La Presse Anarchiste

Courrier des lecteurs

En réponse à la ques­tion d’un lecteur : « Posi­tion de l’Al­liance sur les atten­tats indi­vidu­els ? »

À l’Al­liance, nous n’avons jamais pris posi­tion publique­ment sur ce prob­lème (bien que nous soyons tous d’ac­cord sur ce point) car ce prob­lème du ter­ror­isme indi­vidu­el est surtout celui de la bour­geoisie, de son État et de ses polices.

Il y a eu un ter­ror­isme indi­vidu­el ou grou­pus­cu­laire de « gauche » et un autre de « droite ».

Celui de « gauche » a tou­jours été plus ou moins arti­sanal. Celui de « droite » béné­fi­cie de nom­breuses com­plic­ités et d’aides finan­cières puis­santes. Et il est extrême­ment dan­gereux car il cam­ou­fle des provo­ca­tions « poli­tiques » et devance les désirs du grand cap­i­tal — exem­ple, en Ital­ie, l’af­faire Pinelli.

De 1961 à 1970, des groupes révo­lu­tion­naires de « gauche » ont effec­tué des atten­tats (cam­pagne con­tre le tourisme en Espagne); mais nous soulignons ce mot « atten­tat », car ils furent sym­bol­iques (faibles charges — il n’y eut aucun mort — et même sans déto­na­teur…) et ces groupes refusèrent tou­jours de faire du ter­ror­isme véri­ta­ble.

Car le ter­ror­isme véri­ta­ble est fas­ciste.

En tant qu’a.s. et s.r. nous ne pou­vons être que pour les actions révo­lu­tion­naires col­lec­tives des tra­vailleurs organisés.

Et, actuelle­ment, nous dis­ons ATTENTION. Tout atten­tat ter­ror­iste ne pour­rait être que provo­ca­teur et au ser­vice des ten­ants du pou­voir (poli­tique et économique) comme en Ital­ie avec l’af­faire Pinelli.

ON cherche des armes actuelle­ment con­tre la recon­sti­tu­tion d’un mou­ve­ment ouvri­er voy­ant de plus en plus net­te­ment sa voie vers son éman­ci­pa­tion inté­grale. ON cherche des armes pour, et « peu importe les moyens quand on veut main­tenir l’or­dre », bris­er ce mou­ve­ment. ON pense pour ce faire à imiter les fas­cistes ital­iens déclarés ou non déclarés dans leurs provo­ca­tions terroristes.

Le ter­ror­isme indi­vidu­el ou grou­pus­cu­laire actuel, s’il sur­ve­nait en France actuelle­ment, nous savons déjà qu’il ne serait pas le fait de révo­lu­tion­naires sinon celui des nos­tal­giques de ladite « révo­lu­tion nationale » et de groupes plus lucides voy­ant dans ces actes une arme con­tre le mou­ve­ment ouvri­er et révolutionnaire.