{"id":544,"date":"2007-07-03T22:06:12","date_gmt":"2007-07-03T22:06:12","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/03\/notules\/"},"modified":"2007-07-03T22:06:12","modified_gmt":"2007-07-03T22:06:12","slug":"notules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/03\/notules\/","title":{"rendered":"Notules"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/544?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/544?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>Si nous d\u00e9non\u00ad\u00e7ons ici l\u2019imposture du socia\u00adlisme c\u00e9sa\u00adrien et escla\u00adva\u00adgiste de l\u2019\u00c9tat russe et de ses aco\u00adlytes de par\u00adti, cela ne peut pas nous emp\u00ea\u00adcher de savoir et de dire qu\u2019il est des \u00e2mes com\u00admu\u00adnistes devant qui l\u2019on \u00e9prouve autant de res\u00adpect que devant cer\u00adtaines \u00e2mes chr\u00e9\u00adtiennes. Cette consta\u00adta\u00adtion, on la fait une fois de plus en lisant les \u00ab&nbsp;Po\u00e8mes de la Petite Roquette&nbsp;\u00bb de Maryse Le Bris (Les \u00c9cri\u00advains r\u00e9unis, Armand Hen\u00adneuse, Lyon). Croyante au c\u0153ur pur, Maryse Le Bris, sous les bru\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9s poli\u00adci\u00e8res, main\u00adtient, avec quelle poi\u00adgnante dis\u00adcr\u00e9\u00adtion, le chant de son courage&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Ils ont pour me frap\u00adper des atten\u00adtions de&nbsp;loups<br>\nSi le c\u0153ur me faut il ne faut pas leur&nbsp;dire<br>\nLe coque\u00adli\u00adcot du sang s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 fleurir<br>\nMa t\u00eate bruit d\u2019acier l\u2019enclume de leurs&nbsp;coups<br>\nIls ont pour me frap\u00adper des atten\u00adtions de&nbsp;loups<br>\n.     .     .    .    .     .     .     .<br>\nJe file \u00e0 petit brin la laine de ma&nbsp;force\u2026<\/poesie>\n<p>[|<\/p>\n<h3>*<\/h3>\n<p>|]<\/p>\n<p>En ce cahier m\u00eame, nous ne sommes pas aimable pour M.&nbsp;Jules Romain \u00ab&nbsp;pen\u00adseur&nbsp;\u00bb poli\u00adtique. Et il ne fau\u00addrait pas beau\u00adcoup nous for\u00adcer pour que nous avouions \u00e9prou\u00adver \u00e0 peu pr\u00e8s aus\u00adsi peu d\u2019enthousiasme envers ses pesantes machines th\u00e9\u00e2\u00adtrales ou roman\u00adc\u00e9es. Mais nous avons tou\u00adjours pen\u00ads\u00e9 qu\u2019il fut, et qu\u2019il est m\u00eame encore un po\u00e8te, qui sait, peut-\u00eatre un grand po\u00e8te. Les pi\u00e8ces qu\u2019il a don\u00adn\u00e9es sous le titre de \u00ab&nbsp;Mai\u00adsons&nbsp;\u00bb dans la nou\u00advelle NRF de mai 1953 (elles ont, nous dit-on, paru depuis en volume avec d\u2019autres) le prouvent admi\u00adra\u00adble\u00adment, en par\u00adti\u00adcu\u00adlier celle qui s\u2019intitule \u00ab&nbsp;Fin du mensonge&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Ah&nbsp;! tout ce men\u00adsonge est trop&nbsp;b\u00eate&nbsp;!<br>\nIl va cre\u00adver&nbsp;; mais comme&nbsp;cr\u00e8ve<br>\nUn filet us\u00e9 d\u2019acrobate.<br>\nNous allons pas\u00adser au travers&nbsp;;\n<p>Pour tom\u00adber enfin dans la&nbsp;danse\u2026<br>\nLa transe, l\u2019inepte cadence,<br>\nL\u2019enfer \u00e9qui\u00adtable pour&nbsp;tous.<\/p><\/poesie>\n<p>[|<\/p>\n<h3>*<\/h3>\n<p>|]<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Po\u00e9\u00adsie vivante&nbsp;\u00bb, cahier de la revue \u00ab&nbsp;Les Lettres&nbsp;\u00bb, ras\u00adsemble bien un cer\u00adtain nombre de po\u00e8mes atta\u00adchants, \u2013 de po\u00e8mes r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9s, de po\u00e8mes qui sont des po\u00e8mes, entre autres cer\u00adtains d\u2019entre ceux que signent Mau\u00adrice Fom\u00adbeure, Norge, Gil\u00adbert Trol\u00adliet. Mais les autres&nbsp;? Et cepen\u00addant, il est indu\u00adbi\u00adtable que des hommes comme, par exemple, Alain Borne, Jean Cay\u00adrol, Claude Vig\u00e9e ont une sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de po\u00e8te (Alain Bos\u00adquet, Patoc\u00adchi, Jean Rous\u00adse\u00adlot, \u2013 je n\u2019y met\u00adtrais pas la main au feu\u2026), comme il est incon\u00adtes\u00adtable que la pr\u00e9\u00adsen\u00adta\u00adtion d\u2019Andr\u00e9 Sil\u00advaire est toute finesse. Alors&nbsp;? Eh bien, il doit y avoir l\u00e0, favo\u00adri\u00ads\u00e9e par un milieu trop en vase clos, une de ces mala\u00addies de la mode qui frappent p\u00e9rio\u00addi\u00adque\u00adment le lyrisme fran\u00ad\u00e7ais (voyez les grands rh\u00e9\u00adto\u00adri\u00adqueurs du XIV<sup>e<\/sup>, les pr\u00e9\u00adcieux du XVII<sup>e<\/sup>, les n\u00e9o-sym\u00adbo\u00adlistes). L\u2019enseignement, tou\u00adjours actuel et viru\u00adlent, du sym\u00adbo\u00adlisme et du sur\u00adr\u00e9a\u00adlisme authen\u00adtiques n\u2019est pas en cause. Mais si la plu\u00adpart de ces po\u00e8tes sont peut-\u00eatre, dans le secret d\u2019eux-m\u00eames, vivants, il est bien os\u00e9 d\u2019avoir appli\u00adqu\u00e9 la m\u00eame \u00e9pi\u00adth\u00e8te \u00e0 leur po\u00e9\u00adsie ou \u00e0 ce qui en tient&nbsp;lieu.<\/p>\n<h2>\u00c9criture po\u00e9tique et politesse d\u2019acad\u00e9mie.<\/h2>\n<p>Au moins le nom des deux auteurs aux\u00adquels nous pen\u00adsons ici ne nous \u00e9loigne pas du ter\u00adrain o\u00f9 se situent ces trop courtes notules sur la po\u00e9sie.<\/p>\n<p>Le pre\u00admier des deux textes que nous allons citer est au reste, \u00e0 peu de chose pr\u00e8s, un cas de la mala\u00addie que nous d\u00e9non\u00adcions ci-des\u00adsus, et que l\u2019on se trouve tout confus de rele\u00adver chez un \u00e9cri\u00advain dont les deux pre\u00admiers livres nous avaient lais\u00ads\u00e9 un sou\u00adve\u00adnir si enchan\u00adteur que, sachant de san\u00adt\u00e9 fort pr\u00e9\u00adcaire la femme exquise qui les avait \u00e9crits, notre longue attente \u2013 quelque vingt ann\u00e9es \u2013 de l\u2019\u0153uvre appe\u00adl\u00e9e \u00e0 leur faire suite m\u00ealait \u00e0 un res\u00adpect presque tendre beau\u00adcoup de sin\u00adc\u00e8re angoisse. Cette \u0153uvre atten\u00addue, \u00ab&nbsp;Le mar\u00adtin-p\u00eacheur&nbsp;\u00bb, de Monique Saint-H\u00e9lier, a enfin vu le jour (chez Gras\u00adset), mais sans nous \u00e9tendre sur le fait regret\u00adtable (assu\u00adr\u00e9\u00adment toute la faute en est \u00e0 nous) que nous n\u2019y avons rien com\u00adpris, nous ne pou\u00advons nous rete\u00adnir d\u2019en trans\u00adcrire le pas\u00adsage sui\u00advant, qui (on vou\u00addra bien en peser le tout der\u00adnier mot) nous para\u00eet, quelque remords que nous \u00e9prou\u00advions \u00e0 ne pas nous en taire, un exemple trop carac\u00adt\u00e9\u00adris\u00adtique de l\u2019\u00e9garement ver\u00adbal contem\u00adpo\u00adrain pour qu\u2019il nous soit per\u00admis d\u2019en savou\u00adrer pour nous seul tout le comique invo\u00adlon\u00adtaire. Il s\u2019agit, comme au demeu\u00adrant tout au long du livre, de la des\u00adcrip\u00adtion d\u2019un bal. Et voi\u00adci ce qu\u2019\u00e0 la page 24 (nous nous bor\u00adnons, dans cette copie, \u00e0 sou\u00adli\u00adgner de notre cru le mot de la fin) on peut&nbsp;lire&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab\u2026 Elle deve\u00adnait un mythe&nbsp;: la femme sco\u00adlo\u00adpendre, la fou\u00adg\u00e8re g\u00e9ante. Mais le bou\u00adquet de tulipes lui ren\u00addait ses pro\u00adpor\u00adtions humaines.<\/p>\n<p><em>Ce n\u2019est que votre main, Madame\u2026<\/em><\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Et quand elle pas\u00adsa pr\u00e8s de la porte aux belles fer\u00adrures, l\u2019Anne qui glis\u00adsa dans le cuivre [[1.Il s\u2019agit sans doute, par-des\u00adsus le mar\u00adch\u00e9, de fer\u00adrures en\u2026 cuivre.]] ne fut pas plus grande qu\u2019un cornichon.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Quant au second des deux textes que nous vou\u00adlons citer, il \u00e9mane d\u2019un homme qui est pour beau\u00adcoup \u2013 et en par\u00adtie pour nous aus\u00adsi \u2013 l\u2019un de ceux qui \u2013 carac\u00adt\u00e8re \u00e0 part \u2013 ont men\u00e9 le plus loin la d\u00e9cou\u00adverte po\u00e9\u00adtique. Pour ne pas le nom\u00admer&nbsp;: Paul Clau\u00addel. Mais sans doute, comme celles de son Dieu, les voies de la po\u00e9\u00adsie sont-elles imp\u00e9\u00adn\u00e9\u00adtrables, \u2013 imp\u00e9\u00adn\u00e9\u00adtrables en tout cas aux plus simples conve\u00adnances dont l\u2019ar\u00e9opage des Immor\u00adtels, dont on sait que fait par\u00adtie l\u2019auguste patriarche, passe cepen\u00addant pour le main\u00adte\u00adneur. Or, et nous n\u2019inventons rien, une de nos amies \u2013 bien des lec\u00adteurs des pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addents cahiers de \u00ab&nbsp;T\u00e9moins&nbsp;\u00bb n\u2019auront pas de mal \u00e0 l\u2019identifier \u2013 qui s\u2019est acquis une juste r\u00e9pu\u00adta\u00adtion par ses \u00e9tudes per\u00adti\u00adnentes sur, entre autres, Rilke, d\u00e9si\u00adreuse de savoir quel juge\u00adment Clau\u00addel por\u00adtait sur le grand po\u00e8te de langue alle\u00admande, avait, sui\u00advant le conseil de Madame Romain Rol\u00adland, \u00e9crit une lettre fort res\u00adpec\u00adtueuse et fort cour\u00adtoise \u00e0 l\u2019auteur du \u00ab&nbsp;Sou\u00adlier de satin&nbsp;\u00bb dans l\u2019attente qu\u2019il lui expri\u00adm\u00e2t, s\u2019il en avait une, son opi\u00adnion quant \u00e0 l\u2019\u0153uvre ril\u00adk\u00e9enne. Quelle ne fut pas la stu\u00adp\u00e9\u00adfac\u00adtion de notre amie en rece\u00advant un peu plus tard\u2026 sa propre lettre (char\u00admant n\u2019est-ce pas&nbsp;? sp\u00e9\u00adcia\u00adle\u00adment vis-\u00e0-vis d\u2019une femme et, qui plus est, d\u2019une \u00e9tran\u00adg\u00e8re&nbsp;!), avec, tra\u00adc\u00e9es en marge, ces lignes dont la d\u00e9li\u00adca\u00adtesse d\u2019appr\u00e9ciation le dis\u00adpute, on va pou\u00advoir en juger, \u00e0 celle du pro\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 \u00e9pistolaire&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai tr\u00e8s peu fr\u00e9\u00adquen\u00adt\u00e9 la po\u00e9\u00adsie de Rilke et je ne l\u2019aime pas du tout. Je n\u2019ai ren\u00adcon\u00adtr\u00e9 l\u2019homme qu\u2019une fois, et il a d\u00fb s\u2019apercevoir du peu de cas que je fai\u00adsais de lui, car il en a paru&nbsp;vex\u00e9.<\/p>\n<p>Clau\u00addel&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est tout.<\/p>\n<p>Mais il nous semble que \u00e7a suffit.&nbsp;<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si nous d\u00e9non\u00ad\u00e7ons ici l\u2019imposture du socia\u00adlisme c\u00e9sa\u00adrien et escla\u00adva\u00adgiste de l\u2019\u00c9tat russe et de ses aco\u00adlytes de par\u00adti, cela ne peut pas nous emp\u00ea\u00adcher de savoir et de dire qu\u2019il est des \u00e2mes com\u00admu\u00adnistes devant qui l\u2019on \u00e9prouve autant de res\u00adpect que devant cer\u00adtaines \u00e2mes chr\u00e9\u00adtiennes. 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