{"id":560,"date":"2007-07-05T14:51:08","date_gmt":"2007-07-05T14:51:08","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/05\/lectures-12\/"},"modified":"2007-07-05T14:51:08","modified_gmt":"2007-07-05T14:51:08","slug":"lectures-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/07\/05\/lectures-12\/","title":{"rendered":"Lectures"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/560?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/560?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<h2>Albert Camus&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, Gallimard.<\/h2>\n<p>\u00ab&nbsp;Oui, il y a la beau\u00adt\u00e9 et il y a les humi\u00adli\u00e9s. Quelles que soient les dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9s de l\u2019entreprise, je vou\u00addrais n\u2019\u00eatre jamais infi\u00add\u00e8le ni \u00e0 l\u2019une ni aux autres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est en ces termes que Camus d\u00e9fi\u00adnit tr\u00e8s exac\u00adte\u00adment, non seule\u00adment son propre pro\u00adbl\u00e8me, mais bien celui de toutes les \u00e2mes encore libres qui, dans ce monde \u00e9pou\u00advan\u00adtable \u2013 camps de tra\u00advail for\u00adc\u00e9, bombe H, etc. \u2013 s\u2019efforcent de ne lais\u00adser faire bon mar\u00adch\u00e9 ni du sou\u00adci de la jus\u00adtice ni du main\u00adtien des plus hautes valeurs de l\u2019esprit, sans le res\u00adpect, sans l\u2019amour des\u00adquelles, sous pr\u00e9\u00adtexte de d\u00e9fendre l\u2019homme, on ne d\u00e9fen\u00addrait, en v\u00e9ri\u00adt\u00e9, que son cadavre.<\/p>\n<p>De l\u00e0 le sens infi\u00adni\u00adment humain de ces essais \u2013 il fau\u00addrait presque dire, par endroits, de ces po\u00e8mes en prose dont la langue garde le convain\u00adcant pres\u00adtige de \u00ab&nbsp;Noces&nbsp;\u00bb \u2013 pour une grande part consa\u00adcr\u00e9s \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie natale d\u2019un homme qui, bien heu\u00adreu\u00adse\u00adment, de plus en plus pr\u00e9\u00adf\u00e8re \u00e0 la phi\u00adlo\u00adso\u00adphie \u2013 la pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Com\u00adbien de t\u00eates livresques n\u2019avaient-elles pas accueilli d\u2019une affli\u00adgeante incom\u00adpr\u00e9\u00adhen\u00adsion les pages d\u00e9j\u00e0 d\u00e9di\u00e9es par Camus, dans \u00ab&nbsp;L\u2019Homme r\u00e9vol\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019esprit de mesure, \u00e0 l\u2019\u00e2me m\u00e9di\u00adter\u00adra\u00adn\u00e9enne&nbsp;? Parce qu\u2019un Maur\u00adras, un Bar\u00adr\u00e8s aus\u00adsi, en un sens, ont eux-m\u00eames livres\u00adque\u00adment, et par natio\u00adna\u00adlisme, fait jadis l\u2019apologie que l\u2019on sait de la tra\u00addi\u00adtion gr\u00e9\u00adco-latine, devra-t-on pour autant \u00eatre tax\u00e9 de r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire. D\u00e8s que, comme Camus (ou comme Simone Weil), l\u2019on oppose \u00e0 la bar\u00adba\u00adrie de notre \u00e2ge l\u2019irrempla\u00e7able exemple des civi\u00adli\u00adsa\u00adtions dont le miracle grec demeure le prototype&nbsp;?<\/p>\n<p>S\u2019il nous est per\u00admis de nous citer nous-m\u00eame&nbsp;: \u00ab&nbsp;La liber\u00adt\u00e9 dont, \u00e9cri\u00advons-nous dans les quelques lignes d\u2019introduction \u00e0 la page de Mari\u00advaux plus haut repro\u00adduites ici m\u00eame. Les meilleurs d\u2019entre nous s\u2019obstinent \u00e0 pour\u00adsuivre le r\u00eave ne vaut tout \u00e0 fait que dans sa fleur.&nbsp;\u00bb Or, c\u2019est cette fleur-l\u00e0&nbsp;; cette pl\u00e9\u00adni\u00adtude vers laquelle celui qui a \u00e9crit aus\u00adsi \u00ab&nbsp;Les Justes&nbsp;\u00bb nous invite aujourd\u2019hui pour nous adju\u00adrer de ne point nous tra\u00adhir, ni en m\u00eame temps la jus\u00adtice, \u00e0 tour\u00adner les regards.<\/p>\n<p>Qu\u2019\u00e0 la dif\u00adf\u00e9\u00adrence, heu\u00adreu\u00adse\u00adment, de son \u00e9pa\u00adnouis\u00adse\u00adment dans les civi\u00adli\u00adsa\u00adtions pr\u00e9\u00admo\u00addernes, cette m\u00eame fleur, \u00e0 pr\u00e9\u00adsent, pour nous, humi\u00adli\u00e9s et fr\u00e8res des humi\u00adli\u00e9s, ne puisse \u00e9clore que dans le cli\u00admat de l\u2019amour, de l\u2019amour des hommes, Camus le sait aus\u00adsi, qui \u00e9crit dans \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9t\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Car il y a seule\u00adment de la mal\u00adchance \u00e0 n\u2019\u00eatre pas aim\u00e9&nbsp;; il y a du mal\u00adheur \u00e0 ne point&nbsp;aimer.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Le h\u00e9ros, \u00e9crit-il encore dans les pages admi\u00adrables inti\u00adtu\u00adl\u00e9es \u201cPro\u00adm\u00e9\u00adth\u00e9e aux enfers\u201d, main\u00adtient dans la foudre et le ton\u00adnerre divins sa foi tran\u00adquille en l\u2019homme.&nbsp;\u00bb  \u00ab&nbsp;Mieux que sa r\u00e9volte&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;longue obs\u00adti\u00adna\u00adtion&nbsp;\u00bb de celui qui bra\u00adva les d\u00e9crets du ciel r\u00e9con\u00adci\u00adlie notre c\u0153ur dou\u00adlou\u00adreux et \u00ab&nbsp;les prin\u00adtemps du monde&nbsp;\u00bb, cet appel du bon\u00adheur que Camus se refuse \u00e0 refu\u00adser&nbsp;; car, pour reprendre le titre d\u2019un non moins admi\u00adrable essai figu\u00adrant dans le livre, nos r\u00eaves, nos v\u00e9ri\u00adt\u00e9s ne seront vrai\u00adment au monde que lorsque aura ces\u00ads\u00e9 \u2013 ban\u00adnis\u00adse\u00adment de la beau\u00adt\u00e9 au nom de l\u2019utile, des id\u00e9o\u00adlo\u00adgies ou des morales \u2013 l\u2019exil d\u2019H\u00e9l\u00e8ne.<\/p>\n<p>[\/J.P.S.\/]<\/p>\n<h2>Jean Giono&nbsp;: \u00ab&nbsp;Voyage en Italie&nbsp;\u00bb, Gallimard.<\/h2>\n<p>Nous qui avons tant aim\u00e9 et qui n\u2019aimons pas moins encore \u00ab&nbsp;Un de Bau\u00admugnes&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Le Ser\u00adpent d\u2019\u00e9toiles&nbsp;\u00bb, com\u00adment pour\u00adrions-nous ne pas \u00eatre d\u00e9rou\u00adt\u00e9 par les romans de Gio\u00adno, \u00ab&nbsp;nou\u00advelle mani\u00e8re&nbsp;\u00bb&nbsp;? C\u2019est peut-\u00eatre tout \u00e0 fait injuste, mais un Gio\u00adno sten\u00addha\u00adlien, trous\u00adseur de contes \u00e0 la fran\u00ad\u00e7aise, nous en venons \u00e0 nous deman\u00adder&nbsp;: o\u00f9 donc \u00e9tait, ou bien o\u00f9 donc est la gal\u00e9\u00adjade&nbsp;? \u2013 Mais avec le \u00ab&nbsp;Voyage en Ita\u00adlie&nbsp;\u00bb, c\u2019est une autre paire de manches. Ici, nous n\u2019attendons pas une cr\u00e9a\u00adtion d\u2019art, et ces notes prises au vol au pays de ses anc\u00eatres pater\u00adnels montrent un Gio\u00adno qui ne se monte pas le cou, ni sur lui-m\u00eame ni sur cette Ita\u00adlie qu\u2019il par\u00adcourt et qui ne nous en appa\u00adra\u00eet que plus embal\u00adlant. Qu\u2019on lise, entre autres, les pages sur Bres\u00adcia, sur l\u2019h\u00f4tel \u00e0 Bologne, sur la Tos\u00adcane ou sur cette place qua\u00adsi d\u00e9saf\u00adfec\u00adt\u00e9e de Padoue, han\u00adt\u00e9e de vagues sta\u00adtues, qu\u2019\u00e9coutant Gio\u00adno nous la dire nous eus\u00adsions cru \u00eatre encore au jour o\u00f9 nous-m\u00eame en fai\u00adsions l\u2019invraisemblable d\u00e9cou\u00adverte. \u2013 &nbsp;Mais apr\u00e8s tout, peut-\u00eatre n\u2019avons \u00ab&nbsp;bu&nbsp;\u00bb ce livre avec tant de ravis\u00adse\u00adment qu\u2019en rai\u00adson de la pas\u00adsion que nous par\u00adta\u00adgeons avec l\u2019auteur pour tout ce qui fait la vie de tous les jours chez nos cou\u00adsins de la p\u00e9ninsule&nbsp;?<\/p>\n<h2>Pierre Emmanuel&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Ouvrier de la onzi\u00e8me heure&nbsp;\u00bb, \u00e9ditions du&nbsp;Seuil.<\/h2>\n<p>T\u00e9moi\u00adgnage \u00e9ton\u00adnant et, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un docu\u00adment auto\u00adbio\u00adgra\u00adphique, vrai\u00adment m\u00e9ri\u00adtoire sur le m\u00e9lange d\u2019inconscience et de vani\u00adt\u00e9 qui conduit tant d\u2019intellectuels \u00e0 se pr\u00ea\u00adter \u00e0 l\u2019ent\u00f4lage des cocos. Mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment, ce livre, que nous devons d\u2019ailleurs \u00eatre recon\u00adnais\u00adsant \u00e0 Emma\u00adnuel d\u2019avoir os\u00e9 \u00e9crire, en d\u00e9pit du grand effort de sin\u00adc\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 qui s\u2019y mani\u00adfeste, ne laisse pas d\u2019\u00eatre, dans l\u2019ensemble, moins accom\u00adpli que l\u2019incomparable \u00ab&nbsp;Qui est cet homme&nbsp;?\u00bb Bien s\u00fbr il y a d\u2019admirables choses vues et de non moins admi\u00adrables ana\u00adlyses d\u2019\u00e9tats d\u2019\u00e2me&nbsp;; sous la signa\u00adture d\u2019Emmanuel, com\u00adment pour\u00adrait-il en \u00eatre autre\u00adment&nbsp;? Mais pour avoir per\u00adc\u00e9 le bla-bla-bla des autres, Emma\u00adnuel ne semble pas encore \u2013 c\u2019est peut-\u00eatre le fait de sa jeu\u00adnesse pro\u00adlon\u00adg\u00e9e de vrai po\u00e8te \u2013 en assez grande d\u00e9fiance des crises d\u2019inflation sen\u00adti\u00admen\u00adtale qu\u2019il lui arrive de \u00ab&nbsp;faire&nbsp;\u00bb, comme on dirait en m\u00e9de\u00adcine. T\u00e9moin les pages qu\u2019il consacre \u00e0 l\u2019affaire Rosen\u00adberg. Elles partent du meilleur sen\u00adti\u00adment. Mais qu\u2019elles sont g\u00eanantes&nbsp;! Quelle fami\u00adlia\u00adri\u00adt\u00e9, l\u00e0-dedans, avec l\u2019holocauste&nbsp;!\u2026 Le fond de tout cela, chez ce tr\u00e8s hon\u00adn\u00eate homme presque tra\u00adhi par l\u2019exc\u00e8s \u2013 magni\u00adfique \u2013 de ses dons ver\u00adbaux, n\u2019est pro\u00adba\u00adble\u00adment pas, comme il semble le croire en par\u00adtie, sa posi\u00adtion plus ou moins en porte-\u00e0-faux entre le catho\u00adli\u00adcisme et la confes\u00adsion r\u00e9for\u00adm\u00e9e, ni m\u00eame le confu\u00adsion\u00adnisme encore mal sur\u00admon\u00adt\u00e9 h\u00e9ri\u00adt\u00e9 de cer\u00adtaine R\u00e9sis\u00adtance, mais le fait, appa\u00adrem\u00adment mal conscient chez lui, qu\u2019Emmanuel, tout en res\u00adtant ouvert aux id\u00e9es les plus g\u00e9n\u00e9\u00adreuses, est au fond un auto\u00adri\u00adtaire qui s\u2019ignore. Sa han\u00adtise d\u2019un \u00ab&nbsp;ordre&nbsp;\u00bb \u00e9ga\u00adli\u00adtaire est \u00e0 cet \u00e9gard signi\u00adfi\u00adca\u00adtive, non moins que cette consta\u00adta\u00adtion qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je mesure com\u00adbien est grand notre d\u00e9sir d\u2019\u00eatre d\u00e9char\u00adg\u00e9s du faix de la liber\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 128). Et quand il \u00e9crit (p.&nbsp;86)&nbsp;: \u00ab&nbsp;On est liber\u00adtaire avant d\u2019\u00eatre tota\u00adli\u00adtaire&nbsp;\u00bb, sans doute a\u2011t-il psy\u00adcho\u00adlo\u00adgi\u00adque\u00adment rai\u00adson dans plus d\u2019un cas, h\u00e9las&nbsp;; mais la p\u00e9n\u00e9\u00adtra\u00adtion dont il fait preuve ici devrait le mettre lui-m\u00eame quelque peu en arr\u00eat. \u00c0 Emma\u00adnuel, qui voit une grande part (presque trop grande) de la pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de notre salut dans un retour \u00e0 la vraie pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 des mots, nous deman\u00adde\u00adrons de r\u00e9fl\u00e9\u00adchir, avec toute 1\u2019honn\u00eatet\u00e9 de c\u0153ur dont nous le savons capable, au sens de ce mot de liber\u00adt\u00e9, qui ne doit pas faire tour\u00adner les t\u00eates, loin de l\u00e0, mais les tenir droites.<\/p>\n<h2>\u00ab&nbsp;Les Gazettes&nbsp;\u00bb d\u2019Adrienne Monnier, Juillard.<\/h2>\n<p>Pour\u00adquoi \u00eatre all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 par\u00adler d\u2019un L\u00e9au\u00adtaud f\u00e9mi\u00adnin&nbsp;? Madame Adrienne Mon\u00adnier ne pr\u00e9\u00adtend \u00e9vi\u00addem\u00adment ni \u00e0 la pl\u00e9\u00adthore d\u2019\u00e9criture (pl\u00e9\u00adthore heu\u00adreuse) ni \u00e0 la pro\u00adfon\u00addeur de m\u00e9chan\u00adce\u00adt\u00e9 (bien amu\u00adsante) de notre ter\u00adrible ori\u00adgi\u00adnal. Mais on est bien content de retrou\u00adver dans ce volume les alertes pen\u00ads\u00e9es et choses vues not\u00e9es au vol par celle qui, sans pr\u00e9\u00adcio\u00adsi\u00adt\u00e9 ni esprit de cha\u00adpelle, aura \u00e9t\u00e9, en sa bou\u00adtique de la Mai\u00adson des Amis des Livres, le tr\u00e8s probe et infa\u00adti\u00adgable agent de liai\u00adson de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture vivante, de 1913 \u00e0 nos&nbsp;jours.<\/p>\n<h2>Ren\u00e9e Lang&nbsp;: Rilke, Gide et Val\u00e9ry, collection \u00c9tudes gidiennes, \u00e9d. de la revue \u00ab&nbsp;Pr\u00e9texte&nbsp;\u00bb.<\/h2>\n<p>C\u2019est avec une louable fer\u00adveur que Madame Ren\u00e9e Lang, dont le pre\u00admier num\u00e9\u00adro de \u00ab&nbsp;T\u00e9moins&nbsp;\u00bb a d\u00e9j\u00e0 signa\u00adl\u00e9 la per\u00adti\u00adnente intro\u00adduc\u00adtion \u00e0 la Cor\u00adres\u00adpon\u00addance de Gide et de Rilke publi\u00e9e par ses soins chez Cor\u00adr\u00eaa, pour\u00adsuit ses savantes inves\u00adti\u00adga\u00adtions sur les rap\u00adports spi\u00adri\u00adtuels entre non seule\u00adment Gide et Rilke, mais encore entre Rilke et Val\u00e9\u00adry. Le livre que nous avons sous les yeux, qui cepen\u00addant n\u2019a pas plus de quelque quatre-vingts pages, n\u2019en apporte pas moins la docu\u00admen\u00adta\u00adtion la plus pr\u00e9\u00adcise, jointe \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation la plus fine, quant aux \u00e9changes et mutuels enri\u00adchis\u00adse\u00adments de ce \u00ab&nbsp;rare trio&nbsp;\u00bb, qui incar\u00adna l\u2019un des grands moments de la culture euro\u00adp\u00e9enne. \u00c9changes in\u00e9gaux&nbsp;; tr\u00e8s jus\u00adte\u00adment M<sup>me<\/sup>&nbsp;Ren\u00e9e Lang \u00e9crit en conclu\u00adsion&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ces clairs Latins\u2026 res\u00adt\u00e8rent en der\u00adni\u00e8re ins\u00adtance \u00e9tran\u00adgers \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience int\u00e9\u00adrieure et \u00e0 la magie du po\u00e8te des \u00c9l\u00e9\u00adgies\u2026 (Des trois) Rilke (dont le sens de divi\u00adna\u00adtion s\u2019assimilait) l\u2019\u00eatre et l\u2019\u0153uvre qu\u2019il avait \u00e9lus\u2026 avait sans doute \u00e9t\u00e9 le plus riche.&nbsp;\u00bb \u2013 Signa\u00adlons en outre que l\u2019ouvrage ant\u00e9\u00adrieur de M<sup>me<\/sup>&nbsp;Ren\u00e9e Lang sur \u00ab&nbsp;Andr\u00e9 Gide et la pen\u00ads\u00e9e alle\u00admande&nbsp;\u00bb (luf) va pro\u00adchai\u00adne\u00adment para\u00eetre en alle\u00admand dans une \u00e9di\u00adtion consi\u00add\u00e9\u00adra\u00adble\u00adment augment\u00e9e.<\/p>\n<h2>Montaigne en allemand&nbsp;: traduction de l\u2019essentiel des \u00ab&nbsp;Essais&nbsp;\u00bb, par Herbert L\u00fcthy, \u00e9d. du Manesse Verlag, Zurich.<\/h2>\n<p>Alors que Mon\u00adtaigne a tou\u00adjours \u00e9t\u00e9 pour les Anglais un clas\u00adsique vivant (on sait ce que Sha\u00adkes\u00adpeare lui doit), l\u2019Allemagne, en g\u00e9n\u00e9\u00adral, \u2013 au reste on con\u00e7oit assez bien pour\u00adquoi\u2026 \u2013 l\u2019ignore presque. La tra\u00adduc\u00adtion de L\u00fcthy aide\u00adra peut-\u00eatre, il faut l\u2019esp\u00e9rer, \u00e0 com\u00adbler cette grave lacune. Elle est remar\u00adquable, autant du moins qu\u2019une tra\u00adduc\u00adtion de Mon\u00adtaigne peut l\u2019\u00eatre, \u2013 car com\u00adment rendre en alle\u00admand le charme, la patine de la langue cepen\u00addant tou\u00adjours jeune et ver\u00addis\u00adsante de l\u2019original&nbsp;? \u2013 Her\u00adbert L\u00fcthy, en outre, a \u00e9crit une longue intro\u00adduc\u00adtion des plus p\u00e9n\u00e9\u00adtrantes&nbsp;: sans doute, m\u00eame, a\u2011t-il rai\u00adson d\u2019y insis\u00adter sur l\u2019\u00abindiff\u00e9rentisme&nbsp;\u00bb de Mon\u00adtaigne \u00e0 l\u2019\u00e9gard des fac\u00adtions de son temps, encore qu\u2019il y e\u00fbt l\u00e0 sans doute un peu de cette m\u00eame pru\u00addence qui devait faire dire \u00e0 Des\u00adcartes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je m\u2019avance mas\u00adqu\u00e9.&nbsp;\u00bb L\u00fcthy, deman\u00adde\u00adrons-nous en toute ami\u00adti\u00e9, a\u2011t-il eu, du fait de quelque actuelle orien\u00adta\u00adtion de sa pen\u00ads\u00e9e, cer\u00adtaine pro\u00adpen\u00adsion \u00e0 exa\u00adg\u00e9\u00adrer chez le si fid\u00e8le ami de l\u2019auteur du \u00ab&nbsp;Contr\u2019un&nbsp;\u00bb la ten\u00adta\u00adtion d\u2019une sagesse qui ne serait que \u2013&nbsp;sage&nbsp;?<\/p>\n<h2>R. Carette&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sartre et la philosophie du possible&nbsp;\u00bb, Ed, J.-D. S.&nbsp;Gand.<\/h2>\n<p>L\u2019auteur pr\u00e9\u00adsente lui-m\u00eame cette \u00e9tude comme un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses propres tra\u00advaux sur le pro\u00adbl\u00e8me du pos\u00adsible. Autant que nous avons pu la suivre, cette \u0153uvre tend \u00e0 mon\u00adtrer ce qu\u2019auraient de com\u00admun cer\u00adtain pos\u00adsi\u00adbi\u00adlisme et l\u2019existentialisme sar\u00adtrien. Nous y revien\u00addrons volon\u00adtiers quand nous serons en pr\u00e9\u00adsence des autres tra\u00advaux de l\u2019auteur, qui ne sont pas encore publi\u00e9s. Mais ce que nous tenons \u00e0 rete\u00adnir d\u00e8s main\u00adte\u00adnant, c\u2019est la sui\u00advante cita\u00adtion d\u2019un pas\u00adsage de \u00ab&nbsp;L\u2019\u00catre et le N\u00e9ant&nbsp;\u00bb (p. 669), o\u00f9 Sartre, et nous sommes \u00e9ber\u00adlu\u00e9s que M.&nbsp;Carette paraisse trou\u00adver cela tr\u00e8s \u00e0 son go\u00fbt, a magni\u00adfi\u00adque\u00adment d\u00e9fi\u00adni \u00e0 l\u2019avance la posi\u00adtion d\u2019irresponsabilit\u00e9 qui ne carac\u00adt\u00e9\u00adrise que trop bien le point de vue (ou de c\u00e9ci\u00adt\u00e9) du sym\u00adpa\u00adthi\u00adsant pro-sta\u00adli\u00adnien dont il s\u2019ent\u00eate \u00e0 s\u2019octroyer l\u2019alibi&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Nous nous en vou\u00addrons\u2026, \u00e9crit M.&nbsp;Carette, de ne pas signa\u00adler\u2026 les pages\u2026 o\u00f9 Sartre pr\u00e9\u00adsente le glis\u00adse\u00adment comme \u00ab&nbsp;une admi\u00adrable image de la puis\u00adsance&nbsp;\u00bb. De l\u00e0, dit-il, le fameux conseil&nbsp;: \u00ab&nbsp;Glis\u00adsez, mor\u00adtels, n\u2019appuyez pas&nbsp;\u00bb, qui ne signi\u00adfie pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;Demeu\u00adrez super\u00adfi\u00adciels, n\u2019approfondissez pas, mais, au contraire&nbsp;: R\u00e9a\u00adli\u00adsez des syn\u00adth\u00e8ses en pro\u00adfon\u00addeur, mais sans vous compromettre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame Moli\u00e8re, de nos jours, met\u00adtant Jean-Paul Sartre sur la sc\u00e8ne, n\u2019e\u00fbt pas inven\u00adt\u00e9 la trou\u00advaille d\u2019un si bel&nbsp;aveu\u2026&nbsp;<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Albert Camus&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb, Gal\u00adli\u00admard. \u00ab&nbsp;Oui, il y a la beau\u00adt\u00e9 et il y a les humi\u00adli\u00e9s. Quelles que soient les dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9s de l\u2019entreprise, je vou\u00addrais n\u2019\u00eatre jamais infi\u00add\u00e8le ni \u00e0 l\u2019une ni aux autres.&nbsp;\u00bb C\u2019est en ces termes que Camus d\u00e9fi\u00adnit tr\u00e8s exac\u00adte\u00adment, non seule\u00adment son propre pro\u00adbl\u00e8me, mais bien celui de toutes les&nbsp;\u00e2mes&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-560","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-temoins-n5-printemps-1954"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/560","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=560"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/560\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=560"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=560"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=560"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=560"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}