, le m\u00eame groupe entonne la m\u00eame \u00ab&nbsp;Mar\u00adseillaise&nbsp;\u00bb. Tout \u00e7a me rend mal \u00e0 l\u2019aise&nbsp;; tout \u00e7a sent la cari\u00adca\u00adture cho\u00adquante, le d\u00e9j\u00e0 vu, la le\u00e7on trop bien apprise. Tout \u00e7a para\u00eet pro\u00adlogue d\u2019un autre cha\u00adpitre concen\u00adtra\u00adtion\u00adnaire. \u00c7a sent le rous\u00adsi. Cette toute petite exp\u00e9\u00adrience en annonce d\u2019autres. Deux vieilles femmes s\u2019inqui\u00e8tent du temps que nous pas\u00adse\u00adrons ici&nbsp;; nous aus\u00adsi. Un gosse de qua\u00adtorze ans, par\u00adta\u00adg\u00e9 entre l\u2019homme et l\u2019enfance, retient ses larmes, puis pleure&nbsp;: sa m\u00e8re l\u2019attend \u00e0 Issy-les-Mou\u00adli\u00adneaux. Une Am\u00e9\u00adri\u00adcaine va de groupe en groupe, bran\u00addis\u00adsant un pas\u00adse\u00adport. Je crois que dans les yeux d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s tous une sur\u00adprise am\u00e8re a tu\u00e9 toute autre expres\u00adsion. Il y a deux heures&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb n\u2019existait pas. Il y a deux heures&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9tait pas pos\u00adsible en France. De temps en temps un cri&nbsp;: Assas\u00adsins&nbsp;! \u2013 Vie sauve aux Rosen\u00adberg&nbsp;! \u2013 Mais la majo\u00adri\u00adt\u00e9 du b\u00e9tail est morne et&nbsp;morte.<\/p>\n<p>Et puis mou\u00adlu, tra\u00ee\u00adn\u00e9 assis, debout, un inter\u00adro\u00adga\u00adtoire idiot, une signa\u00adture. Et rel\u00e2\u00adch\u00e9s le matin, par petits groupes de deux \u00e0&nbsp;trois.<br>\nPr\u00e8s des quais de la Seine, j\u2019ai ren\u00adcon\u00adtr\u00e9 Cer\u00advan\u00adt\u00e8s. Nous avons fait ensemble le reste du che\u00admin. Il avait renon\u00adc\u00e9 \u00e0 dor\u00admir (les vieux ne dorment presque plus), et il mar\u00adchait pour tuer cette nuit d\u2019\u00e9t\u00e9. \u00ab&nbsp;La liber\u00adt\u00e9, San\u00adcho, est un des dons les plus pr\u00e9\u00adcieux que le ciel ait fait aux hommes\u2026\u00bb Nous \u00e9tions seuls.<\/p>\n<p>Un jour, Mau\u00adrice Saillet, vous m\u2019avez deman\u00add\u00e9, vous me ren\u00addiez un texte que je vous avais don\u00adn\u00e9 \u00e0 lire, ce que j\u2019entendais exac\u00adte\u00adment&nbsp;par&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai le com\u00adplexe du barbel\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Sur le coup, je fus noy\u00e9. C\u2019\u00e9tait pour moi trop \u00e9vident. Je ne trou\u00advais pas de mot. Aujourd\u2019hui, je vous r\u00e9pon\u00addrais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment et dans tous les&nbsp;sens.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Chaque jour s\u2019enracine un peu plus cette cer\u00adti\u00adtude qu\u2019un jour, une nuit, un matin, un soir, n\u2019importe o\u00f9, sur\u00adgi\u00adra quelque per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adteur qui nous pri\u00adve\u00adra de notre vie, de notre liber\u00adt\u00e9, de notre femme, et fera de nous un chiffre. Et il faut s\u2019habituer \u00e0 cette id\u00e9e. Elle fait dor\u00e9\u00adna\u00advant par\u00adtie de notre paysage.<\/p>\n<p>Ce same\u00addi matin je suis arri\u00adv\u00e9 chez vous, vous n\u2019\u00e9tiez pas encore sor\u00adti. Vous \u00e9tiez \u00ab&nbsp;d\u2019hier&nbsp;\u00bb. Moi, j\u2019\u00e9tais ce 20 juin et j\u2019apportais les jour\u00adnaux. Les Rosen\u00adberg \u00e9taient morts. Lui en 2 minutes 45\u2033, elle en 4 minutes et demie. Vous avez dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne croyais pas qu\u2019ils ose\u00adraient.&nbsp;\u00bb \u2013 Ils avaient os\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai lut\u00adt\u00e9 un peu contre le som\u00admeil au d\u00e9but de notre tra\u00advail. Et nous avons par\u00adl\u00e9, d\u2019un peu de&nbsp;tout\u2026<\/p>\n<p>Je ne sais si c\u2019\u00e9tait la nuit blanche que je venais de pas\u00adser, mais je me sou\u00adviens que je fus vite ner\u00adveux. Je voyais beau\u00adcoup de mou\u00adlins, et je vou\u00adlais me jeter des\u00adsus. Secouer ceux qui veulent \u00e0 toute force dor\u00admir. Et joindre les copains encore incon\u00adnus. Et se comp\u00adter, il le faut&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui r\u00e9pon\u00addrait en ce monde \u00e0 la ter\u00adrible obs\u00adti\u00adna\u00adtion du crime, si ce n\u2019est l\u2019obstination du t\u00e9moi\u00adgnage&nbsp;\u00bb [[Camus.]] Je crois que nous nous sommes connus un peu&nbsp;plus.<\/p>\n<p>Ce soir-l\u00e0 non plus je n\u2019ai pas trou\u00adv\u00e9 le som\u00admeil. J\u2019ai quit\u00adt\u00e9 tr\u00e8s tard une amie am\u00e9\u00adri\u00adcaine. Je l\u2019avais vue hon\u00adteuse et, dans la rage, renier une terre, ne plus vou\u00adloir y retour\u00adner vivre. Tr\u00e8s fati\u00adgu\u00e9, j\u2019ai quand m\u00eame retra\u00adver\u00ads\u00e9 Paris \u00e0&nbsp;pied.<\/p>\n<p>Le dimanche je suis par\u00adti au bord de la Seine, \u00e0 quelques kilo\u00adm\u00e8tres d\u2019Auvers, Oise. J\u2019avais empor\u00adt\u00e9 \u00ab&nbsp;Les ram\u00adblas finissent \u00e0 la mer&nbsp;\u00bb. Je me suis \u00e9crou\u00adl\u00e9, j\u2019ai dor\u00admi, puis j\u2019ai&nbsp;lu.<\/p>\n<p>L\u2019Espagne en 1945. L\u2019\u00abimmense escro\u00adque\u00adrie&nbsp;\u00bb dont ont \u00e9t\u00e9 vic\u00adtimes des mil\u00adliers d\u2019adolescents. Bar\u00adce\u00adlone, ses ruelles, son quar\u00adtier du port, le Bar\u00adrio Chi\u00adno o\u00f9 les tra\u00adfics, la pros\u00adti\u00adtu\u00adtion et la mis\u00e8re viennent t\u00e9moi\u00adgner que l\u2019ordre fran\u00adquiste n\u2019a rien r\u00e9so\u00adlu&nbsp;; que l\u2019Espagne est un immense camp de concen\u00adtra\u00adtion o\u00f9 des mil\u00adlions d\u2019hommes sont bou\u00adcl\u00e9s. Voi\u00adl\u00e0 le livre de Jos\u00e9 Luis de Vilallonga.<\/p>\n<p>Un jeune noble espa\u00adgnol, Rafael de Puer\u00adto R\u00e9al est le h\u00e9ros de ce roman. Il faut, je pense, une inter\u00adces\u00adsion avant de savoir ouvrir les yeux sur la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 du drame et vaincre son envie de dan\u00adser en rond. \u00ab&nbsp;Le monde a hor\u00adreur des vic\u00adtimes inlas\u00adsables. Ce sont elles qui pour\u00adrissent tout, et c\u2019est bien leur faute si l\u2019humanit\u00e9 n\u2019a pas bonne odeur&nbsp;\u00bb [[Camus]]. C\u2019est une nuit, dans la cour d\u2019un h\u00f4pi\u00adtal trans\u00adfor\u00adm\u00e9 en pri\u00adson, qui m\u2019a rap\u00adpro\u00adch\u00e9 des \u00ab&nbsp;Ram\u00adblas finissent \u00e0 la mer&nbsp;\u00bb. C\u2019est l\u2019amour d\u2019une fille de vingt ans, Fer\u00adnan\u00adda, qui va faire conna\u00eetre, com\u00adprendre et admi\u00adrer \u00e0 Rafael le peuple espa\u00adgnol, dont il dira&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce qui res\u00adtait de sain en Espagne, c\u2019est le peuple qui le gar\u00addait, ce peuple cruel, insen\u00ads\u00e9, cou\u00adra\u00adgeux, qui don\u00adna son sang&nbsp;\u00bb \u2013 \u00ab&nbsp;l\u2019assassinat de ce peuple devrait inter\u00addire d\u00e9sor\u00admais aux autres de lever haut la&nbsp;t\u00eate\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Fer\u00adnan\u00adda est l\u2019enfant du gu\u00e9\u00adrille\u00adro Fava\u00adla Ola\u00advar\u00adria, type d\u2019homme qui revient sur la terre avec une inex\u00adpli\u00adcable r\u00e9gu\u00adla\u00adri\u00adt\u00e9, et r\u00e9pond au m\u00eame signa\u00adle\u00adment que quelques \u00ab&nbsp;faux pas\u00adse\u00adports&nbsp;\u00bb de Plis\u00adnier, ou de&nbsp;Serge.<\/p>\n<p>Livre violent, cruel, g\u00eanant&nbsp;: il para\u00eet au moment o\u00f9, pr\u00e9\u00adtextes stra\u00adt\u00e9\u00adgiques mis en avant une fois de plus, le peuple espa\u00adgnol est bafou\u00e9.<\/p>\n<p>Autour du drame, bai\u00adgnant les per\u00adson\u00adnages, il y a toute une ville&nbsp;: Bar\u00adce\u00adlone, ses noirs laby\u00adrinthes, \u00ab&nbsp;ses hommes \u00e0 l\u2019allure de loups affa\u00adm\u00e9s&nbsp;\u00bb, les femmes, de la Ram\u00adbla, blondes, brunes, grosses, maigres, d\u00e9lais\u00ads\u00e9es ou aim\u00e9es, \u00e0 qui l\u2019Espagnol d\u00e9coche le long regard humide, inter\u00admi\u00adnable o\u00f9 \u00e9clate \u00ab&nbsp;le d\u00e9sir, la jalou\u00adsie, l\u2019envie, la luxure&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Et les Ram\u00adblas, dans la nuit, sont balay\u00e9s par le vent. Un vent de mer sym\u00adbole de l\u2019\u00e9vasion, de la liber\u00adt\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que Rafael vient mou\u00adrir pro\u00adt\u00e9\u00adgeant l\u2019embarquement de Fer\u00adnan\u00adda et de son p\u00e8re, et c\u2019est le po\u00e8te Alva\u00adra\u00addo, tom\u00adb\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s qui hurle les der\u00adniers mots de cette his\u00adtoire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Assas\u00adsins, fils de&nbsp;putes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Sur tout le livre plane une fata\u00adli\u00adt\u00e9, un sens du tra\u00adgique ins\u00e9\u00adpa\u00adrable de l\u2019\u00e2me espa\u00adgnole. Jorge Gil\u00adlon parle de la \u00ab&nbsp;fata\u00adli\u00adt\u00e9 d\u2019\u00eatre espagnol&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Il y a des mal\u00adadresses, mais c\u2019est dense, plein de vie, et par des\u00adsus tout \u00ab&nbsp;pr\u00e9\u00adsent&nbsp;\u00bb . Chaque cha\u00adpitre com\u00admence par des extraits de jour\u00adnaux \u2013 nou\u00advelles des quatre coins du monde \u2013 prou\u00advant na\u00ef\u00adve\u00adment une volon\u00adt\u00e9 d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Luis de Vilal\u00adlon\u00adga d\u00e9nonce les plaies, les l\u00e8pres d\u2019une aris\u00adto\u00adcra\u00adtie et d\u2019une bour\u00adgeoi\u00adsie pour\u00adris\u00adsantes et toutes-puis\u00adsantes. Il honore un m\u00e9tier d\u00e9sho\u00adno\u00adr\u00e9, le jour\u00adna\u00adlisme. Il t\u00e9moigne avec ses armes, le livre, en faveur de tout un \u00ab&nbsp;peuple qu\u2019on punit en le d\u00e9ses\u00adp\u00e9\u00adrant de la grande peur qu\u2019il avait pro\u00advo\u00adqu\u00e9e&nbsp;\u00bb. En cela \u00ab&nbsp;Les Ram\u00adblas finissent \u00e0 la mer&nbsp;\u00bb sont un cri r\u00e9con\u00adfor\u00adtant. Les vio\u00adlences, les l\u00e2che\u00adt\u00e9s n\u2019ont pu venir enti\u00e8\u00adre\u00adment \u00e0 bout d\u2019une cer\u00adtaine flamme. M\u00eame si cette nuit espa\u00adgnole a de f\u00e2cheuses ten\u00addances \u00e0 deve\u00adnir mon\u00addiale. M\u00eame si nous ne savons plus tr\u00e8s bien o\u00f9 finit, o\u00f9 com\u00admence un immense camp de concentration.<\/p>\n<p>\u2026 En repre\u00adnant le che\u00admin de la gare, le dimanche soir, je me suis arr\u00ea\u00adt\u00e9 dans une auberge au bord de la Seine. J\u2019y ai ren\u00adcon\u00adtr\u00e9 Fabra, un copain espa\u00adgnol. Je venais de quit\u00adter les \u00ab&nbsp;Ram\u00adblas&nbsp;\u00bb, j\u2019\u00e9tais encore plein de che\u00adveux noirs, de sang et de cris rauques. Sa dou\u00adceur, sa timi\u00addi\u00adt\u00e9 rac\u00e9e m\u2019ont frapp\u00e9.<\/p>\n<p>Le len\u00adde\u00admain, lun\u00addi 22 juin, en feuille\u00adtant \u00ab&nbsp;Pro\u00adfils&nbsp;\u00bb, revue am\u00e9\u00adri\u00adcaine de langue fran\u00ad\u00e7aise, j\u2019ai trou\u00adv\u00e9 cette phrase de Walt Whit\u00adman&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lorsque la liber\u00adt\u00e9 s\u2019en va de quelque part, elle n\u2019est pas la pre\u00admi\u00e8re chose \u00e0 s\u2019en aller, ni la deuxi\u00e8me ni la troi\u00adsi\u00e8me \u00e0 s\u2019en aller. Elle attend que toutes les autres s\u2019en aillent, elle est la toute der\u00adni\u00e8re.&nbsp;\u00bb Alors, \u00e0 ces trois jour\u00adn\u00e9es pr\u00e8s du grand vieillard blanc, \u00e0 l\u2019ombre de ses mots, est venu s\u2019asseoir Fede\u00adri\u00adco Gar\u00adcia Lor\u00adca, \u2013 il \u00e9tait juste cinq heures du&nbsp;soir.<\/p>\n<p>Je ne sais si j\u2019ai r\u00e9us\u00adsi ce que je m\u2019\u00e9tais pro\u00adpo\u00ads\u00e9 de faire. Peut-\u00eatre, rela\u00adt\u00e9s, les faits perdent-ils la \u00ab&nbsp;fata\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb que je leur ai reconnus.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre aus\u00adsi n\u2019ai-je pas r\u00e9us\u00adsi \u00e0 me faire assez oublier, \u00e0 mon\u00adtrer que dans cette ten\u00adta\u00adtive il y avait de l\u2019humilit\u00e9&nbsp;; en ce cas ces lignes souf\u00adfri\u00adraient d\u2019un c\u00f4t\u00e9 pr\u00e9\u00adten\u00adtieux qui serait insup\u00adpor\u00adtable au lec\u00adteur. Si cela \u00e9tait, ce serait mal\u00adgr\u00e9 moi, et j\u2019aurais enti\u00e8\u00adre\u00adment \u00e9chou\u00e9. \u2013 Je ne suis plus s\u00fbr de&nbsp;rien.<\/p>\n<p>[\/\u200bParis, juillet 1953<br>\n<br>Jean-Jacques <sc>Mor\u00advan<\/sc>\/\u200b]\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Mau\u00adrice Saillet [[\u00ab&nbsp;T\u00e9moins&nbsp;\u00bb n\u2019e\u00fbt pas choi\u00adsi de rendre compte du livre dont, direc\u00adte\u00adment et sur\u00adtout indi\u00adrec\u00adte\u00adment, il est ques\u00adtion ici, et pour lequel nous n\u2019arrivons pas \u00e0 par\u00adta\u00adger l\u2019indulgence des pr\u00e9\u00adsentes pages. Mais il nous a sem\u00adbl\u00e9 que Jean-Jacques Mor\u00advan avait remar\u00adqua\u00adble\u00adment r\u00e9us\u00adsi une forme extr\u00ea\u00adme\u00adment rare de t\u00e9moi\u00adgnage, \u2013 le t\u00e9moi\u00adgnage de&nbsp;la&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[67],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-540","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-temoins-n3-4-automne-hiver-1953-1954"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/540","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=540"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/540\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=540"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}