La Presse Anarchiste

Une expérience passionnante (3)

De cette façon on évite toute pos­si­bi­li­té que cer­tains tra­vailleurs aliènent leur patri­moine, comme cela s’est pro­duit fré­quem­ment au cours d’ex­pé­riences faites dans d’autres pays et où les socié­tés coopé­ra­tives ou col­lec­tives des tra­vailleurs furent absor­bées et déna­tu­rées par le capitalisme.

Il faut ajou­ter fina­le­ment que le direc­toire a fixé à 5.000 pesos le mon­tant maxi­mum des actions que chaque tra­vailleur pour­rait sous­crire, dans le but d’é­vi­ter que cer­tains puissent se conver­tir en patrons des moins pré­voyants ou des moins capables.

Le résul­tat de cette expé­rience a été véri­ta­ble­ment éton­nant, même pour ses pro­ta­go­nistes les plus opti­mistes, si l’on consi­dère que l’É­tat se limi­ta à défi­nir les normes juri­diques de la socié­té et ne la pro­té­gea en rien, sur aucun ter­rain, ni poli­tique, ni éco­no­mique, ni finan­cier. En d’autres termes, la socié­té une fois consti­tuée, et la pro­prié­té des fabriques acquise, nous nous retrou­vâmes livrés à nos propres forces et à notre ini­tia­tive : sans capi­tal de rou­le­ment, sans la sécu­ri­té de dis­po­ser de matières pre­mières à trai­ter, sans cré­dits ban­caires, et ayant, au contraire, à faire face à un boy­cott de la banque pri­vée, natio­nale et étran­gère, puisque les banques anglaises et nord-amé­ri­caines qui avan­çaient les cré­dits aux anciennes com­pa­gnies ne nous prê­tèrent pas un peso et que nous n’a­vons pas encore reçu un seul cent de ce fameux prêt du B.I.D. 1(N.- de la R. Nous ne savons pas de quelle ins­ti­tu­tion il s’a­git. dont on a tant par­lé, sans mar­chés et sans points de vente assu­rés d’avance.

Les experts en ques­tions éco­no­miques et com­mer­ciales don­naient notre échec pour immé­diat et irré­mé­diable, et nom­breux furent ceux, bien inten­tion­nés, qui finirent par se deman­der si le trans­fert des fri­go­ri­fiques aux tra­vailleurs n’é­tait pas une escro­que­rie, une fraude colos­sale de la part des com­pa­gnies, une manœuvre élec­to­rale de la part du par­ti au pou­voir à l’é­poque, lequel par­ti per­dit les élec­tions dès qu’E.F.C.S.A. fut consti­tuée. Et comme l’op­po­si­tion qui triom­pha aux élec­tions de novembre 1958 avait voté contre le trans­fert qu’elle jugeait être une aven­ture insen­sée, tout lais­sait pré­voir que nous allions à l’échec.

Tou­te­fois, les faits démon­trèrent le contraire ; nous obtînmes du bétail, des maga­sins, des mar­chés, et peu de mois après nos débuts nous étions déjà la socié­té expor­ta­trice la plus impor­tante de l’U­ru­guay et nous conti­nuons à l’être. (L’ex­pli­ca­tion détaillée de ce véri­table miracle n’en­tre­rait pas dans les limites de cet expo­sé. Nous conseillons à ceux qui pour­raient s’in­té­res­ser de plus près à notre expé­rience, de lire notre revue E.F.C.S.A.).

En ne tra­vaillant que dans un seul éta­blis­se­ment (car tant qu’on ne sup­pri­me­ra pas le mar­ché noir et qu’on n’an­nu­le­ra pas la loi sur le mono­pole du ravi­taille­ment inté­rieur, déte­nu par le Fri­go­ri­fique natio­nal, le bétail ne sera pas suf­fi­sant pour que les deux éta­blis­se­ments puissent fonc­tion­ner), nous avons pu trai­ter, dans les six pre­miers mois de cette année, 170.000 têtes de bovins. Presque la moi­tié de cette viande est des­ti­née à la conserve en boîtes, c’est-à-dire au corned-beef.

130 pour cent d’augmentation des salaires

Quant aux avan­tages ouvriers, la créa­tion de notre coopé­ra­tive a entraî­né, pour tous les tra­vailleurs de la viande, trois aug­men­ta­tions de salaires mas­sives — une par an — sans qu’il fût néces­saire de recou­rir à la grève, et cela pour la pre­mière fois en trente-cinq ans. (Cela, natu­rel­le­ment, dérange les com­mu­nistes et les par­tis de l’op­po­si­tion, de quelque teinte qu’ils soient, la paix sociale n’ad­met­tant pas le jeu de la spé­cu­la­tion déma­go­gique.) La chose a d’au­tant plus d’im­por­tance si l’on consi­dère que ces trois aug­men­ta­tions mas­sives des salaires repré­sentent une amé­lio­ra­tion de 130 pour cent sur les rému­né­ra­tions que nous per­ce­vions en 1957. Il est cer­tain que ces aug­men­ta­tions élèvent le coût de fonc­tion­ne­ment de notre entre­prise, mais elles étaient indis­pen­sables, compte tenu de la déva­lo­ri­sa­tion de la mon­naie, de l’aug­men­ta­tion du prix des pro­duits de consom­ma­tion, des ser­vices publics, etc.

Ce qu’il importe de sou­li­gner, c’est la ten­dance construc­tive impri­mée par E.F.C.S.A. à l’in­dus­trie de base du pays. Les conflits du tra­vail que nous déclen­chions avant, en pleine sai­son de bétail lourd, et qui duraient par­fois deux mois — soit à cause de l’obs­ti­na­tion des com­pa­gnies, soit pour l’im­pos­si­bi­li­té où elles étaient de sup­por­ter un prix de revient plus éle­vé — étaient réel­le­ment catas­tro­phiques pour l’é­co­no­mie natio­nale, décou­ra­geant les pro­duc­teurs, fomen­tant indi­rec­te­ment le mar­ché noir de la viande et déter­mi­nant, en der­nière ins­tance, la perte de mar­chés exté­rieurs pour non res­pect des accords d’ex­pé­di­tion. Les tra­vailleurs subis­saient aus­si les consé­quences de ces longues périodes de para­ly­sie qui pous­sèrent par­fois les entre­prises à arrê­ter toute acti­vi­té pen­dant des années entières, et qui furent fina­le­ment la rai­son pour laquelle les entre­pre­neurs déci­dèrent de se reti­rer du pays.

Nous sommes plei­ne­ment confiants de ce que, avant le terme des dix années pré­vues par la loi pour le régime légal que nous avons adop­té, E.F.C.S.A. déve­lop­pe­ra ses acti­vi­tés, en par­ve­nant à la pro­duc­tion ou à l’en­grais du bétail pour son propre compte, en ins­tal­lant une fabrique moderne de savon et en aug­men­tant la pro­duc­tion de fruits et légumes des­ti­nés à être trai­tés par nous. Nous pen­sons éga­le­ment avec confiance qu’on nous per­met­tra de par­ti­ci­per à la four­ni­ture du mar­ché uruguayen.

Par-des­sus tout, nous espé­rons que nous par­vien­drons à faire évo­luer notre orga­ni­sa­tion juri­dique et à trans­for­mer E.F.C.S.A. en une coopé­ra­tive inté­grale. Cette confiance est basée sur le fait que nous avons triom­phé mal­gré la guerre qu’on nous a mené et mal­gré les condi­tions actuelles du com­merce de la viande, pires que celles qui obli­gèrent les vieilles com­pa­gnies à se reti­rer, en nous lais­sant en héri­tage un ins­tru­ment de tra­vail consti­tué par les deux usines les plus impor­tantes du pays ins­tal­lées il y a long­temps par le capi­tal et le génie indus­triel et com­mer­cial anglo-saxons, et aujourd’­hui exploi­tées et amé­lio­rées par des hommes de notre pays qui, de plus, sont de nette for­ma­tion syndicaliste.

Surenchère revendicative

Après la consti­tu­tion de la socié­té ache­teuse des fri­go­ri­fiques, les tra­vailleurs conti­nuèrent à faire par­tie des anciennes orga­ni­sa­tions syn­di­cales — Syn­di­cat des ouvriers et ouvrières du fri­go­ri­fique Arti­gas, Union ouvrière Swift, Socié­té de char­ge­ment et déchar­ge­ment, Asso­cia­tion des employés et cadres de l’in­dus­trie fri­go­ri­fique. Théo­ri­que­ment les employés, ouvriers et tech­ni­ciens, en per­dant leur patron s’é­taient trans­for­més en patrons eux-mêmes, et si l’on admet le prin­cipe selon lequel la cause déter­mi­nante des orga­ni­sa­tions syn­di­cales ouvrières est la néces­si­té de lut­ter contre le patron ou l’employeur, celles-ci n’a­vaient plus de rai­son d’être. Cer­tains diri­geants ouvriers des autres fri­go­ri­fiques ne man­quèrent pas de sou­te­nir que les ouvriers d’E.F.C.S.A. ne pou­vaient plus conti­nuer à appar­te­nir à la Fédé­ra­tion ouvrière de l’In­dus­trie de la Viande et déri­vés, qui est une orga­ni­sa­tion d’ou­vriers sala­riés. Ils disaient, en sub­stance, que « patrons » et « ouvriers » ne pou­vaient pas sié­ger sur les mêmes bancs du Congrès natio­nal des délé­gués de la F.O.I.C.A., et l’on remit en ques­tion le droit des vieux lea­ders syn­di­caux — que la Fédé­ra­tion avait dési­gnés pour faire par­tie du pre­mier direc­toire d’E.F.C.S.A. — à conti­nuer à sié­ger dans les orga­nismes admi­nis­tra­tifs de cette même Fédération.

Cette polé­mique, plus pas­sion­nelle que ration­nelle, dura un peu plus d’un an, et fut aggra­vée par des influences obs­cures — dont nous avons déjà par­lé — et par des diver­gences idéo­lo­giques, le noyau de base de la Fédé­ra­tion — le Syn­di­cat des ouvriers et ouvrières du fri­go­ri­fique Arti­gas — depuis ses ori­gines éner­gi­que­ment anti-com­mu­niste, tota­le­ment apo­li­tique, par­ti­san d’un syn­di­ca­lisme empi­rique qui se défi­nis­sait comme syn­di­ca­lisme « neutre » pour se dif­fé­ren­cier des orga­ni­sa­tions « fina­listes ». La polé­mique culmi­na par l’ex­pul­sion du Syn­di­cat du fri­go­ri­fique Arti­gas et de l’As­so­cia­tion des employés et cadres de l’in­dus­trie fri­go­ri­fique. L’U­nion ouvrière Swift, actuel­le­ment à demi dés­in­té­grée — le fri­go­ri­fique Swift étant tou­jours fer­mé, la majo­ri­té de ses membres ont été absor­bés par le Syn­di­cat Arti­gas — et la Socié­té de char­ge­ment et déchar­ge­ment (80 per­sonnes) res­tèrent à la F.O.I.C.A.

En fait, ce qui advint fut que, loin de s’at­té­nuer ou de s’a­mol­lir, le carac­tère reven­di­ca­tif des orga­ni­sa­tions syn­di­cales grou­pant le per­son­nel d’E.F.C.S.A. se fit plus viru­lent et par­vint à impo­ser l’af­fi­lia­tion obli­ga­toire, pour la pre­mière fois dans l’his­toire des tra­vailleurs des fri­go­ri­fiques, et à récla­mer sans cesse de nou­velles amé­lio­ra­tions quant aux salaires et aux condi­tions de tra­vail. Une sorte de riva­li­té s’é­ta­blit entre par­ti­sans et adver­saires du sys­tème E.F.C.S.A. afin de savoir les­quels étaient les plus « rebelles », les plus « révo­lu­tion­naires ». Le résul­tat de cette riva­li­té fut que les prix de revient, dans l’in­dus­trie fri­go­ri­fique, aug­men­tèrent de 100 pour cent en l’es­pace de quatre ans. Deux fac­teurs externes inter­vinrent éga­le­ment dans cette fabu­leuse aug­men­ta­tion : la réforme moné­taire et l’aug­men­ta­tion consé­cu­tive du coût de la vie.

Dans cette course aux amé­lio­ra­tions, le prin­ci­pal fac­teur psy­cho­lo­gique, propre à l’homme du Rio de la Pla­ta : l’a­mour propre, le « machis­mo » ou com­plexe du mâle. Per­sonne ne veut res­ter à la traîne en matière de « pos­tu­lats » comme ils disent ; des indi­vi­dus qui, au temps des vieilles com­pa­gnies, étaient sou­mis, obsé­quieux, se sont faits main­te­nant les cham­pions d’un « révo­lu­tion­na­risme » dément, et comme les diri­geants syn­di­caux ne veulent pas ris­quer de perdre leur pres­tige, ils se font une concur­rence effré­née ; dans le plus pur style des poli­ti­ciens déma­gogues. De telle façon que l’es­prit pion­nier avec lequel cette expé­rience fut entre­prise s’est trans­for­mé en un esprit de reven­di­ca­tion insa­tiable et irres­pon­sable, pro­fon­dé­ment et gros­siè­re­ment indi­vi­dua­liste. Autant ceux qui com­battent E.F.C.S.A. que ceux qui la défendent oublient de quoi il s’a­git et la traitent comme une vul­gaire entre­prise capi­ta­liste dont ils essaient d’extraire tout ce qu’ils peuvent ; moins d’efforts pour plus de récom­pense. Cette ten­dance com­men­ça à se mani­fes­ter au cours de la lutte interne de la Fédé­ra­tion comme une réponse à l’ac­cu­sa­tion selon laquelle les tra­vailleurs d’E.F.C.S.A. se seraient « embour­geoi­sés » et « avaient oublié les prin­cipes révo­lu­tion­naires du syn­di­ca­lisme » — prin­cipes que pour sa part la F.O.I.C.A. ne défen­dit jamais. À ces cri­tiques, les diri­geants syn­di­caux d’E.F.C.S.A. répon­dirent par des exi­gences d’aug­men­ta­tion des salaires que le prix com­mer­cial de la viande ne pou­vait réel­le­ment pas satis­faire. Et comme l’in­fluence syn­di­cale est déci­sive au sein du direc­toire de l’en­tre­prise, celle-ci par­vient, lors des « réunions-conseils » sur les salaires, à déva­lo­ri­ser les argu­ments des élé­ments patro­naux et des délé­gués d’État.

Ces reven­di­ca­tions exces­sives sont pour­tant com­pen­sées, par­tiel­le­ment, par l’at­ti­tude de la majo­ri­té des tra­vailleurs dans l’ac­com­plis­se­ment de leur tâche pro­pre­ment dite. On ne note pas d’ab­sen­téisme, on vole beau­coup moins qu’au­tre­fois et, de façon géné­rale, on tra­vaille en conscience.

Il est dou­lou­reux de devoir écrire ces choses pour ceux qui ont été par­ti­sans de cette expé­rience. Nous le fai­sons cepen­dant pour des rai­sons d’hon­nê­te­té intellectuelle.

Gestion et contrôle syndical

Le Syn­di­cat des ouvriers et ouvrières du fri­go­ri­fique Arti­gas renou­velle chaque année sa com­mis­sion admi­nis­tra­tive sui­vant le sys­tème des listes et du vote secret. Sui­vant une vieille tra­di­tion qui date du temps des com­pa­gnies étran­gères, le secré­taire géné­ral aban­donne son emploi — qu’il repren­dra au terme de son man­dat — et conti­nue à per­ce­voir le salaire qui cor­res­pond à sa spé­cia­li­té. De plus, le Syn­di­cat est repré­sen­té et diri­gé par l’en­semble des délé­gués de sec­tions ou dépar­te­ments et des sous-délé­gués de chaque branche ou spé­cia­li­té. Par exemple : la sec­tion Ate­liers (ou Ingé­nieurs) a un délé­gué géné­ral, et les méca­ni­ciens, les maçons, les élec­tri­ciens, les plom­biers, les char­pen­tiers, les chau­dron­niers, les fer­blan­tiers, sont repré­sen­tés par un sous-délé­gué pour chaque spé­cia­li­té. Les délé­gués de sec­tions ou de dépar­te­ments sont au nombre de vingt (abat­tage, fabri­ca­tion des boîtes et autres conte­nants, éti­que­tage, chambres froides, graisses, dépe­çage, conserves, pro­duc­tions végé­tales, pro­duc­tion por­cine, tri­pe­rie, cuirs, etc.). La com­mis­sion admi­nis­tra­tive et l’en­semble des délé­gués sont pra­ti­que­ment en ses­sion en per­ma­nence pour ana­ly­ser et résoudre les pro­blèmes qui se posent jour­nel­le­ment dans toutes les sec­tions, et pour prendre connais­sance et posi­tion sur les pro­blèmes de carac­tère géné­ral du fri­go­ri­fique. Au début, les réunions se tenaient en dehors des heures de tra­vail, mais l’ha­bi­tude a été prise de se réunir main­te­nant pen­dant les heures de tra­vail. Cette nou­velle manière coûte à la socié­té, annuel­le­ment, une somme esti­mée à un mil­lion de pesos. Cette habi­tude est éga­le­ment une consé­quence des néces­si­tés de ges­tion et de défense de la socié­té contre ses enne­mis qui l’at­taquent sans cesse.

Lorsque le Direc­toire ne trouve plus de rai­sons à faire valoir auprès du minis­tère de l’Élevage, du minis­tère de l’In­dus­trie et du Tra­vail, du minis­tère des Finances, du Conseil de la Caisse des com­pen­sa­tions, du Conseil de gou­ver­ne­ment, des blocs par­le­men­taires, des chefs et des diri­geants influents des par­tis poli­tiques, on désigne des com­mis­sions de ges­tion et de pres­sion for­mées par des tra­vailleurs. Pour prendre connais­sance des pro­blèmes et défi­nir les moyens de lutte, on réunit ces assem­blées qui se ter­minent par­fois par des mee­tings d’u­sine, tenus pen­dant les heures de tra­vail payées. Les condi­tions adverses exté­rieures pro­voquent un état qua­si per­ma­nent d’a­gi­ta­tion et inter­disent toute for­ma­tion didac­tique, pro­fes­sion­nelle et coopé­ra­tive. Et à cela viennent s’a­jou­ter les reven­di­ca­tions per­ma­nentes d’élé­ments irres­pon­sables et indis­ci­pli­nés. Le Bureau des rela­tions est géné­ra­le­ment impuis­sant à faire res­pec­ter le règle­ment de dis­ci­pline, car si un ivrogne, un pares­seux ou un voleur est pris en faute, il recourt à la soli­da­ri­té de ses cama­rades de sec­tion pour évi­ter ou atté­nuer la sanc­tion dis­ci­pli­naire qu’il aura méri­tée, ce qui pose un pro­blème qui, géné­ra­le­ment, est réso­lu par une déci­sion du groupe des délé­gués. Le même pro­cé­dé est sui­vi lors­qu’il s’a­git d’élé­ments qui demandent des avances de salaires en cas de mala­die d’un parent proche, ou pour toute autre rai­son. La chose se com­plique beau­coup quand il s’a­git d’é­va­luer le tra­vail aux pièces ou de défi­nir les caté­go­ries pro­fes­sion­nelles, etc. Dans tous les cas le Syn­di­cat intervient.

On peut en dire de même du Syn­di­cat des cadres et employés. L’in­ter­pré­ta­tion de la loi qui régit l’in­dus­trie fri­go­ri­fique est sujette à contro­verses per­pé­tuelles, et là aus­si le Syn­di­cat inter­vient. Ce qui est plus déli­cat, c’est que le Syn­di­cat ouvrier inter­vient éga­le­ment, et trop fré­quem­ment, dans les pro­mo­tions, les nomi­na­tions aux postes res­pon­sables, impo­sant ou des­ti­tuant des ingé­nieurs, des chefs d’a­te­lier, des contre­maîtres, etc. Cette inter­ven­tion donne lieu à, de conti­nuels frois­se­ments entre « blouses » (ouvriers) et « cache-pous­sière » (tech­ni­ciens, cadres et employés) grou­pés et défen­dus par l’A.S.E.I.F.

(À suivre.)

Lau­rea­no Riera

  • 1
    (N.- de la R. Nous ne savons pas de quelle ins­ti­tu­tion il s’agit.

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